Guide JEUNES : de l'enseignement supérieur à l'emploi

Guide JEUNES - de l’enseignement supérieur à l’emploi, accompagner les jeunes LGBTQIA+ vers un avenir professionnel inclusif

Guide JEUNES - de l’enseignement supérieur à l’emploi, accompagner les jeunes LGBTQIA+ vers un avenir professionnel inclusif

Chapitre 2

Chapitre 2

b. Des enseignant·es inclusif·ves Encourager l’exemplarité et la bienveillance des enseignant·es afin d’améliorer le bien-être des étudiant·es LGBTQIA+ En complément de la nécessité de sensibiliser les enseignant·es aux thématiques de l’inclusion, ceux-ci peuvent décider de prendre des initiatives afin d’améliorer le bien-être des étudiant·es LGBTQIA+ au sein de leurs cours. Par exemple, les enseignant·es, en relation avec l’administration, peuvent décider de ne plus rendre visible le genre des étudiant·es sur les listes d’appel. Ces listes sont un export des données administratives : si l’on veut inclure une colonne avec le pronom et prénom d’usage, l’usage est de travailler en amont avec le prestataire technique pour adapter l’outil informatique. Il est recommandé que les enseignant·es, dès le début de l’année, demandent aux étudiant·es quels pronoms iels souhaitent que l’on utilise. Cette pratique, déjà mise en place dans certains établissements, contribue à instaurer un climat de respect, de reconnaissance et de confiance, en particulier pour les étudiant·es trans et non-binaires. Elle participe aussi à sensibiliser l’ensemble du groupe aux enjeux d’inclusion et à normaliser le respect des identités de genre. Enfin, l’enquête via questionnaires menée par L’Autre Cercle a permis de démontrer que la majorité de nos enseignant·es répondant·es ne sauraient pas vraiment comment réagir en cas de LGBTphobies au sein de leurs cours. Les étudiant·es LGBTQIA+ qui en sont victimes cherchent souvent, à chaud, le soutien de leurs enseignant·es. De ce fait, il est primordial que ces dernier·es puissent avoir été sensibilisé·es à ces problématiques, afin de pouvoir à minima orienter les victimes vers les dispositifs de signalement de

Si ces données ne sont pas importantes pour l’établissement, supprimer la mention du genre dans les formulaires. Si ces données sont néanmoins importantes, notamment pour des besoins de statistiques, ajouter une case « Autre », en plus du « Masculin » et du « Féminin », afin de permettre aux personnes trans ou aux personnes non-binaires de ne pas avoir à renier leur identité de genre pour pouvoir s’inscrire au sein de l’établissement • Rendre possible l’utilisation d’un prénom d’usage pour tous·tes les étudiant·es et pour tout le personnel de l’établissement, sur simple demande à l’administration, sans besoin de justificatif. En effet, permettre l’utilisation d’un prénom d’usage, sans justificatif, garantit le respect de l’identité de chacun·e, réduit les discriminations et envoie un signal fort d’inclusion au sein de l’établissement ; • Rééditer gratuitement la carte étudiante en cas d’utilisation d’un prénom d’usage ou de changement de prénom à l’état civil, comme c’est par exemple le cas à l’Université Paris-Saclay. En effet, offrir la réédition gratuite de la carte étudiante en cas de prénom d’usage ou de changement d’état civil évite des frais injustes pour les étudiant·es concerné·es, favorise leur bien-être en garantissant le respect de leur identité et envoie un signal clair d’engagement inclusif de la part de l’établissement ; • Adapter les équipements existants afin d’offrir aux personnes trans et/ou non-binaires des options pour utiliser des toilettes ou des vestiaires neutres ; c’est en effet essentiel afin de garantir la sécurité, le confort et la dignité des personnes trans et/ou non-binaires, et de créer un environnement réellement inclusif pour tous·tes.

Il s’agit d’une décision intime, personnelle, qui dépend de comment la personne se sent dans le cadre où elle évolue. « Sur la question du coming out d’un·e étudiant·e, je ne lui dirais pas : il faut que tu le fasses ; je lui dirais : il faut que tu te sentes libre de le faire ou de ne pas le faire. Et c’est à nous de créer ce cadre, par exemple en faisant la promotion des événements LGBTQIA+ sur les écrans de l’école, en mettant des affichages sur le sujet, en collaboration avec le service communication, afin qu’une personne LGBTQIA+ puisse se dire en voyant cela : je me sens libre de faire mon coming out dans cet endroit, je peux le faire ». Marta Herrera, Référente Égalité - Diversité, École Centrale de Nantes « Derrière l’enjeu d’épanouissement et d’authenticité, il faut tenir compte de ce que l’on ressent. Puisque l’on peut être out dans son école et pas au niveau de sa famille… Il faut voir que ce qu’il se joue, ce n’est pas juste au niveau de l’école, pour la personne concernée, il s’agit de sa vie entière ». Matéo Brel, Président du Collectif des associations étudiantes LGBT+ d’Île- de-France (CAELIF) Pour les personnes trans, la question se pose différemment, puisqu’elles n’ont pas forcément le choix de ne pas être visibles, surtout dans des espaces parfois encore mal adaptés. Dans certains établissements, il n’est pas encore possible de faire la demande d’utilisation d’un prénom d’usage, tandis que pour d’autres, le système informatique qui régit ces demandes peut s’avérer défaillant et faire mention du deadname. De plus, les enjeux liés aux personnes trans sont encore peu connus de la société et rencontrent souvent de l’hostilité. Il est alors d’autant plus nécessaire de donner des clés de compréhension sur ces questions, de sensibiliser et de former les personnels, mais aussi d’informer et de sensibiliser les étudiant·es.

« Au sujet de la transition de genre d’une étudiante que j’ai pu rencontrer, et qui a pu échanger avec nous, formateurs et formatrices, la personne a pu se sentir en sécurité. Cependant, même si elle avait parlé de sa transition à ses amis proches, c’était plus compliqué avec le reste de ses camarades, même si son expression de genre reflétait sa « nouvelle » identité. Il a vraiment fallu que j’intervienne, avec l’équipe pédagogique et la personne concernée, pour mettre en place un cadre safe, pour rassurer et répondre à certaines questions. J’ai fait un sondage à main levée sur la notion de transidentité au sein de la promo, et sur 30 étudiant·es, il y en avait 27 d’entre eux qui en entendaient parler pour la première fois ». Roxane Lambin, Bénévole L’Autre Cercle / Cheffe de projet Déploiement Réseau, Orange France Les établissements peuvent faire appel à des acteur·rices externes, spécialisé·es sur le sujet. L’association OUTrans 10 intervient déjà dans les établissements d’enseignement supérieur. L’Autre Cercle leur recommande la mobilisation de ces associations ou de ces intervenant·es extérieur·es afin de ne pas faire reposer l’entièreté de la responsabilité de sensibilisation aux référent·es Diversité et Inclusion ou aux associations étudiantes dédiées. a. Des études inclusives Proposer un cadre d’études accueillant pour toutes et tous, de manière visible (affichages, disponibilité de l’information, aménagements visibles, preuves d’inclusivité) : • Au sein des formulaires administratifs : s’interroger sur la pertinence de la question du genre (Masculin/ Féminin).

ETAB

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ETUD Étudiant·es et jeunes diplômé·es LGBTQIA+ ETAB Établissements d’enseignement supérieur EMPL Employeurs

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