ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 29 JANVIER 2026
mais limités. Une amélioration de l’offre locale et une détente des prix à l’importation peuvent réduire le coût des subventions alimentaires, notamment celles liées à la farine nationale. Dans un scénario réaliste, cela pour- rait se traduire par une réduc- tion du déficit budgétaire de quelques dixièmes de point de PIB. «Certainement pas un changement radical de la trajec- toire des finances publiques», insiste toutefois l’économiste. Historiquement, les bonnes campagnes agricoles jouent un rôle crucial sur le marché du travail rural. La campagne actuelle ne fait pas exception. Stabilisation de l’emploi exis- tant, créations saisonnières dans les filières céréalières, maraî- chères ou d’élevage, limitation de l’exode rural : les effets sont rapides et visibles. Ces revenus supplémentaires alimentent la demande intérieure, soutenant indirectement d’autres secteurs comme le commerce, le trans- port et l’agro-industrie. Dans un contexte international marqué par les incertitudes géo- politiques et la volatilité des mar- chés, cette fonction d’amortis- seur macroéconomique est pré- cieuse. Mais elle révèle aussi, en creux, une fragilité persistante. Un rappel brutal de la dépendance climatique Malgré l’ampleur des bénéfices observés, Mohammed Jadri appelle à la prudence. «Il est encore prématuré de parler d’un véritable tournant structurel», souligne-t-il. Cette embellie cli- matique agit comme un correctif temporaire à des déséquilibres accumulés, mais elle ne modifie pas en profondeur les fonde- ments du modèle économique. La forte corrélation entre pluvio- métrie, croissance, inflation et emploi rappelle l’urgence des réformes structurelles : moder- nisation de l’irrigation, gestion durable de l’eau, diversification des cultures, montée en gamme de l’agriculture et, surtout, accé- lération de la diversification économique hors agriculture. L’enjeu stratégique reste de
voyants repassent progressive- ment au vert après plusieurs années très difficiles. Mais ce répit ne saurait être confon- du avec une transformation durable. Comme le souligne l’économiste, c’est précisément dans ces moments favorables que se joue la capacité du pays à transformer une conjoncture exceptionnelle en levier de rési- lience à long terme. ◆
La valeur ajoutée agricole pourrait progresser de plus de 10% en 2026, contribuant de manière décisive à la révision à la hausse des prévisions de croissance globale, désormais proches de 6% dans certains scénarios.
construire une économie plus résiliente, capable de mainte- nir une trajectoire de croissance stable indépendamment des aléas climatiques.
Les pluies de cette année constituent indéniablement un «choc positif» pour l’économie marocaine. Eau, agriculture, croissance, confiance: tous les
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