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PRÉVENIR LA VIOLENCE CONJUGALE, LA RESPONSABILITÉ DE TOUS
FRANCIS LEGAULT francis.legault@eap.on.ca
Dans le cadre des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, la Citad’Elle de Lachute et la Sûreté du Québec ont tenu une activité de sensi- bilisation contre la violence conjugale auprès des automobilistes lachutois le 26 novembre dernier. Au coin de la rue Béthany et du boulevard Tessier, pendant une partie de l’avant-midi, des intervenantes de la maison d’héber- gement La Citad’Elle et des représentants du poste de la SQ d’Argenteuil ont distri- bués des feuillets d’information auprès des automobilistes pour les sensibiliser à la violence conjugale. Il s’agissait de la troisième année qu’une telle initiative avait lieu avec la maison d’hébergement pour femmes de Lachute. « On va à la rencontre des citoyens pour remettre des dépliants qui explique la mis- sion de La Citad’Elle et qu’il est important de reconnaître les signes liés à la violence conjugale, explique Marc Tessier, porte-pa- role de la Sûreté du Québec. Quand les policiers se déplacent suite à une plainte pour violence conjugale, on ne regarde pas uniquement l’événement en tant que tel. On essaie aussi de comprendre ce qui s’est passé avant. Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas la journée même qu’il se passe un premier incident, il y a souvent un historique qui le précède. Il faut comprendre pourquoi cette fois-ci, la personne a décidé de nous appeler et de porter plainte. » Selon Monsieur Tessier, plusieurs signes peuvent donner des indices aux proches qu’une femme subit des violences, comme avoir de la difficulté à parler si le conjoint est présent, l’apparition de blessures mais aussi de certaines peurs qui étaient absentes auparavant. Il ajoute qu’il faut aussi éviter de juger lorsqu’une femme s’ouvre sur la violence dont elle est victime. « Ça prend du courage pour porter plainte et dénoncer, renchérit Marc Tessier. Nous, les policiers, si on précipite les choses ou si notre approche est trop difficile, la personne qui nous a appelés va peut-être décider de ne pas porter plainte. On trouve donc ça important de faire une activité comme celle d’aujourd’hui car souvent, ce sont les proches et la famille qui vont se poser des questions en premier. On veut leur donner des outils pour reconnaître les signes que cette personne subit de la violence. » Sensibilisation qui marche Depuis le début de l’année, 14 féminicides
Pendant quelques heures en avant-midi du 26 novembre dernier, les policiers de la SQ d’Argenteuil et des intervenantes de La Citad’Elle de Lachute ont remis des dépliants aux automobilistes afin de les sensibiliser à la violence conjugale et à l’importance de dénoncer celle-ci. (Franis Legault, EAP)
se seraient produits à l’échelle de province, ce qui est un peu moins que la vingtaine que l’on comptait à pareil date l’an dernier. Ce sont bien sûr 14 décès de trop mais cette baisse peut quand même démontrer que les activités de sensibilisation à la violence conjugale semblent marcher. « Depuis quelques années, sans dire qu’il y en a plus de violence en tant que telle, il y a certainement plus de signalements, constate Marc Tessier. C’est la quatrième année que la SQ fait une telle activité à travers le Québec, on a des partenaires comme La Citad’Elle qui vont faire beaucoup de sensibilisation et il y a la médiatisation de certains dossiers : cela fait peut-être que les gens sont plus à l’aise d’en parler. » Caroline Limoges est la directrice générale de La Citad’Elle de Lachute. Son organisme offre de l’hébergement d’urgence aux femmes victimes de violence conjugale en plus de services en externe. La Citad’Elle fait aussi de la sensibilisation dans les organismes et organisations. « On a répondu à énormément de besoins
dans la dernière année : on a accueilli plus de 200 femmes et enfants, indique madame Limoges. On a fait beaucoup de suivi en externe auprès d’autres femmes et formé énormément de personnes. Ça fait mal au cœur de voir qu’il y a autant de femmes et enfants qui ont besoin de nos services mais, d’un autre côté, heureusement qu’on est là qu’on répond à un besoin et qu’on aide ces femmes à reprendre du pouvoir sur leur vie. » Selon elle, le fait qu’il y a une plus grande concertation régionale, notamment avec la création de La Vigie, une cellule d’intervention rapide en matière de violence conjugale, pourrait expliquer en partie pour- quoi plusieurs femmes réussissent à quitter un conjoint violent avant que celui-ci ne commette l’irréparable. « C’est au moment de quitter un conjoint violent que c’est le plus dangeureux pour les victimes de violence, ajoute pour sa part Mélanie Clément, agent de communication à La Citad’Elle. Dès que la femme commence juste à penser à quitter, sans même le dire au conjoint, c’est là qu’elles sont le plus en danger car le conjoint risque de le sentir et va augmenter son emprise et son contrôle et malheureusement, ça peut mener au féminicide. » 12 jour de sensibilisation L’activité du 26 novembre dernier s’ins- crivait dans le cadre des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, une initiative provinciale qui prendra fin le 6 décembre prochain, date anniversaire du massacre de la Polytechnique. Durant toute la durée de ces douze jours, La Citad’Elle fera de la sensibilisation à travers ses réseaux sociaux. Une marche commémo- rative a également eu lieu le 4 décembre dernier au parc Barron.
« C’est une marche pour commémorer non seulement la tuerie de Polytechnique mais aussi tous les féminicides qui ont eu lieu ces dernières années, incluant dans notre région, mentionne madame Clément, faisant référence au féminicide survenu à Lachute au printemps dernier. Ça nous touche encore plus quand ça se passe dans notre région. On dirait alors que ça sonne comme encore plus vrai que quand on voit ça à la télévision. Quand ça se passe dans nos communautés, on se rend compte que ça peut se passer près de chez nous et que ça peut toucher tout le monde. » « Le plus important est qu’il faut que les gens soient au fait que la violence conjugale existe, qu’il faut être à l’écoute des gens alentour de nous et de ne pas avoir peur d’intervenir quand on pense qu’il y a quelque chose qui se passe, poursuit Caroline Limoges. Le déni et le refus de s’impliquer n’aident pas. La violence conju- gale, ce n’est pas un problème individuel ou de couple, c’est un problème de société. Quand survient un féminicide ou qu’une femme subit des blessures, ce n’est pas uniquement elle qui est affectée : ce sont les enfants, l’ex-conjoint, les familles… Ce geste a un impact tentaculaire. » Les femmes qui auraient besoin d’aide ou les personnes qui voudraient avoir des conseils pour aider une femme victime de violence peuvent contacter La Citad’Elle au 450 562-7797 ou en visitant le www. citadellelachute.ca. On peut aussi visiter le SOS Violence Conjugale au 1 800 363-9010 ou au sosviolenceconjugale.ca. Pour les hommes qui souhaitent chan- ger leurs comportements violents, on peut rejoindre Accroc au 1 877 460-9966 ou en visitant le accroc.qc.ca.
BRISER LE SILENCE 1-877-femaide (336-2433) LIGNE DE SOUTIEN POUR FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE ATS 1866 860-7082
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