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DEVELOPPEMENT DURABLE

JEUDI 14 MAI 2020 FINANCES NEWS HEBDO

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Biodiversité ENBREF

Journée mondiale de l'environnement

◆ Environ 1 million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinc- tion au cours des prochaines décennies. ◆ Une situation inédite dans l'histoire de l’humanité. La biodiversité à l’honneur cette année

24.000 espèces animales recensées au Maroc

Les ten- dances négatives

actuelles de la biodiver- sité et des écosystèmes devraient compromettre l’atteinte de 80% des ODD dans de

D’ après les chiffres officiels, le pays compterait plus de 24.000 espèces animales avec un taux d'endémisme global de 11% et plus de 7.000 espèces végé- tales. Ce qui positionne le Royaume, doté de 10 parcs nationaux, au 2 ème rang en Méditerranée. Classé 12 ème exportateur mondial de plantes aromatiques et médicinales (PAM), le Maroc compte 400 espèces reconnues pour leur usage médicinal et aromatique ainsi que 800 espèces à potentiel aromatique ou médicinal. Plus de 7.820 espèces marines et côtières ont été iden- tifiées au niveau national. Ces bons points ne doivent nullement occulter les menaces qui pèsent sur la biodiversité du pays, enrichi par 120 lacs naturels importants dont la majorité est située entre les deux chaînes montagneuses du Moyen-Atlas et du Haut- Atlas. Plus de 600 espèces d’animaux et 1.700 espèces de plantes sont menacées de dispa- rition à l’échelle nationale. D’après le départe- ment de tutelle, la moyenne annuelle des coûts économiques additionnels de la biodiversité dus au changement climatique est de 300 millions de dollars entre 2010 et 2030. D’après le modèle actuel intensif en carbone, couplé avec le changement climatique, l’inaction fera passer ce chiffre à 2 Mds de dollars. Rappelons enfin que le Maroc qui compte 154 sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE), (l’équivalent de la totalité des écosystèmes naturels du pays), a mis sur pied une politique nationale de préservation de la biodiversité. Cette politique publique vise l’atténuation des fortes pressions qui s’exercent sur les systèmes écosystémiques. ◆

nombreux domaines.

L a Journée mondiale de l’environnement 2020 qui sera célébrée le 5 juin pro- chain, se déroulera dans un contexte particulier marqué par la pandémie mondiale du coronavirus. Les célébrations de cette année à l’échelle mondiale seront placées sous le signe de la biodiversité. L’empreinte humaine sur celle-ci ne fait que progresser avec des consé- quences désastreuses. Pour preuve, d’après le rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), les tendances négatives actuelles de la biodiversité et des écosystèmes devraient compromettre l’atteinte de 80% des objectifs de développement durable concernant bon nombre de domaines (pauvreté, famine, santé, consommation et production durable, eau, villes, climat, océans et terres). D’après le rapport portant sur la biodiversité et les services écosysté-

miques, environ 1 million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction au cours des prochaines décennies. Une situation inédite dans l'histoire de l’humanité. En clair, plus de 40% des espèces d’amphibiens, près de 33% des récifs coralliens et plus d'un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. Autres chiffres alarmants qui appellent à la mise en place de mesures efficaces à l’échelle des Etats pour la sauvegarde de la bio- Plus de 9% de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient dis- paru en 2016.

diversité, au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16 ème siècle et plus de 9% de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agri- culture avaient disparu en 2016. A cela s’ajoute le fait que 1.000 races de plus soient menacées. Rappelons enfin que la Journée mon- diale de l’environnement de l’an- née dernière avait mis en relief les dangers liés à la pollution de l’air. D’après l’Organisation des Nations unies, l’on dénombre chaque année au niveau mondial le décès préma- turé d’environ 3,8 millions de per- sonnes à cause de la pollution de l’air. La grande majorité des victimes sont enregistrées dans les pays en développement. A titre illustratif, le secteur mondial des transports repré- sente environ un quart des émissions de dioxyde de carbone liées à l'éner- gie. Les émissions de cette branche ont été associées à 400.000 décès prématurés. ◆

Avec la participation de

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