BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 29 JANVIER 2026
lioration de la rentabilité bancaire, grâce au renforcement des posi- tions de marché et à la réalisation d’économies d’échelle», soulignent les experts de Fitch Ratings.
Maroc, Afrique : une consolidation qui a
ccompagne la montée en gamme Les marchés financiers marocains et africains évoluent dans la même direction que les autres : davan- tage de sophistication, davantage d’exigences, davantage d’inves- tissement. La différence tient à la vitesse et à la profondeur. À titre de repère, hors Afrique du Sud, l’Afrique comptait 174 deals pour une valeur totale de 4,66 milliards de dollars au premier semestre 2025, en recul de 16% sur un an. Les niveaux restent inférieurs aux pics observés entre 2021 et 2022, selon le rapport de DealMakers Africa. Au Maroc, les grandes opérations de fusion sont restées relativement rares au cours des dernières années. Cette situa- tion ne traduit pas un manque de dynamisme, comme le soulignent nos experts, mais une configura- tion spécifique. Le système bancaire s’est structuré tôt autour d’acteurs solides, sans déséquilibres majeurs appelant des consolidations d’ur- gence. La stabilité du cadre pru- dentiel, le rôle central du régulateur et des perspectives de croissance longtemps favorables ont plutôt encouragé des stratégies organiques et une expansion régionale. Dans ce contexte, la consolidation s’inscrit davantage dans une logique ciblée et progressive, alignée sur les priori- tés stratégiques des établissements, notamment leur positionnement en Afrique et leur capacité à gérer la complexité croissante du métier bancaire. Ainsi, en Afrique comme ailleurs, les opérations de fusions- acquisitions s’inscrivent dans un processus d’agrégation plutôt lent, à mesure que les marchés gagnent en profondeur et en discipline. Au final, la consolidation apparaît aujourd'hui comme un mécanisme de montée en gamme. Elle permet de bâtir des institutions plus solides, plus modernes, mieux armées pour financer l’économie et répondre aux attentes des clients. Et c’est sou- vent ainsi que se construisent les grandes places financières. ◆
Hors Afrique du Sud, l’Afrique comptait 174 deals pour une valeur totale de 4,66 milliards de dollars au premier semestre 2025, en recul de 16% sur un an.
leurs : dans la mécanique. Banques et assurances appar- tiennent à ces secteurs où l’éco- nomie se double d’une architecture de supervision. Cela change tout. Une opération n’y est pas un simple accord entre deux Conseils d’admi- nistration. C’est une séquence enca- drée, balisée, professionnalisée, où interviennent à la fois la finance, le droit, la conformité, la gouvernance, le contrôle des risques, les systèmes d’information. Sur ce point, Jamal El Mellali rappelle que «les opérations de fusion-acqui- sition bancaires reposent désormais sur des processus très structurés et largement standardisés au niveau international : analyses financières approfondies, due diligence régle- mentaire et des risques, projection des synergies, gouvernance post- opération et dialogue avec les super- viseurs, notamment avec les autori- tés de la concurrence». Cette logique est renforcée par la nature même de ces métiers : exi- gences de fonds propres, règles de solvabilité, obligations de lutte contre le blanchiment, dispositifs de confor- mité et de contrôle interne, supervi- sion étroite des autorités. Autrement dit, les rapprochements dans la banque et l’assurance se déroulent dans l’un des cadres les plus balisés de l’économie. Cette infrastructure
invisible est l’un des piliers de la sta- bilité du secteur financier. Elle permet aux opérations de s’inscrire dans le temps long, loin des logiques de rupture brutale. Pourquoi les métiers financiers se consolident «naturellement» On oublie parfois que la banque et l’assurance sont des métiers de promesses. Promesse de liqui- dité, promesse de paiement, pro- messe d’indemnisation. Et ces pro- messes reposent sur deux piliers : la confiance et la capacité à absorber les chocs. Dans un environnement où les exi- gences prudentielles montent, où les clients attendent des parcours digi- taux fluides, où l’investissement en technologie devient structurel, la taille critique offre plusieurs avantages tangibles. Elle apporte d’abord des marges de manœuvre très concrètes. Elle permet d’absorber des coûts fixes devenus incontournables, de dégager des moyens pour moderni- ser les systèmes et d’investir dans la durée. Elle élargit aussi les capacités de financement et de couverture, tout en renforçant la présence com- merciale, à travers des réseaux plus denses et des offres plus larges. À la clé, une meilleure lisibilité pour les acteurs, aussi bien auprès des inves- tisseurs que des partenaires.
Ce tropisme pour l’échelle se lit aussi dans un autre indicateur : la reprise des opérations transfrontalières, dont le montant a progressé de 46% en 2025 pour atteindre environ 1.240 milliards de dollars, toujours d’après les chiffres de Dealogic, un niveau qui renvoie aux cycles les plus actifs. La nouvelle «grammaire» des fusions financières Là se situe le point le plus important. Une fusion est souvent commentée comme une date, une annonce, un moment. Les marchés, eux, la lisent comme une brique. Une brique dans la constitution d’acteurs capables de tenir leur rang dans une écono- mie plus complexe, plus concurren- tielle, plus régulée. Une brique dans la stabilisation d’un secteur dont la mission dépasse la performance tri- mestrielle. Ce déplacement du regard a un effet immédiat sur la perception. Il ne s’agit plus de «ce qui va se passer demain», mais de « ce que le secteur devient sur dix ans» . « Sur la base des récentes opérations de fusions bancaires observées dans les marchés émergents, notamment au Moyen-Orient et en Afrique, nous constatons que malgré des coûts d’intégration à court terme, ces opé- rations se traduisent généralement, à moyen et long terme, par une amé-
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