FNH N° 1140-1

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JEUDI 15 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

sionnement relativement élevé pour faire face aux sinistres survenus non déclarés, rédui- sant ainsi l’excédent technique des comptes (des provisions sur sinistres à payer nettes de 2,1 MDH au premier semestre 2023). Ainsi, il semblerait que la réus- site de cette activité soit tri- butaire de l’élargissement de l’offre à d’autres branches telles que l’automobile et la santé, qui pourraient dynami- ser ce marché et améliorer sa rentabilité, estiment les ana- lystes. Ils expliquent également que la diversification des produits proposés, notamment au niveau des assurances obliga- toires, pourrait s’accompagner d’un risque de cannibalisation entre l’assurance islamique et celle conventionnelle. De son côté, l’investissement Takaful (épargne), qui ne repré- sente que 5% du total des primes actuellement, pour- rait également contribuer à la croissance de ce marché. Cependant, son développe- ment demeure freiné par un écosystème participatif incom- plet, notamment en termes de marché des capitaux (Bourse, Sukuks et fonds d’investisse- ments). Dans ce sens, l’émission de Sukuks (souverains et privés) semble nécessaire aujourd’hui afin de permettre aux com- pagnies d’assurances Takaful de répondre, en matière de politique d’investissement des contributions des fonds, à «la contrainte chariatique» de la conformité aux avis du Conseil supérieur des oulémas. Il est à rappeler que la pre- mière et seule émission de Sukuk souverain au Maroc a eu lieu en octobre 2018. Celle- ci a porté sur un montant de 1 milliard de DH amortissable sur une durée de 5 ans pour un rendement annuel de 2,66%. ◆

 Le développement du Takaful se heurte à différents obstacles, dont une offre de produits non diversifiée et un écosystème participatif incomplet.

Assurance

de 21,6 milliards de DH de financement Mourabaha à fin décembre 2023, ce qui corres- pond à un marché cible sur le stock à couvrir de 86 MDH sur la base d’un taux médian de 0,4%, explique BKGR. Celui- ci devrait croître à un rythme similaire à celui du financement participatif, dont l'encours a progressé de 24 milliards de DH entre 2018 et 2023, soit à peine 10% de la variation en volume de l’encours global de crédits sur la même période. En termes de commissions, ce niveau de primes devrait à peine générer des revenus de près de 26 MDH pour les com- pagnies d’assurances. Contrairement à l’assurance conventionnelle, les disposi- tions relatives au contrat d’as- surance Takaful excluent toute notion liée à la prescription des droits, permettant ainsi aux participants et ayants droit de réclamer leur dû à n’importe quel moment. Cette situation devrait conduire à la consta- tation d’un niveau de provi-

elle draine un volume global de 29 MDH. Toutefois, l’offre de produits d’assurance Takaful demeure limitée aux garanties et risques de l’activité bancaire par- ticipative, ce qui restreint la taille des fonds, à en croire BMCE Capital Global Research (BKGR) qui a publié une note de recherche fouillée sur le secteur des assurances au Maroc. P Le développement du Takaful face à la réalité du marché La réussite de cette activité est tributaire de l’élargissement de l’offre à d’autres branches telles que l’automobile et la santé. L’investissement Takaful ne représente que 5% du total des primes actuellement. Par Y. Seddik

lusieurs années de tractations ont été nécessaires pour peau- finer le cadre légal du Takaful: des allers-retours chez le Conseil supérieur des oulémas (CSO), des modifications dans les textes d’application, des latences dans le circuit légis- latif… Aujourd’hui, cette assu- rance non-conventionnelle est devenue une réalité. Pour sa première année de démar- rage, l’activité a généré des primes émises de 11,8 MDH. Au terme du 1 er semestre 2023,

Pour sa première année de démarrage, l’activité a généré des primes émises de 11,8 millions de dirhams.

Plus en détail, le secteur ban- caire dispose d’un gisement

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