FNH N° 1222

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 22 JANVIER 2026

Assurances Une série de chantiers désormais en phase d’exécution Au début de l’année 2026, le secteur des assurances est entré dans une phase de concrétisation. Après plusieurs exercices consacrés à la préparation des réformes, aux ajustements techniques et aux consultations avec la place, plusieurs chantiers structurants ont basculé à l’opérationnel.

libres concurrentiels. En dehors de l’automobile, le sec- teur se prépare à un changement de cadre prudentiel avec l’entrée en vigueur prochaine de la Solvabilité basée sur les risques (SBR) pour les comptes de l’exercice 2025. Les différents exercices de tests ont permis de mesurer l’impact du nou- veau modèle sur les fonds propres des entreprises. La transition se traduit par une baisse des ratios de solvabilité par rapport au modèle actuel, tout en maintenant une situation globalement confortable pour le secteur. Le nouveau cadre renforce les exigences en matière de gouvernance, de gestion des risques et de pilotage du capital. En parallèle, l’alignement progres- sif du cadre comptable marocain sur les normes IFRS constitue un chantier technique lourd. Il affecte la reconnaissance des passifs, la présentation des résultats et les systèmes d’information financière. Pour les assureurs, cette évolu- tion nécessite des investissements significatifs et une adaptation des processus internes. Sur le volet social, la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire continue de redéfinir le périmètre d’intervention du secteur. Le bas- culement prévu des assurés rele- vant de l’article 114 vers la CNSS modifie les équilibres entre assu- rance privée, mutuelles et régimes publics. Cette recomposition sou- lève des interrogations sur le rôle futur des complémentaires santé et des structures mutualistes. Enfin, une réflexion est engagée autour de l’éventuelle instauration d’une obligation d’assurance habi- tation. Le sujet s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensifica- tion des risques climatiques et la vulnérabilité du bâti. À ce stade, aucun calendrier ni schéma définitif n’est arrêté, mais le débat traduit une évolution des attentes vis-à-vis du rôle économique et social de l’assurance. L’ensemble de ces chantiers place le secteur dans une phase de transformation simultanée, où les enjeux réglementaires, techniques et sociaux se superposent. Pour les acteurs du marché, l’année 2026 s’annonce comme une année de mise à l’épreuve. ◆

Par Y. Seddik

 Début 2026, plusieurs réformes structurantes du secteur de l’assurance sont sorties du champ réglementaire pour produire leurs premiers effets opérationnels sur le marché.

L

assurance automobile concentre aujourd’hui l’essentiel des chantiers opérationnels. Le Registre national des véhicules assurés (RNVA) est désormais en production. Il per- met une centralisation des données relatives aux contrats automobiles en cours et renforce les capaci- tés de contrôle sur un segment historiquement exposé à la fraude et à la non-assurance. Pour les compagnies, cet outil modifie les pratiques de déclaration, de suivi et de résiliation des contrats, tout en offrant une meilleure visibilité au régulateur. Dans le même périmètre, la dématé- rialisation progressive de l’attesta- tion d’assurance automobile via un code QR est entrée dans une phase d’exploitation réelle. L’objectif est de simplifier les contrôles sur le ter- rain et de réduire les usages fraudu-

leux. Si le support papier demeure encore présent, il tend à perdre son rôle central. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de digitalisation des processus assu- rantiels. Le déploiement du paiement multi- canal des primes d’assurance auto- mobile répond à une logique simi- laire. En diversifiant les moyens de règlement, les assureurs cherchent à améliorer le recouvrement des primes et à limiter les ruptures de couverture, dans un portefeuille automobile structurellement sous pression sur le plan technique. Sur le plan réglementaire, l’un des dossiers les plus sensibles reste l’amendement du Dahir du 2 octobre 1984 relatif aux accidents corporels de la circulation. Ce texte, ancien, ne reflète plus ni l’évolution des montants d’indemnisation ni

les pratiques actuelles de gestion des sinistres corporels. Les travaux portent notamment sur l’actualisa- tion des barèmes, la clarification des règles d’indemnisation et la réduction des délais de règlement. Pour le marché, l’enjeu est majeur, compte tenu du poids croissant des sinistres corporels dans la sinistra- lité automobile. Dans le même temps, la responsa- bilité civile automobile fait l’objet d’une révision des critères de tarifi- cation. Le modèle actuel, largement mutualisé, montre ses limites face à l’augmentation de la fréquence et du coût des sinistres. Les nou- veaux critères visent une approche plus différenciée du risque, sans remettre en cause le caractère obli- gatoire de la couverture. Cette évo- lution devrait peser sur la structure tarifaire du marché et sur les équi-

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