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JEUDI 15 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
FOCUS
Taxe carbone Dernière ligne droite pour les entreprises marocaines
caines de gagner des parts de marché au profit de concur- rents moins investis dans la transition verte et le respect de l’environnement. Cependant, à la question de savoir si en 2 ans les entreprises exportatrices marocaines, en général, et particulièrement les TPME seront prêtes, Adil Rais, co-président du Conseil éco- nomique Maroc-Espagne et président de la CGEM Tanger- Tétouan-Al Hoceima, a une réponse mitigée. «Certainement quelques-unes oui, mais beaucoup non. La PME/PMI ne le sera pas parce qu’elle manque de moyens. Le problème principal réside dans ces petites entreprises qui n’ont pas suffisamment de ressources, ne sont pas suffisamment conscientes et manquent de visibilité et de vision à moyen et long terme. Mais je crois que les socié- tés leaders sur le marché, qui exportent beaucoup et qui sont structurées, seront prêtes» , souligne-t-il. Il est à rappeler que 95% du tissu industriel économique sont formés par les TPME. Par conséquent, c’est une partie importante du tissu écono- mique qui ne pourra pas être à la hauteur des normes environ- nementales définies par l’UE. Le gouvernement marocain a pris des initiatives il y a trois ans de cela, pour inciter les entreprises à décarboner leurs activités. Certains résultats non négli- geables sont peu à peu visibles, surtout auprès des entreprises ayant une forte capacité finan- cière. Et ce, grâce au mix éner-
Les entreprises exportatrices marocaines ont encore deux ans pour être en phase avec le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Certains industriels craignent de ne pas être prêts.
Par D. M.
Les expor- tations vers
l’Union euro- péenne repré- sentent plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre sur le ter- ritoire.
A
les importations provenant de pays où les réglementations environnementales sont moins strictes. Bien que cette mesure soit présentée comme un moyen de lutter contre le chan- gement climatique et de proté- ger les industries européennes, elle pourrait avoir des réper- cussions significatives sur les exportations marocaines vers l'UE. Décarboner, un dilemme contraintes-opportunités Sachant que le contenu car- bone d’une marchandise dépend principalement du contenu carbone de l’éner- gie thermique et de l’énergie électrique, les industries maro- caines, tant les multinationales
vec 65% des exportations à destination de l’Union euro- péenne, les entreprises expor- tatrices marocaines font face à différents défis, dont notam- ment l’entrée en application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) prévue en 2026. Des inquié- tudes de divers ordres sont relevées auprès des indus- triels produisant de l’acier, du fer, de l’aluminium, du ciment, de l’électricité et de l’hydro- gène, qui seront les premiers secteurs impactés par cette nouvelle réglementation. Le MACF vise à garantir que les produits importés dans l'UE respectent les mêmes normes environnementales que ceux produits localement, en taxant
que les TPME, doivent rele- ver le défi de la décarbona- tion, premier challenge auquel elles sont confrontées. Selon l’expert en transition énergé- tique Saïd Guemra, «le Maroc a une électricité très fortement carbonée, avec plus de 800 g CO2/kWh; les exportateurs marocains sont par consé- quent très pénalisés par rap- port à la concurrence d’autres pays qui sont à moins de 300 g CO2/kWh». Le MACF place donc le Maroc, fortement engagé dans le développement des éner- gies renouvelables, face au dilemme contraintes-opportu- nités. En effet, l’application de cette norme pourrait être l’oc- casion pour les sociétés maro-
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