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JEUDI 15 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
FOCUS
«Il faut s’y préparer dès maintenant et transformer cette menace en opportunité» Taxe carbone
freiner les échanges, et donc entraîner un manque à gagner pour les exportateurs marocains. Des entreprises et des secteurs entiers pourraient être à terme en difficulté, ce qui aura des conséquences très négatives sur l’économie marocaine dans son ensemble, notamment sur les emplois. D’où l’importance de s’y préparer dès maintenant et de transformer cette menace en opportunité. F.N.H. : Quelles sont les mesures prises par le gou- vernement marocain pour soutenir les entreprises exportatrices face aux défis posés par cette taxe carbone aux frontières ? L. J-H. : Le gouvernement a d’ores et déjà évoqué des projets d’alimentation des zones indus- trielles en énergies renouvelables afin de décarboner l’industrie et accompagner les exportateurs marocains dans ces nouvelles réglementations. A cela, il faut ajouter la mise en place de certains dispositifs de financement tels que Tadwir croissance verte de Maroc PME, visant à accompagner les petites et moyennes entreprises dans leurs projets de décarbona- tion. Il y a également des aides publiques à l’investissement, ou encore l’accompagnement à l’export proposé par l’ASMEX en partenariat avec l’Agence maro- caine de développement des investissements et des exporta- tions (AMDIE). De plus, l’ASMEX a suivi toutes les évolutions de la conjonc- ture liée aux exigences de la
Intégrer les enjeux de la taxe carbone aux frontières s’avère plus que nécessaire pour les entreprises marocaines expor- tatrices. Entretien avec Loïc Jaegert- Huber, président de la Commission énergies propres à l'ASMEX.
Propos recueillis par D. M.
F.N.H. : Quel est l'impact potentiel de cette norme sur les coûts de production et les prix des produits exportés par le Maroc vers l’Europe ? L. J-H. : Cette nouvelle taxe pourrait entraîner un surcoût pour les biens importés soumis à la taxe. Si nous ne nous adaptons pas rapidement, cette mesure va
domaines d’activités. Avec 65% des exportations marocaines à destination de l’Union euro- péenne, le marché européen est plus qu’essentiel pour le Maroc. Si nous ne nous adaptons pas rapidement en décarbonant nos exportations, cette mesure va freiner les échanges, et donc entraîner un manque à gagner pour les exportateurs marocains.
Finances News Hebdo : Comment la nouvelle taxe carbone aux frontières pourrait-elle affecter les exportations marocaines vers l’UE ? Loïc Jaegert-Huber : Pour l’instant, les principaux secteurs concernés par le MACF sont le fer et l’acier, l’aluminium, le ciment, l’engrais, l’électricité et l’hydrogène. Ainsi, la taxe affec- tera assez peu les exportations marocaines dans un premier temps, et touchera en grande majorité le secteur des engrais. Cela étant, il est clair que ce mécanisme a vocation à évoluer et à concerner de plus en plus de
Les entreprises doivent avant tout saisir cette opportunité pour faire de leur décarbonation un levier d’attractivité et de compéti- tivité, tout en renforçant leurs stratégies d’exportation.
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