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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 22 FÉVRIER 2024
ECONOMIE
du quotidien économique des entreprises. Les efforts péda- gogiques vont désormais se multiplier pour permettre aux opérateurs de mieux en com- prendre le fonctionnement, avec notamment des textes d’interprétation des lois qu’il commencera à publier sur son site web. La méthode Rahhou, basée sur la péda- gogie et la recherche d’une solution rapide aux dysfonc- tionnements, couplée à un cadre législatif désormais complet, font du Conseil de la concurrence marocain le cas le plus avancé dans le monde arabe en matière de jurisprudence. ◆
Le Conseil de la concurrence propose systématiquement aux opérateurs de privilégier les règlements à l’amiable.
les opérateurs de manière indue. Si prises individuelle- ment ces opérations repré- sentent de faibles montants, il n’en demeure pas moins que ce sont 400 à 500 MDH qui passent de la poche des opé- rateurs à celle du consomma- teur. C’est du pouvoir d’achat en plus pour l’économie. Le Conseil de la concur- rence est passé d’une ins- titution totalement ignorée par les acteurs du marché à un acteur non négligeable
Notre objectif est que les dysfonctionne- ments cessent et que la loi soit interprétée selon notre lecture.
Un jury de haut niveau pour le prix de la recherche du Conseil de la concurrence
teur et le pouvoir d'achat. Nouveauté avec Rahhou : procéder avec des avis en espérant que les opérateurs changent de comportements, avant d’aller plus loin et enclencher des procédures. C’est ce qui a été fait notam- ment avec les assureurs et la santé privée. Des secteurs dont les représentants ont, depuis, affirmé publiquement avoir pris acte des conclusions du Conseil de la concurrence. Là aussi, Ahmed Rahhou sou- haite accélérer la cadence en passant d’un rythme moyen de 2 à 3 avis par an à 6. Le président du Conseil a révélé quelques secteurs prioritaires. Il s'agit du sec- teur des fruits et légumes, le fonctionnement des marchés de gros, le secteur des maté- riaux de construction du fait de son impact sur l'écono-
mie, la distribution agroali- mentaire, ou encore l'aliment de bétail et le secteur du pain, notamment le fonction- nement des minoteries. L’autre secteur clé que le Conseil souhaite adresser, est celui de la production de l'électricité. Le Conseil de la concur- rence, qui n'intervient pas dans le choix des politiques publiques et ne fait pas de recommandations à ce sujet, se concentre dans ses mis- sions sur les agissements des entreprises, rappelle Rahhou. Depuis quelques mois, et avec l'entrée en vigueur du nouveau cadre législatif, le Conseil a multiplié les déci- sions inédites. Outre celles citées plus haut, il est inter- venu récemment pour la sup- pression des frais de paie- ment en ligne qu'encaissaient
Cette rencontre a été également l’occasion de décerner le «Prix de la recherche du Conseil de la concurrence» aux lauréats dont les travaux ont été retenus, suite au concours lancé par le Conseil en juillet 2023, pour l’attribution d’un Prix de la recherche destiné à récompenser des thèses de Doctorat et des mémoires de Master en économie, gestion et droit de la concurrence. Le jury, composé d’imminents universitaires et spécialistes des questions de la concurrence, a multiplié les réunions pour décortiquer les projets et les analyser individuellement. Au bout de plusieurs mois de travail acharné, les travaux universitaires ont pu être départagés et notés. Dans ce cadre, le 1 er prix a été décerné à Achour Hafsa pour sa thèse de doctorat qui a porté sur «La sanction négociée en droit de la concurrence : modèle des procédures négociées», le 2 ème prix a été attribué à Misry Safae pour sa thèse de doctorat sur «La contribution à l’analyse des fluctuations des prix du carburant au Maroc : investigations empiriques à l’aide de modèle NARDL», le 3 ème prix a été remporté par Ouziki Oumaima pour son mémoire de Master relatif à «La protection du consommateur à la lumière du droit de la concurrence».
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