FNH N° 1140-1

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JEUDI 15 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

FOCUS

gétique marocain qui se verdit, les différentes subventions, primes et incitations financières mises en place par le ministère de l’Industrie. De plus, les entreprises investissent de plus en plus dans des technolo- gies plus propres et des processus de production plus durables pour réduire leurs émissions de carbone en vue d’être compétitives sur le marché international. Cependant, elles doivent encore relever des défis techniques et réglementaires pour améliorer davantage la décar- bonation de leurs activités. «Les entreprises qui ont installé des plaques photovoltaïques sont à des taux de décarbonation entre 10 et 20% de l’électricité, ce qui reste très insuffisant», affirme Saïd Guemra. De ce fait, pour accélérer le mou- vement et inciter les entreprises à décarboner rapidement, compte tenu de la date butoir, Adil Rais propose certaines solutions. Car pour lui, la décarbonation n’est pas seulement énergétique, elle prend également en compte toute l’acti- vité. «Il faudrait créer des industries qui viennent en amont de celles exis- tantes et qui permettent réellement l’économie des émissions carbone qui sont aujourd’hui importantes. Il faut aussi améliorer les process à l’intérieur des entreprises indus- trielles : il y a des équipements aujourd’hui qui consomment moins d’énergie, qui sont beaucoup plus effectifs et efficients au niveau énergétique. Les investissements (en énergie, dans les process ou dans le transport) présents et futurs doivent se faire dans des équi- pements qui aideront à la décar- bonation des entreprises. Ce sont des éléments fondamentaux pour que les entreprises marocaines ou les secteurs d’activités concernés puissent être prêts demain et pou- voir gagner des parts de marché» , explique-t-il. Le cadre légal n’aide pas Autre blocage : la réglementation du secteur de l’énergie au Maroc. Selon l’expert Saïd Guemra, l’ab- sence du décret d’application de l’article 26 de la loi 13/09 depuis

2010 empêche l’investissement dans de grands projets renouve- lables en haute tension. Un indus- triel ne peut pas réaliser un pro- jet d’autoproduction en hors site moyenne tension pour 500 kW à 1 MW. Cette solution est bloquée par la loi, car la puissance minimale à installer est de 5 MW, et cette clause élimine des milliers de petits

et moyens projets renouvelables en moyenne tension. «Je crois que nous avons tous à gagner à ce que l’investissement dans les énergies vertes s’accé- lère. Le Maroc a un pétrole qui est le soleil et le vent. Je crois qu’on doit simplifier les procédures et libéraliser pour que les entreprises investissent massivement et qu’on

n’ait pas cette lourde charge d’im- portation de pétrole et de char- bon, qui sont toujours très utilisés dans le pays. Afin que l’on puisse avoir des gains de devises et cette autonomie pour aller beaucoup plus loin et avoir un tissu industriel beaucoup plus compétitif et beau- coup plus décarboné» , conclut Adil Rais. ◆

Mezzour appelle les entreprises industrielles à prioriser la responsabilité environnementale Taxe carbone

L es entreprises industrielles sont appelées à prioriser la responsabilité environne- mentale, en réorientant leurs stratégies en réponse à la mise en place de la taxe carbone, a indiqué, mercredi à Casablanca, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour. Les entreprises industrielles devraient se réin- venter en mettant davantage l'accent sur le développement de leur responsabilité environ- nementale et en s'adaptant aux normes envi- ronnementales en évolution constante, ce qui contribue également à renforcer leur compéti- tivité sur le marché national et international, a préconisé Mezzour dans une allocution lue en son nom par le Directeur général par intérim des Industries au ministère, Youssef Fadil, lors de la 7 ème édition des Rencontres internationales de la RSO. Cette édition, qui se tient sous le thème «Décarbonation au Maroc : Vers un avenir durable», a été aussi l'occasion pour le ministre de relever que la décarbonation du secteur industriel représente à la fois un défi majeur et une voie essentielle pour réaliser les objectifs stratégiques du Royaume. Dans ce sens, Mezzour a insisté sur l'impor- tance d'accélérer ce processus de décarbona- tion qui constitue non seulement un challenge pour les exportations, mais également une opportunité cruciale pour renforcer le «Made in Morocco». Afin de parvenir à une décarbonation efficace, les entreprises industrielles doivent prioriser l'utilisation d'énergies à faible empreinte car- bone, telles que l'électricité renouvelable, dans leurs opérations et leurs processus de produc- tion, a-t-il recommandé. Pour sa part, le président de RSO au Maroc, Mohammed Aziz Derj, précise que l'objectif de cette 7 ème édition est de se pencher sur les pratiques de décarbonation mises en œuvre au sein des entreprises pour répondre à cette problématique, tout en examinant les mesures

prises par le gouvernement dans ce contexte. Il a, par ailleurs, assuré que des mécanismes ont été mis en place, dans le marché euro- péen, imposant aux exportateurs de rendre compte de leur bilan carbone, ajoutant que cette mesure souligne l'importance croissante de la décarbonation dans les échanges com- merciaux internationaux. Et de poursuivre que l'événement jette la lumière sur les politiques gouvernementales relatives à la décarbonation, explore les initiatives des grandes entreprises marocaines en matière de bonnes pratiques environnementales, ainsi que les technologies et innovations disponibles dans ce domaine, et aborde les différents moyens de financement pour soutenir ces démarches de décarbonation. ◆

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