Hors-serie 38

nclusion financière I

Entre réalités et handicaps surmontables

Le nombre de particuliers ayant au moins un compte bancaire, rapporté à la population adulte, a progressé de 4 points d’une année à l’autre, à 60% à fin 2018. Par genre, ce taux recule à 40% pour les femmes.

L es principaux acteurs du système financier national font de l’inclusion financière leur principal cheval de bataille. Pour preuve, une Stratégie nationale d’inclusion financière a été fina- lisée et adoptée au début 2019. « Cette initiative prévoit d’accélérer la mise en œuvre de nombreuses réformes relatives, entre autres, aux services financiers digitaux, la microfinance, l’assurance inclu- sive et le financement collaboratif et visant par priorité la jeunesse, la femme et le monde rural », a déclaré récemment Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors de la Conférence internatio- nale sur la finance verte inclusive qui s’est déroulée à Rabat. L’inclusion financière renvoie à la possibilité pour les individus et les entreprises d’accéder à moindre coût à toute une gamme de produits et de services finan- ciers utiles et adaptés à leurs besoins en termes de transac- tions, de paiements, d’épargne, de crédit et d’assurances. Il est également admis que l’accès à des produits et services financiers permet aussi bien aux ménages qu’aux entreprises de faire face au financement d’objectifs de long terme et aux imprévus. Ce

qui constitue en quelque sorte un moyen de lutte contre l’exclusion du tissu socioéconomique, la pau- vreté et la vulnérabilité. Par ail- leurs, il est communément admis que l’inclusion est conditionnée par l’accessibilité en matière de prix et de produits bancaires ainsi que la capacité de la banque à communiquer de façon simple et dans un langage compréhensible de la cible exclue financièrement. Le chemin est encore long Les chiffres rendus publics par la Banque centrale permettent de se faire une idée sur le niveau de l’inclusion financière du pays, qui affiche tout de même une grande marge de progression. En effet, le nombre de particu- liers ayant au moins un compte bancaire, rapporté à la population adulte, a progressé de 4 points d’une année à l’autre à 60% à fin 2018. Par genre, ce taux recule à

40% pour les femmes et se situe à 77% pour les hommes, contre 37% et 77% respectivement à fin 2017. Les données ayant trait aux comptes bancaires sont significa- tives, puisque l’accès à un compte d’opérations courantes constitue la première étape vers une inclu- sion financière entière (dépôt d’argent, envoi et réception de paiements, assurances, etc.). A l’évidence, l’ouverture d’un compte courant est une rampe d’accès-clef vers plusieurs ser- vices financiers. Au-delà de ces précisions, malgré une légère amélioration du taux de déten- tion de comptes bancaires par les femmes, ces dernières sont surreprésentées au niveau des personnes exclues du système financier national. Seuls 6% des TPE ont un crédit bancaire La note de synthèse élaborée par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Ad- ministration et Bank Al-Maghrib dans le cadre de la Stratégie nationale de l’inclusion financière en 2018 montre que le niveau d’inclusion financière pour les TPE et microentreprises demeure limité. En effet, d’après l’enquête réali- sée par la Fondation marocaine

Les établissements de paiement, acteurs de l’inclusion financière, offrent désor- mais des services de paiement adossés à des comptes de paiement.

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12 FINANCES NEWS HEBDO [ HORS-SÉRIE N°38 ]

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