FNH N° 1141

Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc

Du 22 février 2024 - 8 DH - N° 1141

PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC

Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli

Fin des équilibres précaires ? Maroc-France

 Les Princesses reçues par Brigitte Macron à l'Elysée.

P. 3/28

La méthode Rahhou CONSEIL DE LA CONCURRENCE ● Doucement mais sûrement, le Conseil

de la concurrence installe, valorise et fait respecter les règles de la concurrence. Une stratégie alliant fermeté et consensus.

P. 16/17

Aziz Akhannouch

DARG 2024 Une opportunité pour les experts-comptables

Économie nationale Le dernier diagnostic du FMI

Quand le discours triomphant se heurte à la réalité économique

P. 12

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P. 10

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 22 FÉVRIER 2024

SOMMAIRE

Editorial

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L'UNIVERS DES TPME

29 29 DEVELOPPEMENT DURABLE Maroc-France : La diplomatie familiale à l’œuvre 28 28 POLITIQUE Loi de Finances 2024 : Quels avantages pour les PME ?

Fatima Ouriaghli Directeur Général responsable de la Publication

Voyons voir : Gaza, L'horreur silencieuse Ça se passe au Maroc Ça se passe en Afrique Ça se passe dans le monde

A Fin des équilibres précaires ?

près des mois d'orage et de tempêtes diplomatiques, une lueur d'espoir émerge à l'horizon des relations entre le Maroc et la France. Dans une volonté commune de dégel et d'apaisement, les deux nations se tournent vers un avenir où la coopération et l'amitié prévaudront. Le lien indéfectible entre ces deux nations sœur semble prêt à dépasser les désaccords passés pour embrasser un avenir de prospérité et de partenariat renforcé.

9 BOURSE & FINANCES

Financement vert : Un accord de près de 2 milliards de dirhams entre l'OCP et la BAD Valorisation des déchets : Une alternative viable pour l'industrie marocaine

La réception des sœurs du Roi Mohammed VI par Brigitte Macron à l'Élysée, les Princesses Lalla Meryem, Lalla Asmaa et Lalla Hasnaa, symbolise ce premier pas significatif vers la normalisation des échanges entre les deux pays. En effet, après une période tumultueuse marquée par des incompréhensions et des tensions, la France a clairement expri- mé sa volonté de renouer un lien de confiance avec son précieux allié marocain. Les déclarations récentes du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, viennent étayer cette volonté affirmée de rétablir un dialogue constructif et de raviver les flammes de l'amitié franco-maro- caine. Le chef de la diplomatie française juge en effet la relation de la France avec le Maroc «essentielle». «La volonté est là. J’ai repris le lien avec le Maroc. Il y avait des incompréhensions qui ont amené à une diffi- culté», a-t-il affirmé lors d’une audition à l’Assemblée nationale, précisant que «notre lien avec le Maroc est très important et il est même essentiel». Au cœur de cette dynamique de renouveau réside la reconnaissance de l'importance vitale des relations entre le Maroc et la France. Ces liens, forgés par l'histoire et cimentés par des décennies de coopération fructueuse, transcendent les aléas politiques pour s'ancrer dans un par- tenariat solide et pérenne. La sécularité de cette relation, loin d'être un simple vestige du passé, constitue le fondement même d'une alliance stratégique aux retombées multiples, tant sur le plan économique que géopolitique. Aujourd’hui, après cette longue période de brouille, il est impératif de donner un nouvel élan à cette relation bilatérale, que ce soit au plan qualitatif que quantitatif. Mais au-delà des déclarations d'intention, pour que ce renouveau diplomatique soit pleinement fructueux, des actes concrets doivent être posés. Comme l'a souligné avec pertinence l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, la France doit sortir de l'ambiguïté et clarifier sa position sur le Sahara marocain. «Il serait totalement illusoire, irrespectueux et stupide de considérer qu’on va construire ce que j’es- père qu’on arrivera à construire, brique après brique, pour le bonheur de nos deux nations et quelques autres voisins, sans clarifier ce sujet, que tout le monde à Paris connait et reconnait le caractère essentiel pour le Royaume, hier, aujourd’hui et demain» , note-t-il. Cette clarification est essentielle pour construire un avenir commun basé sur la confiance et le respect mutuel et renforcer les fondations de la coopération franco-marocaine. Histoire d’en finir définitivement avec ce «en même temps» cher au Président Emmanuel Macron, qui a fini par se fâcher et avec le Maroc et avec l’Algérie à force de vouloir ménager la chèvre et le chou. Le temps des équilibres précaires et des compromis dilatoires est révolu. u

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9 10

Point Bourse Hebdo : Le marché en apesanteur ! DARG 2024 : Une opportunité pour les experts- comptables Marché obligataire : Perspectives stables pour les taux en 2024 Économie nationale : Le dernier diagnostic du FMI Bourse de Casablanca : Les secteurs qui affichent la meilleure croissance des bénéfices en 2023 Bourse : La semaine en chiffres

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15 16 ECONOMIE

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Conseil de la concurrence : La méthode Rahhou Aziz Akhannouch : Quand le discours triomphant se heurte à la réalité économique Entretien avec Abdelkhalek Hassini : MRE, «Leurs investissements au Maroc représentent seulement 10% des transferts» Médicaments génériques : Un marché en quête de renforcement Tourisme : Le Maroc à la conquête du marché indien Entretien avec Hamid Bentahar : Tourisme, avec «Go Siyaha», le Maroc veut attirer une nou-velle génération de touristes Sécheresse : Faut-il craindre un exode rural massif ?

CULTURE

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Fathiya Tahiri : Le songe d’une nuit d’hiver

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HIGH-TECH

Cyberattaques : La menace monte crescendo

• Directeur des rédactions & Développement : David William

• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sochpress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sochpress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047

• Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk, Malak Boukhari, Meryem Ait Ouaanna, • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

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JEUDI 22 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

VOYONS VOIR

L'horreur silencieuse Gaza

la Santé du Hamas, près de 30.000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne. Des chiffres macabres, des chiffres qui ne sont pas seulement des statistiques, mais des vies perdues, des familles endeuillées et déchirées, des rêves brisés dans un éclat de violence aveugle. Au-dessus de ce carnage, plane l'ombre sinistre d'un blanc-seing accordé à Israël. Un blanc-seing pour tuer, toujours tuer, encore tuer. Les États- Unis, fidèles soutiens d'Israël, ont scellé ce pacte de sang en opposant leur veto à toute résolution humanitaire à l'ONU. Un veto qui expose des cen- taines de milliers de vies innocentes à la misère, à la désolation et à une lente agonie. C’est pour- quoi, mercredi, la Chine a fustigé le veto américain à un projet de résolution de l'ONU exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza. «Les Etats-Unis se sont encore une fois singularisés en opposant leur veto, rendant la situation à Gaza encore plus dangereuse. Les parties concernées, dont la Chine, ont exprimé leur forte déception et Les États-Unis, fidèles soutiens d'Israël, ont scellé ce pacte de sang en opposant leur veto à toute résolution humanitaire à l'ONU.

leur mécontentement» , a déploré lors d'un point presse Mao Ning, une porte-parole de la diploma- tie chinoise. Deux millions deux cent mille âmes sont prises au piège dans un enfer de violence et de désolation, privées de tout, y compris d'espoir. Une situation aggravée par la décision prise mardi par l’ONU de suspendre, de nouveau, la distribution de l'aide alimentaire dans le nord de la bande de Gaza en proie «au chaos et à la violence». Ce coup de grâce porté à une population déjà à genoux va forcément amplifier le désastre huma- nitaire à Gaza. Face à cette tragédie et à ce désastre huma- nitaire qui se jouent à Gaza, que fait la com- munauté internationale ? Pas grand chose. Elle est apathique. Elle fait preuve d'une indifférence coupable. D'une inertie complice. Elle gesticule, impuissante, devant les assauts meurtriers d'Is- raël. Elle se contente de condamnations timides, de déclarations d'intention vides de sens, pendant que Gaza saigne. Nous ne devons pas banaliser la mort de tous ces Palestiniens, de toutes ces vies innocentes à Gaza : nous devons nous interdire de l’imprimer dans la conscience collective comme une norma- lité. Ne laissons pas l'horreur de Gaza se diffuser silencieusement dans le vacarme du monde. ◆

D ans l'obscurité des cœurs brisés, Gaza pleure. Elle pleure non seulement ses enfants innocents fau- chés par les frappes meurtrières de l’armée israé- lienne, mais aussi son avenir, terni par une violence implacable et un désespoir sans fin. Aujourd'hui, alors que le monde semble détourner le regard, Gaza crie son désespoir à travers les larmes de ceux qui n'ont plus de voix pour parler, de ceux qui n'ont plus de larmes à verser. Dans les confins étroits de ce territoire perdu, chaque grain de sable porte les stigmates de la douleur et chaque brise semble murmurer le récit déchirant de vies anéan- ties. Dans ce coin oublié du monde, où Israël est en train d’opérer un nettoyage ethnique, l'innocence est sacrifiée sur l'autel de l’arithmétique politi- cienne et de la géopolitique, et la mort se promène avec une insouciance macabre. Par D. William

Les chiffres, froids et impitoyables, révèlent une réalité insoutenable : le carnage méthodique de Tsahal, en toute impunité. Selon le ministère de

oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

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ÇA SE PASSE AU MAROC

Maghreb-France

2 ème édition des Rencontres Maghreb Oléagineux L es acteurs clés des filières oléagineuses du Maghreb et de la France se préparent à se réunir lors de la 2 ème édition des Rencontres Maghreb Oléagineux (RMO), prévue les 5 & 6 mars 2024 à Rabat. Cet évènement sera l’occasion pour les participants des quatre délégations - France, Tunisie, Algérie et Maroc - d’échanger autour de ces filières essen- tielles et d’analyser leurs rôles dans un contexte de dérèglement climatique afin de bâtir, ensemble, des solutions pour une agriculture durable. Initiées en 2022 à Tunis, cette 2 ème édition est co-organisée par l'Association de dévelop-

pement international de la filière fran- çaise des huiles et protéines végétales (Agropol) et la Fédération interprofes- sionnelle des oléagineux (FOLEA). Le thème central des RMO 2024 sera : «La filière oléagineuse : levier de résilience face au changement cli- matique et aux enjeux de souveraineté alimentaire au Maghreb» ?. ■

Stress hydrique

L’action gouvernementale expliquée par Baraka L e ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, a souligné mardi les actions entre- prises par le gouvernement marocain pour faire face au stress hydrique croissant dans le pays. Lors d'une conférence-débat à Casablanca, il a mis en lumière les défis posés par le réchauf- fement climatique et la sixième année consécutive de sécheresse, aggravée par un déficit pluviomé- trique de 58% par rapport à l'année précédente. Dans un contexte où l'eau est devenue une res- source de plus en plus précieuse, le Maroc a enre- gistré une légère amélioration de la situation, avec 4 milliards de mètres cubes d'eau stockés dans les barrages, représentant un taux de remplissage de 25% contre 23,4% fin janvier 2024. Cependant, ces chiffres ne masquent pas la gravité de la situation, et le gouvernement a pris des mesures d'urgence dans ce sens. Elles comprennent, entre autres, la construction accélérée de 18 grands barrages et la mise en réseau des bassins hydrauliques, ainsi qu'un transfert d'eau crucial vers des zones telles que Casablanca. De plus, le Maroc s'engage à multiplier par dix sa capacité de dessalement de l'eau de mer d'ici 2030, visant à satisfaire 50% des besoins en eau potable des régions côtières. ■ menté. Il a également mentionné les mesures prises par le gouvernement pour atténuer l'impact des mesures de précaution liées à la crise sani- taire sur le marché du travail. Selon lui, malgré ces défis et difficultés, le gouvernement s'est engagé à réaliser un équilibre difficile entre l'investis- sement et l'emploi, en enracinant les bases de l'Etat social. Il a noté aussi que le programme gouvernemental 2021-2026 constitue une étape importante pour renforcer les investissements productifs et stimuler la création d'emplois, ainsi que pour mettre en place les conditions et les mécanismes nécessaires pour stimuler l'activité économique et l'entrepreneuriat. ■

Tourisme

Plus de 992.000 arrivées en janvier 2024

L e secteur du tourisme a enregistré, en janvier 2024, l'arrivée de plus de 992.000 touristes, marquant une hausse signifi- cative de 10% par rapport au même mois de l'année 2023, selon le ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire. Cette performance touche autant les Marocains résidant à l'étranger (+9,5%) que les touristes étrangers (+11%), ce qui confirme la dynamique et la résilience du secteur, fait savoir le ministère dans un com- muniqué. «Après une année record en 2023, marquée par 14,5 millions d'arrivées de tou- ristes et 105 milliards de dirhams de recettes touristiques en devises, le tourisme continue son ascension en ce début d'année 2024» , souligne la même source. ■ L e gouvernement parie sur une révision de plusieurs lois sociales, principalement liées au droit du travail et au droit de grève, dans le cadre des efforts visant à garantir un travail décent. C’est ce qu’a déclaré, lundi, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, dans un dis- cours prononcé en son nom par Mustapha Baitas, ministre délégué et Porte-parole du gouverne- ment, lors du Forum parlementaire international pour la justice sociale. Akhannouch, pour qui la révision des lois sociales vise à consolider «la stabilité et la paix sociale au sein de l'entreprise», a souligné l'importance de mettre en place des mécanismes de protection des travailleurs et des

Akhannouch parie sur une réforme de la législation Emploi

employés pour une transition fluide vers une éco- nomie structurée et un marché du travail régle-

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ÇA SE PASSE EN AFRIQUE

Ghana

L e Fonds monétaire international (FMI) a annoncé vendredi être parvenu à un accord avec le gouvernement ivoirien en vue d'un prêt de 1,3 milliard de dollars, afin d'aider ce pays à préparer sa transition énergétique et à lutter contre les effets du réchauffement climatique. L'accord doit encore être approuvé par le Conseil d'administration, qui doit se réunir pour se prononcer « dans les prochaines semaines », a indiqué l'institution. Le prêt est réalisé dans le cadre du Fonds pour la résilience et la soutenabilité (RSF) qui permet au FMI des prêts de plus longue durée, assortis d'un remboursement différé permettant aux pays bénéficiaires de financer les investissements nécessaires pour s'adapter aux effets du réchauffement climatique et préparer leur transition. ■ 1,3 milliard de dollars du FMI contre le réchauffement climatique Côte d'Ivoire

Le nouveau ministre des Finances s'engage à poursuivre les réformes économiques L e nouveau ministre des Finances du Ghana, Mohammed Amin Adam, a promis de maintenir le programme de réforme économique du gouvernement soutenu par le Fonds monétaire international (FMI). Adams a déclaré lors de sa prise de fonctions que « nous sommes soumis à un important programme du FMI, et j'assure le FMI et la communauté des affaires que je veillerai à ce que le programme reste sur la bonne voie ». « Je m'efforcerai de faire en sorte que le programme n'en pâtisse pas », a-t-il souligné. Conformément au programme, le ministre a fait savoir que toutes les initiatives du budget 2024, y compris les allègements fis- caux, seraient mises en œuvre pour protéger les personnes défavorisées contre de graves difficultés. « Je veillerai à ce que les allège- ments fiscaux soient mis en œuvre plus rapidement afin de protéger les pauvres », a-t-il ajouté. ■ L e Fonds monétaire internatio- nal (FMI) a indiqué qu’il n'est actuellement pas en mesure de fournir un soutien financier au Zimbabwe en raison de son endette- ment insoutenable et de ses arriérés extérieurs officiels. « Un accord financier du FMI néces- siterait une voie claire vers une res- tructuration complète de la dette extérieure du Zimbabwe, y com- pris l'apurement des arriérés et un plan de réforme pour la restauration durable de la stabilité macroéco- nomique », a déclaré le Fonds dans un communiqué publié à l’issue des consultations tenues du 31 janvier au 14 février au titre de l'article IV. ■ La dette insoutenable exclut la possibilité d'un soutien financier Zimbabwe

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ÇA SE PASSE DANS LE MONDE

Espagne

Chine

France

Les taux réduits de nouveau pour soutenir une économie en souffrance

La croissance revue à la baisse en 2024, 10 milliards d’euros d’économies

La dette publique recule à 107,7% du PIB en 2023

P our relancer la croissance, la Chine compte sur davan- tage de prêts immobiliers : la Banque centrale a abaissé un taux de référence, dans l'espoir de stimuler un moteur clé mais grippé de la deuxième économie mondiale. L'immobilier, qui a connu deux décennies de croissance fulgu- rante dans le pays avec la hausse du niveau de vie de la population, a longtemps représenté au sens large plus du quart du PIB de la Chine. Mais le secteur est désor-

mais sous pression, avec des promoteurs au bord de la faillite et nombre de logements inache- vés, qui dissuadent les Chinois d'investir dans la pierre, sur fond de ralentissement économique. Pour tenter de stimuler l'activité, la Banque centrale a réduit mun taux directeur de référence pour les prêts hypothécaires. Le taux préférentiel de prêt à cinq ans est abaissé de 4,2 à 3,95%. Il s'agit de la plus forte coupe de ce taux qui est désormais à son plus bas historique. ■

L e gouvernement français a nettement revu à la baisse son estimation de croissance pour 2024, de 1,4% à désormais 1%, a annoncé Bruno Le Maire, dévoilant des économies «immédiates» de 10 milliards d'euros sur les dépenses de l'Etat pour tenir les ambitions budgétaires. Cette prévision de croissance « tient compte du nouveau contexte géo- politique », a expliqué le ministre de l'Economie sur TF1, évoquant la guerre en Ukraine, le Moyen-Orient, le « ralentissement économique très marqué en Chine » et « une réces- sion en 2023 en Allemagne ». En conséquence, et en raison des recettes fiscales plus faibles qu'attendu, l'Etat « va faire un effort immédiat de 10 milliards d'euros d'économies », afin de respecter ses objectifs budgétaires. ■

L a dette publique de l'Espagne a reculé à 107,7% du produit intérieur brut (PIB) l'année dernière contre 113,2% à fin 2022, selon la Banque centrale. Ce chiffre est mieux que ce que prévoyait le gouvernement, qui s'est engagé auprès de ses partenaires européens à ramener la dette à 108,1%, après trois ans de baisse consécutive. Ainsi, la dette des organismes de l'administration publique, mesurée selon les critères de Maastricht, s'est établie à fin décembre à 1.575 mil- liards d'euros, a précisé la banque d'Espagne. L'organisme monétaire attribue ce recul de la dette publique espagnole principalement à la forte croissance économique, qui a atteint 2,5% l'an dernier en Espagne, soit l'un des niveaux les plus élevés atteints par un pays de la zone Euro. ■

Pétrole

L’ Agence internationale de l'énergie met en garde contre la faiblesse des stocks mondiaux de pétrole, même si la croissance de la demande mondiale en or noir continue de décélérer et devrait atteindre un nouveau pic en 2024. « Les stocks mondiaux de pétrole observés ont chuté d'environ 60 millions de barils en janvier (...), les stocks terrestres tombant à leur plus bas niveau depuis au moins 2016 », date des premières séries de mesures, a indiqué l'AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole. ■ L'AIE met en garde contre la faiblesse des stocks mondiaux

Zone Euro

L e produit intérieur brut (PIB), corrigé des variations saison- nières, est resté stable dans la zone Euro durant le quatrième trimestre 2023 par rapport au trimestre précédent, indique l’office européen des statistiques Eurostat. Dans l'ensemble de l'Union européenne, le taux de croissance s’est établi à 0,1% durant la même période, souligne Eurostat dans une estimation rapide préliminaire. En glissement annuel, le PIB de la zone Euro a enregistré au 4 ème Le PIB stable au quatrième trimestre 2023

trimestre de l'année passée une hausse de 0,1% et celui de l'UE une augmentation de 0,3%, note l’office, rappelant qu’au cours du 3 ème trimestre 2023, le PIB avait diminué de 0,1% par rapport au trimestre précédent, tant dans la zone Euro que dans l'UE. Les trois pays qui ont enregistré la plus forte croissance au 4 ème trimestre 2023 par rapport à la même période en 2022 sont la Slovénie (+2,6%), le Portugal (+2,2%) et l'Espagne (+2%). ■

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BOURSE & FINANCES

Point Bourse Hebdo Le marché en apesanteur !

Le marché retrouve sa dynamique et dépasse ses plus hauts récents. Les analystes, toujours haussiers sur les actions, estiment le potentiel de croissance en 2024 à 11%.

Evolution de l'indice Masi depuis début février 2023

C

Par Y . Seddik

Marsa Maroc, Sanlam ont aussi donné le ton d'une bonne sai- son des résultats dans l'attente des banques. L’opérateur por- tuaire, qui a traité un trafic glo- bal de 56,9 millions de tonnes, a amélioré ses revenus de 9,4% à 4,3 Mds de DH en 2023. La société a aussi augmenté ses investissements et amé- lioré son endettement net. Du côté de l’assureur, on note une hausse du résultat net de 7,1% à 396 MDH et un dividende ordinaire de 77 DH/action (Vs 36 DH/action). Bien entourées depuis le début de l’année, les immobilières ont aussi sursauté après l'attri- bution de marchés de reca- sement dans la région de Casablanca. Résidences Dar Saada (RDS), qui a tiré le gros lot avec 6.801 logements, a gagné 10,58% cette semaine en Bourse. Alliances et Addoha affichent des hausses plus modérées de 1,91% et 2,71%

ette fois-ci, c'est la bonne. Le camp des acheteurs a été suffisamment engagé et a fait preuve d’un meilleur esprit de corps pour aller au-delà de la résistance des 12.750 points cette semaine. La deu- xième tentative de franchir ce niveau a donc abouti, avec une hausse hebdomadaire de 1,67% sur des volumes fournis de 902 MDH. À l’appui, un mar- ché obligataire sans pressions apparentes et des prémices d’une bonne saison de résul- tats 2023. Malmenée en Bourse après l’annonce d’une sanction de 6,4 milliards de DH, Maroc Telecom a soulagé les déten- teurs avec des résultats supé- rieurs aux attentes, des marges qui résistent et un dividende surprise. Il est à noter que l’opérateur historique signe la meilleure performance du mar- ché cette semaine avec une progression de 11,35%.

TOP Performances

FLOP Performances

Salafin TotalEnergies Maroc Minières Touissit

-7,17%

+14% +11,38%

Rés. Dar Saada Maroc Telecom Salafin

-6,29%

-6,25%

+9,89 %

respectivement. À 12.871 points, le marché atteint les plus hauts de mai 2022. Les analystes, tou- jours optimistes, envisagent un potentiel de croissance de 11% pour 2024. Selon leurs prévisions de croissance de la masse bénéficiaire ajustée, le marché est actuellement évalué à 16,6x les bénéfices 2024. Si le PER tend vers son niveau théorique de 18x, le marché

pourrait enregistrer une hausse de 7,5% d'ici la fin de l'année, soit une performance annuelle estimée à 11,3%. Enfin, la semaine à venir s'an- nonce chargée, avec les bons chiffres relatifs à l’inflation attendus et la poursuite des publications. Ces éléments seront essentiels pour consoli- der les tendances actuelles ou permettre une continuation de cette dynamique haussière. ◆

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BOURSE & FINANCES

DARG 2024

D Une opportunité pour les experts-comptables Les contribuables feront face à plusieurs défis lors de la préparation de leur déclaration de revenus globale cette année. Les professionnels du chiffre commencent à se positionner sur ce marché. Par D. M.

une confidentialité totale de leurs informations financières et ren- force la confiance dans le proces- sus de déclaration». Les particuliers soumis à l’ap- plication de cette déclaration, cherchent désormais des conseils d'experts pour optimiser leur situation fiscale et assurer leur conformité dans le strict respect des délais. Les experts-comp- tables tant indépendants qu’affi- liés à des structures précises sont ainsi sollicités pour fournir des services de planification fiscale personnalisée. Face à cette nouvelle demande, ils investissent dans leur forma- tion en mettant à jour leurs com- pétences pour répondre aux exi- gences spécifiques de la DARG et ainsi conseiller au mieux leurs clients. Certains d’entre eux, à l’instar du cabinet Smart Fin Consulting, ont anticipé la demande et ont amé- liorés leurs procédés. « Notre cabinet a anticipé les besoins des contribuables pour la déclaration de revenus de l'an- née 2024 en mettant en place une plateforme entièrement en ligne. Cette initiative vise à offrir aux contribuables un moyen effi- cace et pratique d'accomplir leur Déclaration annuelle du revenu global tout en bénéficiant d'un accompagnement spécialisé. Notre approche commence par simplifier le processus en intégrant une procédure en ligne complète. Nous avons mis en œuvre une méthode qui facilite la récupéra- tion des identifiants fiscaux, guide les contribuables à travers la four- niture des éléments nécessaires à la déclaration, jusqu'à la finalisa- tion du processus de déclaration. Cette démarche vise à rendre l'en- semble du processus aussi trans- parent et accessible que possible pour les contribuables», conclut Abdelbasset Mohandis. ◆

ans le paysage fiscal marocain, l'année 2024 marque un tournant significatif avec l'introduction de la Déclaration annuelle du reve- nu global (DARG). Cette nouvelle réglementation fiscale offre non seulement une transparence accrue, mais crée également une opportunité majeure pour les experts-comptables du pays. Ce processus de déclaration annuelle du revenu global est une étape cruciale pour les personnes physiques percevant des revenus venant de plusieurs sources au Maroc. Cependant, cette tâche peut être complexe et nécessite une expertise en matière fiscale. Traditionnellement, les profession- nels de la comptabilité au Maroc se concentraient sur les déclara- tions de revenus des entreprises et des particuliers, ainsi que sur d'autres services comptables. Cependant, avec l'introduction de la DARG, un autre champ s'ouvre à eux. Selon, un expert-comptable à Casablanca, «la Déclaration

qui propose déjà son expertise auprès des contribuables de son réseau. Pour lui, l’expertise des experts-comptables revêt une importance particulière dans le contexte de la DARG 2024, en raison de plusieurs facteurs clés. «Tout d'abord, l'expert-comptable agit en tant que tiers de confiance, jouant un rôle crucial dans l'ac- compagnement des contribuables tout au long du processus de déclaration. En tant que profes- sionnels du domaine, les experts- comptables sont mieux placés pour fournir des conseils person- nalisés, tenant compte des spé- cificités de chaque contribuable. Ils sont en mesure d'interpréter les nouvelles règles fiscales et de guider les contribuables pour une déclaration précise et conforme». Selon lui, «un autre aspect clé réside dans la déontologie profes- sionnelle des experts-comptables. Leur intervention est marquée par le respect strict des normes éthiques et du secret profession- nel. Cela assure aux contribuables

annuelle du revenu global repré- sente une opportunité majeure pour notre profession. Non seu- lement cela élargit notre champ d'action, mais cela montre égale- ment l'importance croissante de la transparence fiscale dans notre pays». La bonne compréhension des obligations déclaratives spéci- fiques et la gestion précise des retenues à la source sont les prin- cipaux challenges auxquels les contribuables seront confrontés. Une approche minutieuse et une connaissance approfondie des nouvelles règles fiscales sont essentielles pour garantir une déclaration précise et conforme aux réglementations en vigueur. Conscients de ces défis que ren- contrent les contribuables, les professionnels du chiffre com- mencent à se positionner sur le marché avec une offre de service personnalisée dans ce domaine. C’est le cas de Abdelbasset Mohandis, expert-comptable au cabinet Smart Fin Consulting,

 L’expertise des experts- comptables revêt une importance particulière dans le contexte de la DARG 2024.

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 22 FÉVRIER 2024

BOURSE & FINANCES

de la dette intérieure se sont inscrites à un niveau largement supérieur à la moyenne histo- rique» , notent-ils. En effet, dans un contexte international difficile marqué par une forte augmentation des taux d’intérêt en 2022, suite au resserrement des poli- tiques monétaires en réaction à la hausse de l’inflation, le Trésor n’avait quasiment pas eu recours au marché finan- cier international, mettant ainsi sous pression le marché de la dette intérieure. Cela avait eu pour effet d’accentuer le mou- vement haussier des taux. Le Maroc, actuellement en mesure de lever des fonds à l'international à des conditions avantageuses, a bénéficié de sa sortie de la liste grise du GAFI en février 2023. Cette démarche a permis de réduire la dépendance du Trésor vis- à-vis du marché intérieur, soulageant ainsi les tensions observées précédemment. Les levées réalisées en 2023 ont également contribué à la baisse des taux. Enfin, la poursuite de la réforme du système de compensation, à travers la suppression d’un système universaliste et son remplacement par des alloca- tions ciblées, devrait contribuer à réduire significativement les dépenses de compensation ainsi que les recours à ces méthodes de financement sur le moyen terme. ◆

 Selon le scénario cen- tral de CFG Bank dans sa nouvelle note macro et pers- pectives pour le marché boursier, les taux devraient se stabiliser en 2024.

Marché obligataire

Perspectives stables pour les taux en 2024 Porté par la maîtrise de l'inflation, l'alignement du marché sur les émissions du Trésor et la sor- tie de la liste grise du GAFI, le marché des taux devrait connaître une année 2024 sans accroc. Par Y. Seddik

E

n ce début d'année, le mar- ché des taux affiche une cer- taine accalmie, tant du côté des échéances courtes que longues, avec notamment une baisse des exigences de renta- bilité des investisseurs. Selon les analystes de CFG Bank, les taux obligataires devraient se stabiliser en 2024. Cette prévision repose sur plu- sieurs facteurs, dont le retour de l'inflation à des niveaux proches de la cible de 2%, la bonne concordance entre les anticipations du marché et les taux d'émissions du Trésor et la quasi-stabilisation des besoins nets du Trésor. Plus en détail, les analystes de la banque d’affaires estiment que le retour de l’inflation à des niveaux proches de la cible de 2% plaiderait en faveur d’un

statu quo au niveau de la poli- tique monétaire à court terme. «Nous n’excluons toutefois pas un revirement vers une poli- tique plus accommodante sur le moyen terme. Toute baisse éventuelle du taux directeur contribuerait à faire baisser davantage les taux sur la partie courte de la courbe en premier lieu, puis par effet de diffu- sion sur la partie moyenne et longue» , expliquent-ils. La bonne concordance entre les anticipations du marché et les taux d’émissions du Trésor sur les maturités à long terme est également mise en avant comme facteur qui conforte le scénario d’une stabilité des taux. L'autre élément qui plaide pour ce scénario est «la quasi-sta- bilisation des besoins nets du

Trésor en 2024 par rapport à 2023 et l’éventuel maintien de la même quotité de finance- ments intérieure et extérieure. En 2021 et 2022, les levées nettes du Trésor sur le marché

Les dépôts auprès des banques ont augmenté de 2,8% à 1.165,3 mil- liards de dirhams à fin décembre 2023, selon Bank Al-Maghrib (BAM). Les dépôts des ménages ont atteint 859,6 Mds de DH, en hausse annuelle de 3,7%, avec 204,5 Mds de DH détenus par les Marocains résidant à l'étranger (MRE) et les dépôts des entreprises privées ont progressé de 9,2% à 206,3 Mds de DH, précise BAM dans son récent tableau de bord «Crédits-Dépôts bancaires». Pour ce qui est des taux de rémunération des dépôts à terme, ils ont enregistré des hausses de 40 points de base (pbs) pour ceux à 12 mois et de 23 pbs pour ceux à 6 mois, s'établissant respectivement à 3,05% et 2,60% à fin décembre 2023. Le taux minimum de rémunération des comptes d'épargne a été fixé à 2,73% pour le premier semestre 2024, soit une baisse de 25 pbs par rapport au semestre précédent. ◆ B anques 1.165 milliards de DH de dépôts à fin 2023 En bref

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Économie nationale Le dernier diagnostic du FMI

la réforme fiscale, notamment l’achèvement de la réforme de la TVA et le renforcement du rôle de l’administration fiscale, de rationaliser les dépenses, notam- ment les transferts vers les entre- prises publiques, et d’étendre l’utilisation du RSU à tous les programmes sociaux» , explique Cardarelli. Accélérer les réformes pour la création d’emplois Pour stimuler la création d’em- plois et rendre la croissance plus inclusive, le Fonds estime qu’il faut accélérer la mise en œuvre des réformes structu- relles. La réforme des entreprises publiques, la mise en place du Fonds Mohammed VI et l’appli- cation de la nouvelle Charte de l’investissement devraient contri- buer à stimuler l’investissement privé, tout comme les nouvelles initiatives visant à renforcer la lutte contre la corruption et les pratiques anticoncurrentielles. La réforme du régime d’assu- rance chômage et l’amélioration des politiques actives du marché du travail, elles, pourraient favori- ser la création d’emplois à court terme. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la participation des femmes au mar- ché du travail, qui se situe à un niveau historiquement bas. Les réformes ambitieuses du secteur de la santé et du système éduca- tif promettent d’améliorer l’accès à ces services et leur qualité, mais aussi de renforcer l’accu- mulation de capital à long terme. Les progrès récemment observés dans la libéralisation du marché de l’électricité, ainsi que ceux à venir, devraient encourager la transition vers les énergies renou- velables. Sur la question du stress hydrique, le FMI juge que le plan des auto- rités pour développer les infras- tructures est essentiel pour atté- nuer les problèmes de pénurie d’eau, tout comme l’ajustement des coûts de l’eau et le redouble- ment des efforts pour parvenir à une utilisation plus efficiente des ressources hydriques . ◆

Stimulée par l’investissement, la croissance devrait atteindre 3,5 % à moyen terme, selon le FMI. Des efforts supplémentaires sont peut-être encore nécessaires pour accroître les recettes fiscales et rationaliser davantage les dépenses. L’orientation actuelle de la politique monétaire est appropriée et devrait continuer à être alignée sur les données.

Par Y. Seddik

 Une équipe du FMI, dirigée

par Roberto Cardarelli, a

mené une mis- sion à Rabat du 31 janvier au 15 février.

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autorités à parvenir à un réé- quilibrage budgétaire à moyen terme. La généralisation de la protection sociale, à travers la mise en œuvre du Registre social unifié, devrait permettre de mieux orienter l’aide sociale vers les ménages qui en ont réellement besoin. Quant à la réforme de la TVA, elle devrait améliorer la neutralité de l’impôt, encoura- ger la transition vers l’économie formelle et élargir l’assiette de l’impôt. Toutefois, pour le Fonds, même si la réduction progressive du déficit budgétaire au cours des trois prochaines années semble convenable, il est possible d’as- surer, voire d’accélérer le rééqui- librage des finances publiques à moyen terme. Pour cela, «il sera nécessaire de poursuivre

ans le cadre des consultations de 2024 au titre de l’article IV, une équipe du Fonds monétaire inter- national (FMI), dirigée par Roberto Cardarelli, a mené des entretiens avec les autorités marocaines du 31 janvier au 15 février à Rabat. À l’issue de la mission, les équipes du FMI sont ressorties avec plu- sieurs conclusions sur l’état de santé de l’économie nationale. Tout d’abord, au niveau macro- économique, «la croissance éco- nomique s’est renforcée en 2023 grâce à la reprise de la demande intérieure et au dynamisme des exportations. Elle devrait aug- menter progressivement pour atteindre environ 3,5% à moyen terme, stimulée par une hausse des investissements. Le rebond de la demande intérieure devrait progressivement augmenter le

déficit du compte courant de la balance des paiements, qui devrait s'approcher de 3% du PIB, tandis que l’inflation devrait continuer de baisser au fur et à mesure que les pressions sur les prix des produits de base et des denrées alimentaires s’estompe- ront» , explique le chef de mission, R. Cardarelli. Pour lui, l’orientation actuelle de la politique monétaire est appro- priée, compte tenu de la baisse de l’inflation, et tout changement ultérieur de cette orientation devrait s’appuyer sur les don- nées. Alors que l’inflation conti- nue de baisser, Bank Al-Maghrib devrait reprendre sa transition vers un régime de ciblage d’infla- tion. Les services du FMI ont égale- ment salué la détermination des

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Bourse de Casablanca

de facto les marges brutes des cimentiers.

Les secteurs qui affichent la meilleure croissance des bénéfices en 2023 Parmi les secteurs qui auront la plus forte croissance des bénéfices en 2023, on retrouve les banques, les assurances, le ciment, les télécoms, l'immobilier, les opérateurs portuaires, la distribution GMS ou encore la santé. Tour d’horizon. Par Y. Seddik

Immobilier En 2023, Groupe Addoha et Alliances Développement Immobilier devraient enregis- trer des hausses significatives de leurs chiffres d’affaires. En effet, à fin septembre 2023, Addoha a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 53% et Alliances un chiffre d’affaires en progression de 22%. Compte tenu de ces évolu- tions favorables des revenus, CFG Bank anticipe une amélioration des niveaux de rentabilité du secteur immobilier en 2023 de 158 MDH à 308 MDH. Opérateurs portuaires L’augmentation des bénéfices du secteur des opérateurs portuaires avec Marsa Maroc. En effet, le Groupe devrait profiter de la pour- suite de la montée en puissance de l’activité de transbordement, lan- cée en 2021 dans le terminal TC3 du port Tanger Med II, et d’une amélioration du taux d’utilisation du TC3 du port de Casablanca, profi- tant de la reprise du trafic domes- tique de conteneurs. Et ce, en lien avec l’atténuation des tensions sur les chaines d'approvisionnement et la baisse du fret maritime au terme des neuf premiers mois de 2023. Cette évolution a été tou- tefois mitigée par la baisse des importations d’hydrocarbures (effet de base négatif comparativement à 2022) et des céréales dans le sillage d’une meilleure campagne céréalière en 2023 (55 MQx contre 34 MQx en 2022). Santé Enfin, CFG Bank s’attend à un ren- forcement net de la masse béné- ficiaire de 85% (+74 MDH à 162 MDH) du secteur de la santé pri- vée représenté par Akdital, grâce à un effet périmètre positif porté par l’ouverture de 5 nouvelles cli- niques en 2023, la contribution sur une année pleine des 8 cliniques ouvertes en 2022 et la montée en puissance des 4 cliniques ouvertes en 2021. ◆

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redressement des niveaux de ren- tabilité du secteur des assurances, porté essentiellement par Sanlam, grâce à l’amélioration attendue du résultat des placements dû à la reprise du marché actions après la correction enregistrée en 2022. Ciment Secteur stratégique pour l’écono- mie et pour la Bourse, les opéra- teurs du ciment cotés en Bourse devront voir leur résultats s’amé- liorer de 357 MDH à 2,81 Mds de DH. Cette évolution devrait être portée par la hausse des expor- tations de ciment et de clinker, la baisse des prix des matières pre- mières conduisant à une reprise du rythme d’avancement des sites en construction, illustrée par la hausse du chiffre d’affaires des sociétés de BTP, telles que TGCC ou Jet Contractors et le recul des prix du petcoke, améliorant

elon la recherche de CFG Bank, la masse bénéficiaire de l’ensemble des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca devrait s’établir en progression de 21,3% en 2023. Retraitée des éléments à caractère exceptionnel enregistrés en 2022 et 2023, la masse bénéficiaire ajustée devrait croître de 11,6% en 2023. Notons que les prévisions de crois- sance de la masse bénéficiaire brute de CFG Bank ne tiennent pas compte de la condamnation de Maroc Telecom à verser 6,4 Mds de DH dans le cadre du litige l’oppo- sant à Wana Corporate, étant donné que l’opérateur téléphonique a com- muniqué sa volonté de faire appel de ce jugement. Parmi les secteurs affichant la plus forte croissance des bénéfices, on retrouve les banques, les assu- rances, le ciment, les télécoms, l'im- mobilier, les opérateurs portuaires, la distribution GMS et la santé.

Banques Le secteur bancaire arrive en tête avec une amélioration des béné- fices attendue de 3,02 milliards de DH à 15,48 Mds de DH. Pour CFG Bank, cette croissance est expli- quée par la poursuite du redres- sement du niveau de rentabilité du secteur bancaire, grâce à l’aug- mentation des encours de crédits au Maroc et dans les filiales afri- caines, l’amélioration de la marge d’intérêt suite aux augmentations successives du taux directeur et la poursuite de la normalisation progressive du coût du risque favo- risée par une légère accélération de la croissance économique atten- due en 2023E. Assurances Du côté des assurances, les béné- fices agrégés du secteur devraient augmenter de 602 MDH à 1,72 Md de DH. Ils sont justifiés par le

 Plusieurs secteurs vont contribuer à l’amélioration de la masse bénéficiaire de la cote en 2023, attendue en progression de 21,3%.

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