FNH N° 1041

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SOCIÉTÉ

FINANCES NEWS HEBDO

MERCREDI 27 OCTOBRE 2021

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le ministère de tutelle a lancé une campagne de lutte. Expliquez- nous l’importance d’une telle démarche ? H. T. : Cette initiative de notre ministère permet de nous rendre compte de la gravi- té du problème, d’abord, et de la nécessi- té d’y faire face, ensuite. Ce genre de jour- nées est attendu par les professionnels de la santé mentale depuis fort longtemps. On espère que cela va devenir un rituel immuable tous les ans. Il est, en effet, essentiel d’avoir des journées d’informa- tion sur la santé mentale et que tous les scientifiques se mobilisent pour apporter la bonne information aux citoyens maro- cains, car c’est grâce à ces journées de sensibilisation que nous parviendrons à réduire significativement la stigmatisation dont sont victimes les personnes atteintes de troubles mentaux. Nous nous réjouissons de cette initiative du ministère de la Santé. Cette démarche augure peut-être d'une nouvelle ère dans la prise en charge de la maladie mentale dans notre pays. Ceci est extrêmement important, car il faut reconnaître que cette maladie a été une grande oubliée pendant de nombreuses années. Pourtant, la mala- die mentale est une source de souffrance pour les patients et pour les familles, qui est juste inimaginable pour ceux qui ne la connaissent pas. A mon sens, il n’y a pas d'autres souffrances plus lourdes que celles-ci, d'autant plus qu'elle est dans la durée et qu'elle dure souvent toute une vie. Pour des considérations multiples, notam- ment matérielles, une famille qui a, par exemple, un malade atteint de schizophré- nie, complètement dissocié et délirant, ne peut pas l’hospitaliser. Elle est de ce fait obligée de le garder à la maison avec tous les risques que cela comporte pour l’entourage et pour le malade. Et c'est le quotidien malheureusement de beaucoup de familles. Eu égard à cela, il faut que le coût du soin, qui est souvent au-delà des moyens des familles, ne soit plus supporté par ces dernières; ces situations consti- tuent un drame sans nom pour elles. Grâce à ces journées, les profession- nels de la santé n'en seront que plus mobilisés aux côtés des responsables et des familles pour soigner, soutenir et prévenir la maladie mentale. La finalité étant d'améliorer la santé mentale des Marocains et contribuer à faire avancer le pays vers un avenir meilleur. ◆

Grâce à ces jour- nées, les profes- sionnels de la santé n'en seront que plus mobilisés aux côtés des responsables et des familles pour soigner, soutenir et prévenir la maladie mentale.

constituants de notre bien-être soient pris en compte sans que le développement d'un des leurs se fasse au détriment d'un autre. Nous pouvons ainsi prendre soin de la dimension personnelle de nous-mêmes en faisant le nécessaire pour réduire notre stress, aussi bien le stress professionnel, que le stress social ou familial… Nous pouvons de la sorte améliorer nos habi- tudes de vie, mieux gérer notre temps, notre alimentation, nous prémunir contre la consommation d’alcool ou des produits illicites qui sont extrêmement dangereux pour la santé mentale et pas seulement. Un autre point à soulever ici. Il s'agit de la nécessité de faire en sorte que notre envi- ronnement physique soit suffisamment adéquat pour que nous nous y sentions le mieux possible. Par exemple, si nous ne nous sentons pas à l’aise dans notre environnement de vie habituel, il va falloir s'autoriser à envisager comme possible son changement pour être davantage en harmonie avec nous-mêmes. Ce sont parfois de petites choses simples qu'il convient d'améliorer et qui peuvent faire toute la différence. Il y a également l’environnement social qui a son importance pour jouir d'une meilleure santé mentale. On peut l'amé- liorer en développant des relations de qualité, en étant dans une interactivité positive entre les personnes, en s'inves- tissant dans l’échange et le partage avec

les autres. Au niveau des réseaux sociaux, il faut développer de manière saine cet aspect- là. L’environnement professionnel est tout aussi important. Si nous avons des pro- blèmes professionnels, il faut se donner les moyens de les résoudre rapidement ou carrément changer de travail s'il n'est pas possible de les solutionner, car il est essentiel de se sentir suffisamment bien au travail. Et enfin, si l’on rencontre des failles dans notre fonctionnement qui entravent notre épanouissement personnel, à savoir des problèmes d’ordre psychologique, d’es- time de soi par exemple, il ne faut pas hésiter à faire un travail sur soi pour l’améliorer, en se faisant aider si possible. Il ne faut pas non plus se laisser aller dans des souffrances psychiques franches. Au contraire, il faut consulter des spécialistes psychiatres et psychologues pour acqué- rir d’autres automatismes dans la gestion de notre vie en général ou pour pouvoir se débarrasser de nos symptômes et amé- liorer considérablement notre bien-être psychique. F.N.H. : La Journée mondiale de la santé mentale a pour but de sensibiliser mais aussi de mettre en garde contre la stigmatisa- tion des personnes atteintes de troubles mentaux. Dans ce sens,

Il faut que le coût du soin, qui est sou- vent au-delà des moyens des familles, ne soit plus supporté par ces dernières.

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