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JEUDI 22 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
BOURSE & FINANCES
Économie nationale Le dernier diagnostic du FMI
la réforme fiscale, notamment l’achèvement de la réforme de la TVA et le renforcement du rôle de l’administration fiscale, de rationaliser les dépenses, notam- ment les transferts vers les entre- prises publiques, et d’étendre l’utilisation du RSU à tous les programmes sociaux» , explique Cardarelli. Accélérer les réformes pour la création d’emplois Pour stimuler la création d’em- plois et rendre la croissance plus inclusive, le Fonds estime qu’il faut accélérer la mise en œuvre des réformes structu- relles. La réforme des entreprises publiques, la mise en place du Fonds Mohammed VI et l’appli- cation de la nouvelle Charte de l’investissement devraient contri- buer à stimuler l’investissement privé, tout comme les nouvelles initiatives visant à renforcer la lutte contre la corruption et les pratiques anticoncurrentielles. La réforme du régime d’assu- rance chômage et l’amélioration des politiques actives du marché du travail, elles, pourraient favori- ser la création d’emplois à court terme. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la participation des femmes au mar- ché du travail, qui se situe à un niveau historiquement bas. Les réformes ambitieuses du secteur de la santé et du système éduca- tif promettent d’améliorer l’accès à ces services et leur qualité, mais aussi de renforcer l’accu- mulation de capital à long terme. Les progrès récemment observés dans la libéralisation du marché de l’électricité, ainsi que ceux à venir, devraient encourager la transition vers les énergies renou- velables. Sur la question du stress hydrique, le FMI juge que le plan des auto- rités pour développer les infras- tructures est essentiel pour atté- nuer les problèmes de pénurie d’eau, tout comme l’ajustement des coûts de l’eau et le redouble- ment des efforts pour parvenir à une utilisation plus efficiente des ressources hydriques . ◆
Stimulée par l’investissement, la croissance devrait atteindre 3,5 % à moyen terme, selon le FMI. Des efforts supplémentaires sont peut-être encore nécessaires pour accroître les recettes fiscales et rationaliser davantage les dépenses. L’orientation actuelle de la politique monétaire est appropriée et devrait continuer à être alignée sur les données.
Par Y. Seddik
Une équipe du FMI, dirigée
par Roberto Cardarelli, a
mené une mis- sion à Rabat du 31 janvier au 15 février.
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autorités à parvenir à un réé- quilibrage budgétaire à moyen terme. La généralisation de la protection sociale, à travers la mise en œuvre du Registre social unifié, devrait permettre de mieux orienter l’aide sociale vers les ménages qui en ont réellement besoin. Quant à la réforme de la TVA, elle devrait améliorer la neutralité de l’impôt, encoura- ger la transition vers l’économie formelle et élargir l’assiette de l’impôt. Toutefois, pour le Fonds, même si la réduction progressive du déficit budgétaire au cours des trois prochaines années semble convenable, il est possible d’as- surer, voire d’accélérer le rééqui- librage des finances publiques à moyen terme. Pour cela, «il sera nécessaire de poursuivre
ans le cadre des consultations de 2024 au titre de l’article IV, une équipe du Fonds monétaire inter- national (FMI), dirigée par Roberto Cardarelli, a mené des entretiens avec les autorités marocaines du 31 janvier au 15 février à Rabat. À l’issue de la mission, les équipes du FMI sont ressorties avec plu- sieurs conclusions sur l’état de santé de l’économie nationale. Tout d’abord, au niveau macro- économique, «la croissance éco- nomique s’est renforcée en 2023 grâce à la reprise de la demande intérieure et au dynamisme des exportations. Elle devrait aug- menter progressivement pour atteindre environ 3,5% à moyen terme, stimulée par une hausse des investissements. Le rebond de la demande intérieure devrait progressivement augmenter le
déficit du compte courant de la balance des paiements, qui devrait s'approcher de 3% du PIB, tandis que l’inflation devrait continuer de baisser au fur et à mesure que les pressions sur les prix des produits de base et des denrées alimentaires s’estompe- ront» , explique le chef de mission, R. Cardarelli. Pour lui, l’orientation actuelle de la politique monétaire est appro- priée, compte tenu de la baisse de l’inflation, et tout changement ultérieur de cette orientation devrait s’appuyer sur les don- nées. Alors que l’inflation conti- nue de baisser, Bank Al-Maghrib devrait reprendre sa transition vers un régime de ciblage d’infla- tion. Les services du FMI ont égale- ment salué la détermination des
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