FNH N° 1224

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 FÉVRIER 2026

nistratif». L’objectif est clair : unifier la chaîne de décision, harmoniser les visions et mettre fin aux diver- gences d’interprétation qui freinent aujourd’hui aussi bien les projets publics que privés. Vers un interlocuteur régional unique L’un des apports majeurs du texte réside dans le rôle explicitement confié aux agences en matière d’accompagnement de l’investis- sement. Le projet de loi leur attri- bue des missions d’assistance, de coordination et d’expertise au service des projets économiques, en lien avec les documents d’urba- nisme et les stratégies territoriales. Dans son intervention au Parlement, Adib Benbrahim a souligné que ces agences devront renforcer leur rôle «dans l’accompagnement des investissements» , afin de mieux articuler urbanisme, habitat et dynamiques économiques. «Pour un investisseur, l’urbanisme n’est pas un simple cadre régle- mentaire, c’est un facteur de risque ou de sécurité» , analyse l’urbaniste. «Si l’agence joue réellement son rôle d’anticipation et de conseil en amont, elle peut réduire considé- rablement les délais et éviter des blocages coûteux», ajoute-t-il. Cette orientation répond à une attente forte des opérateurs éco- nomiques, confrontés depuis des années à des délais d’instruction longs et à une multiplication des validations administratives. Rééquilibrer le développement territorial Le texte ne se limite pas aux grands centres urbains. Il confie également aux agences régionales un rôle actif dans le développement du monde rural, la lutte contre l’habi- tat insalubre et l’amélioration de l’accès au logement. Le secrétaire d’État a insisté sur la nécessité de garantir une approche territoriale intégrée, capable de prendre en compte les spécificités locales tout en assurant la cohé- rence nationale. Les agences sont ainsi appelées à contribuer direc- tement à la mise en œuvre des politiques publiques de l’habitat et de l’aménagement, au plus près des territoires. «Le risque, si l’on ne

 Le système actuel de l’urbanisme et de l’habitat souffre d’une «pléthore d’interve- nants», d’un manque de cohérence régionale et d’une complexité excessive des procédures.

Agences régionales d’urbanisme et d’habitat A quoi vont servir ces nouveaux bras armés de la régionalisation L Adopté récemment par la Chambre des représentants, le projet de loi n°64.23 relatif à la création des Agences régionales d’urbanisme et d’habitat infléchit la manière dont l’État marocain entend piloter l’aménagement du territoire. Derrière cette réforme institutionnelle, c’est un changement de méthode, aux implications économiques et territoriales profondes, qui semble se dessiner. Par R. Mouhcine une logique fragmentée, avec des centres de décision multiples et peu articulés entre eux. La régio- nalisation appelle mécaniquement une refonte des outils de pilotage territorial» , estime-t-il. ’

adoption du projet de loi n°64.23 intervient dans un contexte où la question de la gouvernance terri- toriale s’impose comme l’un des angles morts persistants de l’ac- tion publique. Présentant le texte devant les députés le 20 janvier, le secrétaire d’État chargé de l’Habi- tat, Adib Benbrahim, a insisté sur le fait que cette réforme s’inscrit «dans le droit fil des principes de la régionalisation avancée et de la réforme de l’administration terri- toriale». Pour Youssef El Idrissi, urbaniste et spécialiste des politiques d’amé- nagement, cette évolution était devenue difficilement évitable. «Le système marocain de l’urba- nisme a longtemps fonctionné sur

Le texte prévoit ainsi la création, dans chaque région, d’une Agence régionale d’urbanisme et d’habitat, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Son péri- mètre d’intervention correspond au ressort régional, tout en prévoyant des représentations locales afin de maintenir la proximité avec les usa- gers et les collectivités. «L’un des problèmes majeurs aujourd’hui, c’est la divergence d’interprétation des règles d’urba- nisme d’une province à l’autre, voire d’un service à l’autre», sou- ligne Youssef El Idrissi, précisant qu’«une agence régionale unique permet d’harmoniser les lectures, de sécuriser juridiquement les pro- jets et de réduire l’arbitraire admi-

Mettre fin à un système éclaté et peu lisible Le diagnostic posé par le gou- vernement est sans ambiguïté. Selon Adib Benbrahim, le sys- tème actuel de l’urbanisme et de l’habitat souffre d’une « pléthore d’intervenants », d’un manque de cohérence régionale et d’une com- plexité excessive des procédures. Le projet de loi n°64.23 entend pré- cisément répondre à ces faiblesses structurelles.

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