FNH N° 1073

16

ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 21 JUILLET 2022

www.fnh.ma

Charte d'investissement

Economie industrielle et IDE : à revoir... P ar-delà la présente conjonc- ture - incendies dans le Nord, finale de l'équipe marocaine dans le cham- pionnat africain, loi-cadre Par Mustapha SEHIMI Professeur de droit, Politologue

de la santé, nominations Royales,... -, il faut aussi mentionner ce que l’on pourrait appeler le dur : l'emploi, la croissance, la relance économique et tout ce qui regarde le social. Et au cœur de tous ces domaines ? L’investissement : celui de l'Etat bien sûr, mais aussi celui du secteur privé et en particulier de l'étranger - les IDE. Les chiffres disponibles à la fin mai de cette année sont encourageants. Selon l'Office des changes, ces IDE se sont élevés à 7,7 milliards de DH (+ 2 %). En 2021, ils ont été de l'ordre de 2,2 milliards de dollars. A un pre- mier niveau d'analyse, c'est significa- tif donc. Mais à un autre niveau, une réponse plus nuancée doit être mise en avant : ce flux global ne génère pas les effets escomptés. Ahmed Lahlimi Alami, responsable du HCP, vient de le rappeler de nouveau lors de sa pré- sentation des prévisions 2022-2023, voici quelques jours à peine. Il a ainsi souligné que le Maroc avait l'un des taux d'investissement les plus élevés dans le monde - avec 30% -, mais que la croissance ne suivait pas.

Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie, ne cessant de le marteler... Alors ? Revoir et mettre au net la poli- tique publique de promotion de l'IDE : voilà, entre autres, une priorité. C'est au carrefour de l'économie indus- trielle et de l'économie internationale. Cela implique l'Etat par suite des limites, voire des insuffisances des institutions économiques existantes et de celles aussi des marchés. Pour certains économistes, les IDE n'en- trainent un impact optimal dans le pays d'accueil que si certaines condi- tions sont réunies. C'est dire que l'autosatisfaction officielle limitée au seul chiffrage des IDE n'est pas suf- fisante : elle serait même réductrice. Référence est faite à une première condition : les firmes multinationales (FMN) ne doivent pas entraver le développement des firmes locales. Une autre intéresse le souci de ne pas entraver ni accaparer leur part de marché. Elles doivent en effet pou- voir bénéficier des externalités des IDE. Le programme Renault à Tanger témoigne de la réussite embléma- tique de tout un écosystème envi-

ronnant. D'autres participent de cette même approche. Mais il y a tout le reste qui infirme ce modèle... Ce qui pose le problème des gains de pro- ductivité à faire par les entreprises domestiques. Il s'agit de ce que l'on appelle les effets d'efficience «lear- ning by doing». Enfin, cette dernière condition n'est sans doute pas la moins importante : l'intéressement des bénéfices - certains parlent de «rentes» - tant avec les fournisseurs qu'avec le personnel local. Un potentiel d’attractivité La perspective à long terme est celle- ci : sur ces bases-là, il importe d'élar- gir et de renforcer l'attractivité du Maroc pour les IDE. Plus encore : asseoir et consolider la capacité à attirer et aussi à fixer durablement les investissements étrangers. Toute une économie industrielle est ainsi à prioriser pour arriver à retenir des activités à contenu élevé en main- d’œuvre qualifiée-, très qualifiée même. Un potentiel qui s'articule sur des mesures : promotion de l'image Maroc, renforcement des atouts

Toute une économie industrielle est ainsi à

prioriser pour arriver à rete- nir des activi- tés à contenu élevé en main- d’œuvre qualifiée.

Investissements .. ., mais faible croissance

Faut-il donc se borner à faire ce contact annuel de manière récurrente ? Un autre paradigme est-il envisageable et réalisable ? Une problématique qui englobe tant le secteur privé local qu'étranger. Contrairement à une idée reçue qui persiste encore, ici et là, c'est le régime de l'investissement qui est en cause, la législation marocaine ne faisant pas - ou plus ? - de diffé- rence entre le premier et le second,

Made with FlippingBook flipbook maker