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JEUDI 15 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
CULTURE
de leur vie un avortement clandestin. La suite de l’ouvrage est de la même force, avec de nombreuses enquêtes touchant à une variété de probléma- tiques épineuses dont souffre la socié- té et auxquelles il faut trouver des solu- tions adéquates et dans l’urgence. ◆ *«Choses vues derrière un écran de fumée». Editions Orion. 320 pages. Février 2024. Disponible en librairie.
de ce commerce toujours rentable), plusieurs réseaux de proxénètes se sont organisés en syndicat du crime. La traite des blanches, le racket sys- tématisé, l’organisation des passes, location des maisons, transports… et toute la logistique qui va avec le marché de la chair. Descente dans l’enfer du plaisir. Le monde de la nuit exige des règles strictes et une orga- nisation pointilleuse. L’argent du sexe dicte aussi ses rites, entre violence et dérives urbaines». Une réalité connue de tous et qui devient de plus en plus criarde, à un moment donné de l’histoire du Maroc où l’on assiste à de nou- veaux phénomènes urbains soutenus par la permissivité qui découle de l’usage des réseaux sociaux. D’autres fléaux sociaux sont mis en lumière, toujours à travers des reportages et des enquêtes de terrain, avec des exemples vivants et des témoignages qui vont à l’essentiel. Dans ce sens, le chapitre consacré à la pédophilie lève le voile sur des traumatismes terribles : «Les associations qui œuvrent sur le terrain dans plusieurs villes au Maroc s'occupant des enfants des rues, des mineurs, et tentent de sensibiliser la société civile. Elles savent, grâce à un travail de proximité, que des milliers d'enfants marocains sont victimes d'abus sexuels par des individus plus âgés moyennant quelques dirhams. D'un autre côté, des associations comme l'ALCS ont diagnostiqué aussi les risques liés à la prostitution en rap- port avec le virus du sida. Sans oublier les réflexions de plusieurs pédopsy- chiatres et psychiatres, qui mesurent les traumatismes qui résultent des abus sexuels, des viols, de la prostitu- tion et de la dégradation de l'image de soi», précisent les auteurs de «Choses vues derrière un écran de fumée» . Ce qui nous conduit à un autre problème qui fait débat depuis plusieurs années au cœur de la société marocaine, à savoir l’avortement et les risques graves, voire mortels qui y sont liés. A ce niveau, les auteurs affirment que «chaque jour apporte son lot de tra- gédies. Avorter au Maroc est un acte criminel passible de plusieurs années de prison. Pourtant, malgré les effets dissuasifs des lois, des centaines d'in- terruptions volontaires de grossesse ont lieu chaque jour dans certains
cabinets, dans certaines cliniques, chez des sages-femmes, entraînant parfois la mort de la mère. Les condi- tions d'hygiène sont inexistantes dans la plupart des cas, surtout chez des médecins charcutiers pour qui le serment d'Hippocrate est un gage d'hypocrisie. Moyennant des sommes entre 4.000 DH et 8.000 DH, toute femme désirant avorter trouve un local
pour se débarrasser de sa grossesse». Cette enquête sur un tabou entre men- songes et hypocrisie révèle d’autres pans de ce processus médical sur lequel les lois n’arrivent pas à statuer pour mettre un terme à tant de dérives et de drames humains. Car, il est vrai que des charcuteurs sévissent dans les villes marocaines, comme il est établi que plusieurs femmes ont payé
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