L'UNIVERS DES TPME
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 29 JANVIER 2026
tériels mais essentiels pour garantir un contenu fiable. Nos parcours ont d’ailleurs fait l’ob- jet d’une relecture approfondie par le ministère de la Culture, avec lequel nous avons signé une convention de partenariat sur trois ans, ce qui garantit un haut niveau d’exigence à nos utilisateurs. F.N.H. : Quelles sont les prochaines étapes pour CitizOn, tant en matière d’expansion vers d’autres villes que d’innovation technologique, notam- ment en vue de la Coupe du monde 2030 et des flux touristiques qu’elle va générer ? M. N. B. : CitizOn entre aujourd’hui dans une phase d’accélération, avec l’ambition de couvrir une vingtaine de villes marocaines d’ici 2028, en articulant grandes destinations touristiques et territoires moins mis en avant. L’objectif est de proposer à la fois les incon- tournables du Maroc urbain (Marrakech, Agadir, Rabat ou Fès) et des villes au patrimoine plus discret mais tout aussi riche, telles qu’Asilah, Azemmour, Oujda, Chefchaouen ou encore Guelmim. Cette stratégie répond à une conviction forte : la valeur culturelle d’un territoire ne se mesure pas uniquement à son exposition touristique. En élar- gissant la couverture, CitizOn contribue à diversifier les récits et à offrir une lecture plus équi- librée du patrimoine marocain. Cette montée en puissance repose aussi sur la commu- nication et les partenariats, en particulier avec les acteurs du tourisme, de la culture, du transport et des collectivités, afin de toucher le plus grand nombre. ◆
F.N.H. : Comment avez-vous pensé CitizOn pour qu’il soit également adapté aux enfants et aux familles ? M. N. B. : Dès le départ, nous avons pensé CitizOn comme un outil intergénérationnel. Les textes sont écrits dans une langue orale claire, sans jargon. Les commentaires privilégient les anecdotes, les personnages historiques, et sont disponibles en arabe, anglais ou français. Nous avons aussi dévelop- pé des formats spécifiques, à savoir des parcours courts, des jeux de piste, des visites à vélo, ou encore des circuits thématiques autour du cinéma, du street art ou de la spiritualité. À Casablanca, le circuit Casa Sports Quest, conçu en parte- nariat avec la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), permet aux familles de décou- vrir la ville à travers ses stades et ses figures sportives, tout en marchant ou en pédalant, et en relevant des défis d’observation. Au final, on apprend sans avoir l’impression de «faire une visite culturelle». F.N.H. : Avec plus de 20 circuits, 400 lieux à décou- vrir et plus de 4.000 par- ticipants à ce jour, quels enseignements tirez-vous de ces premiers résultats ? M. N. B. : Effectivement, ces chiffres remontent déjà à La plateforme a franchi la barre des 5.000 utilisateurs organiques et couvre désormais six villes.
quelques mois. Aujourd’hui, nous avons franchi la barre des 5.000 premiers utilisateurs organiques, et nous couvrons désormais 6 villes. De nouveaux circuits seront prochainement lancés à Tanger, Essaouira, Marrakech et Agadir, avant une grande campagne de communi- cation nationale. Le premier enseignement à retenir est qu’il existe une forte demande pour des contenus culturels exigeants mais acces- sibles. Nous avons aussi consta- té un attachement fort au local. Beaucoup de retours viennent d’habitants qui redécouvrent leur ville, parfois avec émotion. Cela confirme que CitizOn n’est pas uniquement un produit tou- ristique, mais aussi un outil de réappropriation urbaine pour les Marocains. F.N.H. : CitizOn a été pri- mée à Smart City Expo 2024 et est lauréate du programme Machrou3i de Réseau Entreprendre Maroc. Quel impact ces consécrations ont-elles eu sur le développement du projet ? M. N. B. : Ces reconnaissances ont été des leviers structurants à plusieurs niveaux. Elles ont d’abord renforcé la crédibilité institutionnelle de CitizOn et facilité l’accès à des soutiens publics essentiels. Le projet a
ainsi bénéficié de subventions des ministères de la Culture et du Tourisme, qui ont permis d’investir dans le cœur de la plateforme, à savoir le déve- loppement technologique et la production de contenus cultu- rels. L’accompagnement par des incubateurs et réseaux de premier plan comme la French Tech Maroc ou l’UM6P a aussi marqué un tournant dans la structuration du projet et du modèle économique. Tous ces acteurs sont essentiels pour accompagner notre change- ment d’échelle. F.N.H. : Quel rôle joue le financement, notamment le soutien du ministère du Tourisme, dans la structu- ration et l’accélération de CitizOn ? M. N. B. : Le financement est un levier décisif. Le soutien du ministère a permis d’investir dans la technologie. Mais dans un projet comme CitizOn, le coût principal n’est pas unique- ment technique. Il réside dans la recherche, l’écriture, la vérifi- cation historique, la traduction, l’enregistrement audio. Ce sont des investissements imma-
CitizOn entre aujourd’hui dans une phase d’accélération avec l’ambition de couvrir une vingtaine de villes marocaines d’ici 2028.
AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM
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