ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026
d’affaires se situe entre 10 et 50 millions de dirhams. Inforisk parle d’un “effet de dif- fusion”. Autrement dit, les entre- prises soumises aux obligations légales de déclaration et aux pénalités de retard répercutent leurs propres contraintes de paiement sur leurs fournisseurs. Résultat : les PME, obligées d’améliorer leur discipline finan- cière pour rester dans les clous réglementaires, ont accéléré leurs règlements envers les TPE. Ce phénomène traduit une réalité économique importante, à savoir qu’au Maroc la culture des délais de paiement fonctionne souvent en cascade. Quand les grands acteurs retardent leurs règle- ments, toute la chaîne souffre. A l’inverse, lorsqu’une amélioration intervient au sommet, elle finit progressivement par se répercu- ter sur l’ensemble du tissu pro- ductif. « La baisse constatée en 2024 est réelle. La pérennité dans le temps des effets de la loi est une vraie question. A mon sens, les effets de la loi 69-21 seront durables dans le temps. La prin- cipale raison est à mon sens un changement notable de mindset des entreprises par rapport à la question des délais de paie- ment. Nous parlions il y a encore quelques années de problèmes culturels. Structurellement, et sous la coupole des précédentes lois sur les délais de paiement, ces dernières ne faisaient pas peur aux entreprises, qui dépassaient allégrement les délais légaux autorisés. La loi 69-21 apporte un véritable changement: une tierce partie, l’Etat, via la DGI, est venue s’intercaler dans la relation Client-Fournisseur, via le respect de procédures de décla- rations certifiées trimestrielles ou annuelles et, surtout, l’appli- cation de sanctions pécuniaires fortes», souligne Amine Diouri, directeur Produits, Marketing & Communication responsable du Programme Inforisk Trade. Pour autant, l’étude montre aussi que cette amélioration reste iné- gale. Les PME n’enregistrent qu’une baisse limitée de leurs délais clients, passant de 94 à 88
Les grandes structures représentent 55% du crédit interentreprises associé à des retards supérieurs à 90 jours.
Délais de paiement La loi 69-21 commence enfin à changer la donne P Après un an et demi d’application de la loi 69-21, les délais de paiement commencent enfin à reculer au Maroc. L’étude 2026 d’Inforisk révèle une amélioration notable, portée principalement par les TPE, longtemps étranglées par des retards chroniques. Si les indicateurs virent progressivement au vert, les déséquilibres structurels demeurent encore profonds dans plusieurs secteurs et régions du Royaume. Par D. William endant des années, les délais de paiement ont constitué l’un des principaux poisons silencieux de l’économie marocaine. Les retards de règlement entraînent en effet des des tensions de liquidité chroniques, des inves- tissements reportés et, souvent, la disparition de petites entre- prises incapables d’absorber des créances interminables. L’étude 2026 d’Inforisk montre toutefois un début de rupture : pour la pre- mière fois depuis longtemps, les effets de la loi 69-21 deviennent visibles à grande échelle, notam- ment au profit des très petites entreprises (TPE). L’étude, menée sur un échantil- lon de 25.392 entreprises, dont 85% de TPE, 13% de PME et 2% de grandes entreprises, montre une amélioration tangible des délais de paiement en 2024, pre- mière année pleine d’application élargie de la loi. Ainsi, ils passent de 172 jours en 2023 à 150 jours en 2024, soit une amélioration de 22 jours. Cette baisse est loin d’être anodine dans une écono- mie où les retards de paiement constituent historiquement une forme de financement informel entre entreprises. Mais le fait marquant réside sur- tout dans la situation des TPE. Longtemps considérées comme les principales victimes du cré- dit interentreprises, elles voient leurs délais clients chuter de 199 à 167 jours, soit un gain specta- culaire de 32 jours en une seule année. Cette évolution découle directement du mécanisme pro- gressif de mise en œuvre de la loi 69-21. Après avoir ciblé dans un premier temps les entreprises réalisant plus de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires, le dispositif a été étendu en 2024 aux entreprises dont le chiffre
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