ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 FÉVRIER 2026
Conseil de la concurrence Les contours d’une régulation plus affirmée A l’occasion de sa rencontre annuelle avec les médias, le Conseil de la concurrence a exposé les grandes lignes de son action et de sa méthode. Objectif : renforcer la régulation, éclairer les politiques publiques et accompagner les transformations de l’économie marocaine.
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Par Ibtissam Z.
a cinquième édition de la ren- contre annuelle du Conseil de la concurrence avec les médias s’est tenue mardi 3 février à Rabat. Cette matinée d’échanges visait à renforcer le dialogue avec les médias, partenaires impor- tants dans la diffusion de l’infor- mation économique et la sensi- bilisation du public au droit de la concurrence. Pour Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, ce rendez-vous constitue un moment important pour faire le point sur l’activité de l’institution. «Cette rencontre est parmi celles qui nous tiennent vraiment à cœur, une occasion de faire un premier bilan de l’année écou- lée, de présenter quelques statis- tiques et d’expliquer la direction que prend le Conseil. Elle per- met également d’exposer notre méthode de travail et de poser progressivement les bases d’une doctrine de la concurrence au Maroc. Ce cadre d’échange offre aux médias une grille de lecture
Près de 190 dossiers de concen- tration ont ainsi été traités, mal- gré le relèvement des seuils de déclaration. «Ce chiffre témoigne d’un dynamisme économique réel au Maroc. Ces opérations concernent aussi bien les entre- prises publiques que privées. Le Conseil applique une neutralité concurrentielle totale, indépen- damment du capital, qu’il soit public ou privé, marocain ou étranger. La majorité de ces opé- rations a donné lieu à des déci- sions favorables, parfois assorties de restrictions, notamment dans des secteurs fortement concen- trés» , précise le président du Conseil. Qui Insiste toutefois sur la maîtrise des délais de traite- ment, rendus possibles grâce à l’introduction du dispositif «Fast- Track». En effet, la procédure du circuit rapide prévue par la loi permet d’accélérer l’instruction des dossiers lorsque les enjeux économiques l’exigent. Un rôle d’arbitre de plus en plus reconnu Un accent particulier a été mis sur le volet contentieux, deve- nu un pilier central de l’action du Conseil. Rahhou a fait état de l’ouverture de 16 dossiers contentieux, une progression qu’il attribue à une meilleure connais- sance, par les acteurs écono-
des décisions du Conseil afin de mieux comprendre et relayer nos choix», a-t-il précisé. Sur les leviers d’action du Conseil, Rahhou a rappelé que son intervention ne se limite pas aux dossiers qui lui sont direc- tement soumis. «La loi nous donne aussi la possibilité de rendre des avis à la demande du Parlement, d’organismes publics ou d’acteurs privés du secteur productif. Nous pouvons égale- ment nous auto-saisir sur certains sujets, ce qui explique pourquoi certains thèmes sont traités plu- tôt que d’autres. Le choix des thématiques abordées dans les avis repose notamment sur leur impact sur le pouvoir d’achat des citoyens et sur l’intérêt général, faisant des avis un instrument central de régulation et d’orien- tation des politiques publiques », explique-t-il. Cette diversité d’intervention jus- tifie la montée en charge progres- sive de l’activité du Conseil, par- ticulièrement marquée en 2025. «Depuis 2019, lorsque la loi a renforcé nos prérogatives déci- sionnelles, le travail du Conseil a connu une accélération signifi- cative. L’année 2025 a été parti- culièrement importante, notam- ment en matière d’opérations de concentration économique», a-t-il ajouté.
miques, des missions du Conseil et des mécanismes de recours prévus par la loi. Cette évolution traduit la recon- naissance croissante du Conseil comme arbitre légitime de la concurrence. S’il privilégie, lorsque cela est possible, des solutions amiables, le Conseil n’hésite pas à recourir aux sanc- tions en cas de non-coopération. La validation de ses décisions par les juridictions contribue, selon le président du Conseil, à renfor- cer la crédibilité de l’institution et à consolider une jurisprudence nationale en matière de concur- rence, chaque contentieux per- mettant de tirer des enseigne- ments et de formuler des orienta- tions générales pour l’ensemble des secteurs concernés. Cette rencontre a également été l’occasion de débattre d’une thé- matique d’actualité majeure, à savoir «Les marchés numériques: entre innovation, concurrence et responsabilité médiatique». Intervenant à cette occasion, Cristina Camacho, experte en droit et économie de la concur- rence à l’Autorité de la concur-
Lors de sa 5 ème rencontre annuelle avec les médias, le Conseil de la concurrence a mis en avant son rôle d’arbitre et de régulateur face aux nouveaux défis des marchés numériques et à l’influence croissante des plateformes et de l’IA.
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