BOURSE & FINANCES
13
FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 FÉVRIER 2026
dans le système.
sa transformation vers la formalité. Il s’agit ainsi de repenser l’impôt non comme une sanction, mais comme une contribution équitable et graduelle à un projet collectif partagé. Dans un contexte mar- qué par des besoins budgétaires croissants et une exigence accrue de justice sociale, mieux intégrer apparaît aujourd’hui comme l’op- tion la plus soutenable et la plus durable pour renforcer la cohésion économique et sociale. ◆
Ce que nous apprend la comparaison internationale L’expérience internationale apporte des enseignements précieux sur la manière de lutter efficacement contre l’informalité. Plusieurs pays confrontés à une économie informelle importante ont choisi d’adopter des approches prag- matiques et incitatives. Dans de nombreux pays d’Amérique latine, la mise en place de régimes fis- caux simplifiés a permis d’intégrer progressivement les micro-entre- preneurs dans le secteur formel. Ces dispositifs reposent sur des taux d’imposition faibles, généra- lement compris entre 1% et 5% du chiffre d’affaires, des démarches administratives allégées et un lien direct avec l’accès à la protection sociale. Dans certains cas, ces politiques ont permis d’augmen- ter de plus de 20% le nombre de contribuables formels en quelques années, sans alourdir la pression fiscale globale. Intégrer mieux plutôt que taxer plus Au Maroc, la question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non taxer l’économie informelle, mais plu- tôt comment le faire efficacement. Une stratégie pertinente repose avant tout sur une approche d’in- tégration progressive, fondée sur trois piliers essentiels. D’abord, la progressivité, en adaptant la fisca- lité au niveau réel des revenus afin de ne pas fragiliser les plus petites activités. Ensuite, la simplicité, en réduisant les coûts administratifs et les contraintes de conformité qui constituent aujourd’hui un frein majeur à l’entrée dans le secteur formel. Enfin, des contreparties visibles et concrètes, telles que l’accès à la protection sociale, au financement et à une reconnais- sance juridique. Selon les analyses du haut-commissariat au Plan et de la Direction générale des impôts, une meilleure intégration de l’économie informelle pourrait, à terme, générer plusieurs points de recettes fiscales supplémen- taires, sans accroître la pression fiscale sur les contribuables déjà en règle.
La lutte contre l’informalité ne peut être pleinement efficace sans l’instauration d’un nouveau pacte fiscal.
la confiance que sur la contrainte. Intégrer l’économie informelle, c’est avant tout reconnaître son rôle économique et social, tout en accompagnant progressivement
Vers un nouveau pacte fiscal La lutte contre l’informalité ne peut être pleinement efficace sans l’instauration d’un nouveau pacte fiscal, fondé davantage sur
POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker