FNH N° 1236

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FINANCES NEWS HEBDO MARDI 26 MAI 2026

Budget

Le Maroc ouvre les vannes

Orient ressemble à une poudrière où chaque étincelle menace de faire grimper les cours du pétrole et du gaz. Pour un pays importateur net d’énergie comme le Maroc, cela signifie une fac- ture potentiellement salée. Car quand les prix de l’énergie flambent, la hausse se diffuse partout. Et dans un contexte social déjà marqué par une forte sensibilité aux prix, le risque politique devient immédiatement réel. De fait, dans une économie où le pouvoir d’achat reste une question hautement inflam- mable, la stabilité des prix est devenue une prio- rité politique autant qu’économique. C’est précisément pour limiter les tensions sociales que l’Etat continue de subventionner massivement certains produits et services. Mais, et il semble utile de le souligner, cette «générosité» du gouvernement intervient aussi dans un contexte d’amélioration des recettes fiscales, qui affichent une progression de près de 11 milliards de dirhams à fin avril 2026, soit une hausse de 8,9% sur un an. L’impôt sur les socié- tés bondit même de près de 25%. Si pendant longtemps le débat budgétaire tournait essen- tiellement autour des déficits, de l’endettement et des difficultés de recouvrement, aujourd’hui, le discours change progressivement. L’Etat col- lecte davantage. Et ce n’est pas uniquement grâce à la pression fiscale.

Depuis plusieurs années, l’administration fiscale modernise ses outils, digitalise les procédures et affine ses mécanismes de contrôle. Les résul- tats commencent à apparaître. L’assiette fiscale s’élargit. Les circuits de fraude se réduisent pro- gressivement. La traçabilité progresse. Mais il y a aussi autre chose : une activité éco- nomique qui continue de produire de la richesse malgré les vents contraires. Le Maroc poursuit ses grands investissements, attire des capitaux étrangers et consolide plu- sieurs filières stratégiques. L’automobile reste performante. L’aéronautique continue de monter en gamme. Les phosphates profitent encore de leur positionnement mondial. Les énergies renouvelables avancent. Les infrastructures se multiplient. Bref, le pays continue de bouger. Et c’est justement cette dynamique qui permet aujourd’hui au gouvernement d’ouvrir des cré- dits supplémentaires sans remettre immédiate- ment en cause les grands équilibres budgétaires. Officiellement, Rabat maintient son objectif de déficit à 3% du PIB en 2026 contre 3,5% aupara- vant. La dette du Trésor devrait, elle aussi, pour- suivre sa légère décrue autour de 66% du PIB. Pour autant, combien de temps cette méca- nique peut-elle tenir si le Moyen-Orient s’enfonce davantage dans l’instabilité ? . ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : .............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

V ingt milliards de dirhams. C’est le montant des crédits supplémentaires ouverts au profit du Budget général. Dans un contexte où chaque arbitrage budgétaire est scruté, le chiffre a de quoi faire lever quelques sourcils. Pourtant, cette décision prise par le gouvernement traduit avant tout une volonté de préserver le pouvoir d’achat des ménages, tout en maîtrisant les finances publiques. Car depuis plusieurs mois, le Maroc avance sur un fil tendu. Avec, d’un côté, une conjoncture internationale perturbée et, de l’autre, une éco- nomie nationale chahutée mais qui continue d’af- ficher des signes de résilience. Et entre les deux, un Etat obligé de jouer les amortisseurs sociaux pour empêcher les secousses géopolitiques de se transformer en colère intérieure. Par D. William

Dans ces 20 milliards de dirhams de crédits sup- plémentaires, 8 Mds de DH sont en effet destinés à la Caisse de compensation dans l'objectif de soutenir le pouvoir d'achat des citoyens à travers le maintien de la stabilité des prix du gaz butane et du transport des personnes et des marchan- dises. Le contexte mondial justifie largement ce geste de l’Etat, car depuis des mois le Moyen-

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