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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 FÉVRIER 2026
Affaire Epstein
Après moi, le déluge
ex-ambassadeur britannique à Washington. Les documents dévoilés par le ministère américain de la Justice évoquent des conseils fiscaux donnés à Jeffrey Epstein, des flux financiers troublants et des échanges privés embarrassants. Rien n’établit une infraction pénale à ce stade, mais l’embarras politique est total. Mandelson a quitté le Parti travailliste, après avoir été démis de ses fonctions d’ambassadeur britannique aux Etats- Unis. Au Royaume-Uni, la chute est déjà consom- mée pour le prince Andrew, dont le nom reste associé aux accusations les plus graves. Déchu de ses titres, il continue de nier toute implication, tandis que de nouvelles accusations émergent et que son ex-épouse, Sarah Ferguson, se retrouve exposée par des échanges de courriels où se mêlent admiration et sollicitations financières. L’embarras ne s’arrête pas aux frontières britan- niques. En Norvège, la princesse Mette-Marit, future reine, voit son image sévèrement altérée après la publication de centaines d’échanges avec Epstein, postérieurs à sa condamnation de 2008. Elle reconnaît aujourd’hui une erreur de jugement, mais le doute s’est installé dans l’opi- nion, au point que certains s’interrogent ouverte- ment sur sa capacité à monter un jour sur le trône. La France n’est pas épargnée. Jack Lang assume ses relations passées avec Epstein, expliquant avoir fréquenté un mécène cultivé sans avoir connaissance de ses crimes. Les documents révélés vont plus loin, évoquant des discus-
sions financières, une transaction portant sur un bien immobilier à Marrakech et une société offshore liée à sa fille Caroline Lang, laquelle a démissionné de son poste de déléguée géné- rale du Syndicat de la production indépendante (SPI) suite à ces révélations. Là encore, aucune condamnation judiciaire, mais une zone grise qui nourrit interrogations et crée un profond malaise. Face à cette accumulation de noms, une ques- tion centrale s’impose. Jusqu’où la transparence peut-elle aller sans se transformer en injustice collective ? La publication de millions de documents par le United States Department of Justice a été saluée comme une victoire contre l’opacité. Mais elle a aussi provoqué un choc éthique. Des victimes ont vu leurs identités exposées et leurs vies à nouveau bouleversées, au point qu’un juge new- yorkais a été saisi pour examiner leur demande de restreindre l’accès à certains contenus. La ministre de la Justice, Pam Bondi, a reconnu des erreurs et retiré en urgence des milliers de docu- ments sensibles pouvant permettre d’identifier des victimes. Bref, l’affaire Epstein révèle surtout un monde où l’argent, le pouvoir et le sexe s’entrecroisent dangereusement. Epstein n’était pas seulement un criminel sexuel. Il était un homme de réseaux, capable d’ouvrir des portes, de financer et d’im- pressionner. Même mort, il continuer à semer le chaos. ◆ BULLETIN D’ABONNEMENT oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
L a déflagration Epstein n’a rien d’un feuilleton people. Elle avance comme une marée noire. C’est une machine à broyer la réputation. Dans cette affaire, être cité n’est pas être coupable, mais être cité suffit souvent à être sali. Même lorsque rien d’illégal n’est établi, le fait d’avoir eu une proximité ou un simple «contact» avec ce pédocriminel notoire crée la suspicion et fissure la confiance. C’est pourquoi, aujourd’hui, ce qui anime l’opinion publique, c’est de savoir qui savait quoi et qui a fait quoi. Ce qui frappe d’abord, c’est l’ampleur géo- graphique des secousses. Longtemps perçue comme un scandale américain mêlant argent, sexe et pouvoir, l’affaire a désormais un parfum résolument mondial. Par D. William
Aux Etats-Unis, Bill Clinton et Hillary Clinton ont accepté de témoigner devant une commission d’enquête du Congrès. L’ancien président est rat- trapé par ses voyages passés à bord du jet privé d’Epstein et par une proximité qu’il a toujours minimisée. Aucune poursuite judiciaire ne le vise, mais son image est écornée. A Bruxelles, la Commission européenne s’inter- roge publiquement sur le comportement de Peter Mandelson, ancien commissaire européen et
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