PROTECTION DES PATIENTS DANS L’UTILISATION DE MATÉRIEL CLINIQUE À DES FINS D’ENSEIGNEMENT, DE PRÉSENTATIONS ORALES, DE PUBLICATIONS ET DE RECHERCHE 2
Réduire les préjudices potentiels et réels causés aux patients par les besoins scientifiques, techniques et éthiques de la profession en matière de partage d’expériences cliniques
Les candidats présentent régulièrement leurs patients en analyse dans le cadre de cours, de supervisions et de rapports écrits en vue de l’obtention de leur diplôme. Les analystes sont souvent amenés à présenter des cas cliniques lorsqu’ils enseignent ou interviennent lors de conférences, dans des groupes de consultation ou dans des articles destinés à être publiés. La recherche s’appuie fréquemment sur des cas cliniques spécifiques issus du travail analytique. Mais dans tous ces cas, et dans bien d’autres encore, la confidentialité du patient est inévitablement compromise. Les analystes doivent être conscients que les données cliniques, qu’elles soient écrites ou orales, une fois présentées, peuvent être consultées par un public potentiellement illimité, en particulier lorsqu'elles sont accessibles sur Internet. Même si les risques d’identification peuvent être jugés faibles, tout risque de ce type soulève la question cruciale selon laquelle ce n’est pas seulement la réalité d’une violation qui est préoccupante, mais aussi toute perception qu’il y a eu ou qu’il pourrait y avoir une violation.
Le problème du « consentement éclairé »
Ni l’analysé ni l’analyste ne peuvent être immédiatement conscients de tous les motifs inconscients qui sous-tendent la demande et l’octroi de l’autorisation de partager du matériel clinique, et aucun d’eux ne peut prédire les répercussions futures d’une telle décision. Il existe donc une incertitude éthique inhérente au consentement éclairé en psychanalyse, étant donné que le transfert et le contre-transfert ne peuvent être connus que de manière partielle. Nous savons que les patients peuvent donner leur consentement pour partager des informations cliniques tout en estimant que l’analyste a trahi leur confiance, ce qui peut avoir des conséquences graves pour leur traitement.
Le déguisement du matériel clinique
Une alternative classique au consentement éclairé consiste à recourir au déguisement du matériel clinique. Cependant, cette approche soulève elle aussi des difficultés, car il n’est pas aisé de trouver le juste équilibre entre le déguisement et le respect de la réalité clinique. De plus, même lorsque l’anonymat des patients est préservé de sorte qu’ils ne soient pas identifiables par autrui, leur auto-identification peut avoir des répercussions éprouvantes sur leur perception de leurs analystes, d’eux-mêmes et du traitement, qu’il soit en cours ou achevé.
DEMANDES DE TIERS POUR VIOLATION DE LA CONFIDENTIALITÉ
Les demandes émanant de personnes extérieures à la profession visant à obtenir la divulgation d’informations confidentielles par des psychanalystes prennent généralement l’une des trois formes suivantes : demandes visant à ce que des informations relatives à un traitement soient communiquées à
2 Voir également « Réflexions sur la confidentialité dans les publications scientifiques », ainsi que « Réflexions sur la confidentialité dans les présentations lors de conférences » et « Réflexions sur la confidentialité pour les directeurs d’instituts psychanalytiques »
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