FNH N° 1222

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 JANVIER 2026

Nous demandons la non-application de cette mesure en l’état et l’ouverture d’une concertation approfondie avec l’ensemble des acteurs.

nismes d’indemnisation et des dispositifs d’accompagne- ment, y compris en matière de reconversion industrielle. Mais nous pensons sincèrement qu’il est encore temps d’éviter un affaiblissement durable du tissu industriel des provinces du Sud, en contradiction avec les orientations royales appe- lant au développement et à la valorisation des produits de la mer dans ces régions. ◆

de la sardine congelée, sou- vent parce qu’elles disposent déjà de leurs propres unités. Pour les autres, les adapta- tions techniques sont lourdes et coûteuses. Les volumes, la qualité requise, la logistique et les conditions commerciales ne sont pas stabilisés. Dès les premières réunions tech- niques, des blocages sont apparus. Miser sur ce débou- ché unique est extrêmement risqué. Vous parlez d’un risque systémique pour la filière… F. N. H. : H. S. E. I. : La congélation ne doit plus être considérée comme une variable d’ajus- tement. C’est un pilier à part entière de l’équilibre halieu- tique national. La disparition ou l’affaiblissement durable de ce segment priverait l’amont d’un débouché structurant et concentrerait artificiellement l’offre sur un seul segment industriel, déjà confronté à des limites de valorisation commerciale. F. N. H. : Justement, la conserve marocaine est- elle suffisamment valori- sée ? H. S. E. I. : Historiquement, non. Jusqu’en 2024, les conserves marocaines se ven- daient parfois à des prix repré- sentant à peine le tiers de ceux pratiqués par les conserve- ries européennes. Concentrer davantage l’offre sur ce seg- ment ne ferait qu’accentuer la pression sur les prix et la création de valeur. À l’inverse, la congélation génère une valeur ajoutée nette impor- tante et dépend beaucoup moins d’intrants importés, ce qui est positif pour la balance commerciale. F. N. H. : Que demande concrètement la FENIP aujourd’hui ? H. S. E. I. : Nous demandons la non-application de cette mesure en l’état et l’ouver- ture d’une concertation appro-

fondie avec l’ensemble des acteurs : armateurs, marins pêcheurs, mareyeurs, conser- veurs et congélateurs. La pres- sion sur la ressource concerne toute la filière. Elle ne peut être traitée efficacement en ciblant un seul maillon.

F. N. H. : Et si la mesure était maintenue ? H. S. E. I. : Dans ce cas, il appartiendrait aux départe- ments à l’initiative de cette décision d’assumer plei- nement les conséquences, notamment par des méca-

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