BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 FÉVRIER 2026
encore attendre l’aval des direc- tions régionales». «Mais étant donné le désinves- tissement actuel du nombre d’agences construites en dur (Brick and mortar) au niveau national, il semblerait que l’on soit en train de vivre des plans sociaux et des restructurations dans l’ensemble des agences du Royaume», rajoute-t-il. Une proximité insuffisante des agences bancaires couplée à la faible décentralisation du pouvoir de décision en matière d’octroi de financement, freinerait donc l’élan de l’accès au crédit et la couverture plus large des TPME existantes. Une offre d'accompagnement à étoffer pour les TPME Différents programmes ont été mis en place pour accompagner le développement des TPME. C’est le cas du programme Ana Moukawil, qui accompagne les unités informelles, les TPE et les autoentrepreneurs dans leur for- malisation et leur gestion, princi- palement à travers des services en ligne. Il y a aussi le programme Nawat, qui soutient les TPE et autoentrepreneurs en matière de montage de projets et d’encadre- ment technique. Le programme Intelaka a, pour sa part, permis de financer 58.368 projets pour un montant de 39 milliards de dirhams, tandis que Forsa a finan- cé 11.200 projets en 2023. «L’expérience marocaine en matière de garanties publiques doit également être évoquée et saluée, car depuis que le gouver- nement a renforcé le système de garanties de crédits bancaires, nous avons constaté une aug- mentation significative des finan- cements accordés aux TPME, à hauteur de 40 à 45% du total des crédits octroyés à l’ensemble des banques marocaines» , note Doumou. Pour autant, le rapport 2025 du Conseil économique, social et environnemental (CESE) souligne certaines limites structurelles qui entravent l’efficacité des dispo- sitifs et programmes d’appui mis en place. Il mentionne notamment la fragmentation des structures
Une charte pour un écosystème plus
performant dédiée aux TPE a été mise en place.
Crédit - Fonds propres - Dettes d’associés Les équilibres fragiles du financement des TPME L La dette auprès des associés et les fonds propres arrivent en tête des sources de financement de la TPME en 2024, avec des parts respectives de 30,7% et 28,7%. Par J. M. ’
accès au financement est un enjeu majeur pour la pérennité et la compétitivité des entreprises, et plus encore pour les petites structures. Selon les données de l'Observatoire marocain de la TPME (OMTPME), 380.230 entre- prises personnes morales actives (EPMA) ont été enregistrées en 2024, dont 329.242 microentre- prises, 28.247 TPE et 16.951 PE. La répartition des sources de financement des TPE a montré que la dette auprès des asso- ciés vient en tête pour la période allant de 2017 à 2024. Elle aurait représenté 30,7% de leur passif en 2024, en hausse de 0,9 point par rapport à 2023. Vient ensuite le financement par fonds propres avec une part estimée à 28,7%.
Avec un passif du bilan principale- ment composé de fonds propres et de dettes auprès des asso- ciés, la mobilisation du capital demeure un réel enjeu de crois- sance. En effet, bien que moins contraignantes, ces ressources financières présentent des limites du fait de leur faible volume et de leur durée limitée dans le temps. Parallèlement, les données de l’Observatoire présentent un encours de crédit bancaire octroyé aux EPMA réparti à 15,7% pour la microentreprise, 4,3% pour la TPE, 10,8% pour la PE et 10,4% pour la ME en 2024, soit un total de 41,2%. Les grandes entreprises concentrent la part la plus importante avec un taux de 58,8%.
La répartition géographique de l’encours du crédit octroyé montre, pour sa part, que les entreprises opérant dans la région de Casablanca-Settat, représentant 38,7% de l’effec- tif total des entreprises étudiées, ont bénéficié en 2024 de 60,2% de l’encours total des crédits alloués. Celles situées dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, représentant 14,8% de cet effec- tif, ont bénéficié quant à elles de 20,6% de cet encours contre 19% en 2023. Selon l’économiste Khalid Doumou, «le financement bancaire de la TPME marocaine est insuffisamment décentralisé, ce qui alourdit les délais de prise de décision lorsque les dossiers retenus au niveau local doivent
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