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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 22 FÉVRIER 2024
ECONOMIE
tion «ont abouti à l’élaboration du Programme national prioritaire de l’Eau 2022-2027». Un bilan à nuancer Dès lors, il faut opposer le récit quelque peu triomphant des réalisa- tions du gouvernement Akhannouch à la réalité économique et sociale actuelle du Maroc. L’on se rend compte ainsi, que le tableau est bien plus nuancé que cela. D’ailleurs, le chef du gouvernement l’admet subtilement, du bout des lèvres. Selon lui, le contexte actuel impose à toutes les parties de poursuivre la mise en œuvre des projets de réforme avec la même efficience volontaire et de faire face aux pro- blèmes complexes, tels que la ges- tion de la pénurie de l'eau et la créa- tion de davantage d'opportunités d'emploi au profit des jeunes maro- cains... Le mot est lâché : l’emploi. Ou disons plutôt le chômage massif des jeunes. L'une des promesses phares d'Akhannouch était la création de 200.000 emplois par an, soit un million d'emplois sur cinq ans. Cependant, les derniers chiffres relatifs au marché du travail révèlent une réalité bien différente. Le taux de chômage a grimpé à 13% en 2023, avec une augmenta- tion nette de 138.000 chômeurs en un an seulement. Les jeunes sont particulièrement touchés, avec un taux de chômage atteignant 35,8% parmi les 15-24 ans. Ce n’est cependant pas faute d’ini- tiatives, car le gouvernement peut toujours se targuer d’avoir lancé les programmes Awrach et Forsa. Il peut aussi revendiquer les mon- tants importants mobilisés pour l’investissement : le 25 janvier der- nier, Mohcine Jazouli, ministre de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques, faisait état de 166 projets d'investissement d'un montant de 218 Mds de DH approuvés depuis octobre 2021 par la Commission nationale des investissements, dont 77% d’investissements portés par des entreprises marocaines. Ces projets, qui concernent 16 secteurs et branches d'activités, devraient permettre la création de 110.500 emplois. Sauf que malgré ces investissements conséquents et les
programmes lancés, le gouverne- ment Akhannouch n'arrive pas à créer des emplois. Et ce, dans un contexte marqué par une crois- sance économique irrégulière et relativement faible, tirée essentiel- lement par un secteur agricole mal- mené par des années successives de sécheresse. L’emploi n’est pas le seul rendez- vous manqué du gouvernement actuel. Il y a également une autre
promesse non tenue : la réforme des retraites, une autre priorité pour le Maroc, qui a été reléguée aux calendes grecques. Malgré l’engagement de boucler ce dos- sier en septembre dernier, il semble avoir disparu de l'agenda politique. On n’en parle plus. Il parait donc, au regard du bilan à mi-mandat du gouvernement, que la politique devient un jeu de miroirs où l'image projetée par les leaders
politiques ne reflète pas toujours la vérité du vécu quotidien... et celle des chiffres. Peut-être est-il temps de faire l’économie des discours triomphants pour se concentrer sur de réelles actions transforma- tives, où les résultats parlent d'eux- mêmes et où les promesses ne restent pas lettre morte. Qui disait que l'équipe gouvernementale a pour philosophie de «travailler plus et de parler moins» (sic !) ? ◆
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