BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 5 FÉVRIER 2026
de demande de financement, accompagnement durant tout le cycle de vie, y compris la phase pré-création, et financement des besoins de fonctionnement et d’investissement sera proposée pour la très petite entreprise. L’offre de garantie, quant à elle, sera étoffée par Tamwilcom qui s’engage à mettre à la disposition des établissements de crédit et des IMF une offre diversifiée et adaptée aux besoins de finance- ment des TPE, tout en fluidifiant davantage son utilisation. Un scoring national du crédit dédié à ce segment sera mis en place dès début 2026. L’ensemble de ces engagements seront suivis et évalués par un comité TPE institué par la charte. Ce comi- té aura la charge d’assurer la coordination entre les différentes parties prenantes et de produire un reporting régulier des réalisa- tions. ◆
concernées et la priorité donnée à la création plutôt qu’au suivi post-création. De plus, l’accès au financement peut s’avérer inégal, en raison de critères d’éligibilité restrictifs et d’un taux de rejet élevé des dossiers, en particulier pour les auto-entrepreneurs, les artisans et les microentreprises. Les établissements de crédit auraient également tendance à concentrer les services spé- cialisés au niveau des grandes entreprises, avec notamment des conseils d’experts, négligeant ainsi le rôle crucial que peut avoir cette offre pour les TPME. «Vous avez sûrement entendu parler de la clientèle grands comptes qui reçoit tous les égards, et une large panoplie de services et de conseils d’experts desti- nés à maximiser les processus de croissance interne ou externe des grands groupes marocains, au travers de banques d’affaires
spécialisées dans les études de marchés et la prospective. Par contre, la PME marocaine navigue souvent à vue, et ne bénéficie pas de suffisamment d’insights pour faire de bons choix opérationnels ou stratégiques à moyen et long terme», explique Doumou. Toutefois, la poursuite du chantier d’accompagnement et d’amélio- ration du tissu productif national a franchi une nouvelle étape tout récemment, avec la charte rela- tive au financement et à l’accom- pagnement des TPE qui donne ainsi le ton pour l’instauration d'un écosystème mieux pensé. Elle a été signée en décembre dernier entre le ministère de l’Economie et des Finances, le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques, Bank Al-Maghrib, Tamwilcom, Maroc PME, le Groupement profes- sionnel des banques du Maroc
Selon le CESE, l’accès au financement peut s’avérer inégal, en raison de critères d’éligibilité restrictifs et d’un taux de rejet élevé des dossiers, en particulier pour les auto-entrepreneurs, les artisans et les microentreprises.
GPBM), la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), la Confédération géné- rale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Fondation maro- caine pour l’éducation financière (FMEF). Cette charte prévoit des efforts concrets des banques, des ins- titutions de microfinance et Tamwilcom pour renforcer l’offre de crédit et de garantie adaptée aux besoins spécifiques de la TPE. Une approche intégrée com- binant digitalisation du parcours
Les recommandations de l’économiste Khalid Doumou
Pour répondre aux allégations sou- vent mentionnées de mauvaise foi de certains emprunteurs malintention- nés, Doumou préconise que «le suivi des dossiers qualifiés par un système d’octroi de crédits à taux préférentiels et d’un d’accompagnement entrepre- neurial structuré sur le moyen terme, soit adossé à un système de sanctions, en cas de fraude ou de manquement flagrant aux responsabilités contrac- tuelles des emprunteurs. Aussi, il faudrait créer plus de banques de proximité capables d’évaluer la soli- dité financière des TPME en demande
de financement de croissance interne, grâce à des mécanismes de prises de décision au niveau local, car les banques virtuelles de dernière généra- tion sont moins bien armées que les banques traditionnelles en matière d’analyse des demandes de crédit et d’évaluation des risques encourus par les organismes prêteurs. Il est également très important de pouvoir s’adresser à des conseillers bancaires aguerris et perspicaces. D’autre part, pour que les TPME puissent surperformer au niveau infra- national (régions, préfectures, provinces et communes), il faut que celles- ci puissent disposer de mécanismes de financement et de taxation sur-mesure, au moins pendant le délai de démarrage réel de l’activité de l’entreprise. Les PME prometteuses trouvent les moyens de se financer par le biais de levées de fonds, mais beaucoup de PME familiales ne dis- posent pas de l’expertise financière nécessaire à leur mise à l’échelle, par des montées en charge, en gamme et en cadence. Par ailleurs, il existe une forme de financement qui intéresse de nom- breuses entreprises : le debt investing ou financement de la dette, qui per- met de retourner la situation d’entreprises en difficulté mais continuant d’exercer dans un environnement concurrentiel favorable. Enfin, les entreprises clientes des banques doivent faire jouer la concur- rence bancaire pour pouvoir bénéficier des meilleurs taux du marché».
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