FNH N° 1024 ok (1)

20

BOURSE & FINANCES

FINANCES NEWS HEBDO

VENDREDI 28 MAI 2021

www.fnh.ma

Banques

◆ Dans un rapport de recherche, l’équipe de CDG Capital analyse les principales tendances qui devraient marquer l’année en cours. Revue. Les tendances de fond qui marqueront 2021 A près une année mar- quée par la crise sanitaire, le secteur bancaire reprend ses marques en ce début Par Y. Seddik

trise des coûts. Par ailleurs, suite à une baisse plus impor- tante du PNB comparativement à celles des charges, le coeffi- cient d’exploitation a connu une légère détérioration, passant de 48,5% en 2019 à 49,2% en 2020. «Nous soulignons que la contri- bution des banques au fonds covid-19 a été comptabilisée dans les charges non courantes au niveau des comptes sociaux. Nous pensons que les banques continueront à optimiser leurs coûts en ces temps de crise, ce qui devrait contribuer à une bonne tenue du résultat brut d’exploitation en 2021» , précise- t-on.

Hausse de la marge d’intérêt Les baisses du taux directeur ont entraîné une légère pression sur les taux débiteurs. En effet, la Banque centrale a réduit le taux directeur de 75 pb, passant de 2,25% à 1,5% à fin 2020. Il s’en est suivi une diminution de 50 pb du taux débiteur global. La recherche juge toutefois que cette baisse ne reflète pas entiè- rement la diminution du taux directeur, ce qui pourrait s’expli- quer à notre sens par l’augmen- tation de la prime de risque suite à la montée des créances en souffrance. «Par ailleurs, nous pensons que la mise en place du dispositif des prêts garantis à taux fixe à 3,5%, a probablement atténué cette appréciation de la prime de risque. Dans ce contexte, suite à la tendance haussière de la prime de risque combinée au ralentissement potentiel de la distribution des crédits Relance qui ont bénéficié d’un taux bas, nous tablons sur une légère hausse des taux débiteurs en 2021», notent-ils. Dans l’ensemble, ils estiment que la marge d’intermédiation du secteur devrait se stabiliser, voire augmenter en 2021. «Nous nous attendions à ce que le coût moyen des ressources demeure relativement stable, alors que nous tablons sur une légère hausse, voire une stabilité du taux de rendement moyen des financements» , concluent-ils. Au final, suite à la lecture des différentes lignes directrices du secteur, les banques maro- caines maintiendront leur apti- tude à dégager une croissance des bénéfices pour l’année à venir. ◆

bablement augmenter par rap- port à celui de 2020, mais sans pour autant atteindre le niveau de 10,8%. En révisant à la baisse la prévision de la Banque cen- trale pour l’année 2021 avec le décalage observé en 2020, il se situerait aux alentours de 9,3%. Ce qui représente une augmen- tation de plus de 12 Mds de DH de l’encours des créances en souffrance au cours de la prochaine année», lit-on dans le document de recherche. Bonne tenue du RBE Les analystes expliquent que les investissements réalisés par les banques pour la modernisation de leurs systèmes d’information ont pesé sur leurs charges d’ex- ploitation sur la dernière décen- nie. Une évolution plus rapide que celle du PNB qui s’est tra- duite par une détérioration du coefficient d’exploitation (pas- sant de 47,5% en 2009 à 50,2% en 2019). En 2020, le secteur coté a enre- gistré une légère diminution des charges générales d’exploita- tion, reflétant une bonne maî-

de 2021. Les premières réalisa- tions du premier trimestre confir- ment ce constat avec un rebond des bénéfices et des marges des principales banques cotées. Mais des craintes subsistent et sont principalement liées à la détérioration des indicateurs de risques. Selon les analystes, les ten- sions sur le risque d’impayés devraient persister en 2021. La montée des créances en souf- france constatée en 2020 devrait probablement se maintenir en 2021. Dans ce sens, la Banque cen- trale tablait en août 2020 sur un taux d’impayés aux alentours de 10,8% en 2021 et 9,9% en 2020, soit une prévision pour l’année 2020 plus inquiétante par rap- port aux réalisations. «Nous pensons donc que le taux d’impayés en 2021 devrait pro-

La marge d’intermédia- tion du sec- teur devrait se stabiliser,

Coût du risque, lanterne rouge

voire aug- menter en 2021.

Pour l’année 2020, le niveau du coût du risque consolidé du secteur dans son ensemble (pour lequel les chiffres ne sont pas encore disponibles) devrait fortement augmenter, à l’image de la montée des créances en souffrance. Selon les chiffres de CDG Capital, le coût du risque des banques cotées s’est établi à 8,7 Mds de DH contre 4,8 Mds de DH à fin 2019, soit une pro- gression de 81,9% (sur la base des comptes sociaux). «Nous pensons que les tensions sur le risque devraient persister en 2021 avec la montée des créances en souffrance antici- pée suite à un contexte éco-

nomique difficile. Dans ce sens, le niveau du coût du risque devrait probablement se maintenir à un niveau élevé comparable à celui de l'année 2020» , estime CDG Capital.

Le coût du risque du secteur devrait se maintenir au même niveau qu’en 2020.

Made with FlippingBook flipbook maker