HIGH-TECH
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 JANVIER 2026
CES 2026 La tech passe en mode réel
Le prochain CES est prévu du 6 au 9 janvier 2027 à Las Vegas.
À Las Vegas, le Consumer Electronics Show (CES) 2026 a acté un changement de cycle pour l’industrie technologique. Moins focalisé sur les démonstrations spectaculaires, le salon a surtout mis en avant des solutions prêtes à être déployées, où l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et les logiciels de mobilité s’installent directement dans les chaînes de production, les services et les infrastructures.
sentées ne sont plus des proto- types isolés, mais des plateformes pensées pour des marchés précis : formation technique sur machines industrielles, assistance à distance pour les services de terrain, et expé- riences collaboratives immersives dans l’éducation. À ce stade, la RA cesse d’être un gadget visuel et devient un levier d’efficacité opé- rationnelle, réduisant les erreurs humaines et accélérant l’appren- tissage dans des environnements complexes. Sur le front de la mobilité, la donne a changé. Plutôt que de focaliser sur des véhicules autonomes entiè- rement sans conducteur, les inno- vations ont mis l’accent sur les logi- ciels de gestion de flotte et les sys- tèmes de sécurité active, des tech- nologies qui peuvent être déployées aujourd’hui à grande échelle. Cela traduit une prise de conscience : l’avenir de la mobilité ne se résume pas à la voiture autonome de demain, mais à la transformation intelligente des transports existants, avec des gains mesurables en sécu- rité, en consommation d’énergie et en fluidité des réseaux. Le CES 2026 a aussi été, pour la première fois de manière aussi nette, un lieu où s’est imposée la conver- sation sur le rôle de la régulation et de l’éthique technologique comme facteur stratégique. Les fabricants de technologies puissantes ne pré- sentent plus seulement des innova- tions, mais des cadres d’usage, des engagements de transparence algo- rithmique et des stratégies de pro-
tection des données personnelles. Cette fusion entre innovation et res- ponsabilité institutionnelle n’est pas une contrainte, c’est un critère de compétitivité qui va façonner les choix d’investissement et d’adoption cette année. Enfin, ce salon a remis au centre du jeu l’idée même de valeur ajou- tée mesurable. Les innovations les plus applaudies n’étaient pas celles qui proposaient des prouesses techniques isolées, mais celles qui démontraient un impact clair sur des métriques économiques : réduction des coûts, accélération des cycles de production, augmentation de l’engagement client, ou création de nouvelles sources de revenus. Cela change la donne pour 2026 : l’innovation ne se vend plus sur la promesse future, mais sur la capa- cité à transformer des industries aujourd’hui. En 2026, la tech ne cherche plus à épater, elle cherche à s’imposer. Le CES l’a montré sans détour : l’intel- ligence artificielle devient un socle industriel, la réalité augmentée s’ins- talle dans les ateliers, les hôpitaux et les centres de formation, la mobilité avance par la donnée et les logiciels plutôt que par des prototypes futu- ristes, et la régulation s’invite désor- mais dans la stratégie des groupes technologiques. Le message est clair : l’innovation se juge désormais à son utilité, à sa rentabilité et à sa capacité à passer à l’échelle. Ce n’est plus une vitrine d’objets, c’est un tableau de bord de l’économie numérique mondiale. ◆
Par K. A. D
ès l’ouverture du CES 2026 à Las Vegas, il est devenu évident que cette édition n’était pas juste une exposition de prototypes futuristes, mais le point de bascule vers une nouvelle ère industrielle et numé- rique. Les innovations présentées ne cherchent plus à impressionner pour impressionner, elles visent à redes- siner les chaînes de valeur, réor- ganiser les modèles économiques et fixer les standards de l’année. L’intelligence artificielle, omnipré- sente mais désormais contextua- lisée, est sortie de la sphère des concepts pour devenir le moteur d’intégration technologique de tous les secteurs. Ce qui a marqué d’emblée, c’est la manière dont l’intelligence artificielle s’est infiltrée dans des usages quoti- diens jusque-là perçus comme «non- tech». On ne parle plus simplement d’algorithmes capables de générer du texte ou des images, mais de systèmes qui anticipent les besoins des utilisateurs, réorganisent la ges- tion d’énergie dans les bâtiments, optimisent les chaînes logistiques en temps réel et personnalisent les par- cours de soins dans la santé connec-
tée. Cette IA proactive, orientée vers l’efficacité opérationnelle, est peut- être la principale rupture de 2026 : elle n’est plus un simple outil, mais une infrastructure invisible qui struc- ture les interactions entre humains, machines et données. Dans les démonstrations, les assis- tants intelligents ont franchi un seuil stratégique. Ils ne se contentent plus d’exécuter des commandes vocales; ils orchestrent des éco- systèmes complets, capables de prendre des décisions autonomes dans des environnements multi- appareils, qu’il s’agisse de smart homes, de véhicules connectés ou de services financiers personnali- sés. Cette intégration horizontale -où une seule interface coordonne des briques technologiques hétéro- gènes- annonce une nouvelle topo- logie des plateformes numériques : moins de silos, plus d’interopérabi- lité, et un focus clair sur l’expérience utilisateur contextualisée. La réalité augmentée (RA), long- temps cantonnée aux démonstra- tions scénographiques, a fait une entrée fracassante dans les usages professionnels. Les solutions pré-
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