Guide JEUNES : de l'enseignement supérieur à l'emploi

Guide JEUNES - de l’enseignement supérieur à l’emploi, accompagner les jeunes LGBTQIA+ vers un avenir professionnel inclusif

Guide JEUNES - de l’enseignement supérieur à l’emploi, accompagner les jeunes LGBTQIA+ vers un avenir professionnel inclusif

Chapitre 2

Chapitre 2

également dans celui de créer un espace qui permet la libération de la parole. Les victimes de discriminations font parfois preuve d’autocensure et minimisent ce qu’iels ont vécu. Les ressources telles que les violentomètres 13 ou encore la Boussole de SOS Homophobie (voir page 60) peuvent permettre d’identifier les situations qui sont susceptibles d’être signalées. Il n’y a pas que les agressions physiques ! Les simples injures ou la multiplication de micro-agressions ayant pour effet le maintien d’un climat hostile ont un impact direct sur la vie de l’étudiant·e et doivent aussi être signalées. Les cas d’outing ou de mégenrage répétés sont également des comportements à ne pas tolérer, et de fait, à signaler. Il est donc impératif de sensibiliser et former, de libérer la parole et de diffuser tant que possible des informations sur les problématiques liées aux discriminations LGBTphobes, sur le vocabulaire à adopter, etc. Comme évoqué précédemment, le besoin d’informer est encore plus important sur les questions de la transidentité et de la non-binarité. Un guide de L’Autre Cercle est par ailleurs entièrement consacré à l’inclusion des personnes trans et non-binaires au travail 14 . Lorsqu’il existe une association LGBTQIA+ ou un·e référent·e identifié·e sur ces questions dans l’établissement, cela peut constituer un premier recours, afin d’être dans un premier temps écouté·e puis orienté·e vers la démarche la plus adéquate. La défiance envers le dispositif n’est pas qu’une question d’autocensure. Certain·es doutent aussi de l’intérêt de déclencher une démarche qui n’aboutira à rien. D’où l’importance de savoir : les dispositifs de signalement sont-ils réellement efficaces ? Les signalements ont-ils pour conséquences des sanctions ? À noter que même si un signalement, pour diverses raisons, n’aboutit à rien de concret, celui-ci peut tout de même servir de trace écrite dans l’éventualité d’une procédure auprès de la police, si besoin.

d’événements qui donnent de la visibilité, au-delà du seul cadre de l’établissement. Pour aborder les sujets de diversité et d’inclusion : faire venir des intervenant·es extérieur·es, comme des Rôles Modèles LGBTQIA+ ou Allié·es, afin de bénéficier de la force du témoignage et d’inspirer. L’Autre Cercle peut proposer, pour des interventions, conférences ou tables rondes, des personnes pouvant témoigner, et notamment des Rôles Modèles (LGBTQIA+ ou Allié·es). Les titres de « Rôle Modèle LGBTQIA+ » ou de « Rôle Modèle Allié·e » correspondent à la distinction accordée aux lauréat·es de la Cérémonie des Rôles Modèles LGBTQIA+ et Allié·es, organisée chaque année par L’Autre Cercle. Parmi ces lauréat·es, on retrouve des personnalités provenant du monde du travail ou de l’Enseignement supérieur qui se sont illustrées par leur engagement en faveur de l’inclusion LGBTQIA+ dans leur organisation. Les Rôles Modèles LGBTQIA+ et Allié·es ont très souvent des parcours inspirants et peuvent donc intervenir auprès d’étudiant·es afin de montrer, entre autres, que l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre ne doit pas constituer un frein à l’ambition de poursuivre un parcours professionnel épanouissant. Le CAELIF, la FAGE, et de nombreuses associations, parfois locales, peuvent également constituer des relais et des ressources afin d’organiser des événements et de mobiliser des intervenant·es pertinent·es. Par ailleurs, L’Autre Cercle, tout comme les associations précédemment citées, disposent de plusieurs antennes régionales : celles-ci peuvent donc être mobilisables, en fonction de leur disponibilité, au sein de tous les établissements du territoire. Pour aller plus loin Les conférences et tables rondes peuvent être organisées aussi bien par les associations étudiantes que

Vérifier et renforcer l’efficacité des dispositifs de signalement Comme évoqué ci-dessus, les dispositifs de signalement, initialement pensés dans le cadre de la lutte contre les VSS et rendus obligatoires en 2019 dans les établissements publics, sont souvent sollicités pour des cas de harcèlement moral, mais encore très peu pour des cas de LGBTphobies. Il est important, afin que les étudiant·es LGBTQIA+ qui rencontrent un problème osent faire la démarche : • Que l’existence de ce dispositif de signalement soit connue (communication à destination des étudiant·es, du personnel administratif, enseignant et encadrant) ; • Que le dispositif de signalement ne soit pas seulement ouvert qu’aux cas de VSS, mais bien à tous les types de discriminations (dont LGBTphobies) ; • Que les personnes en charge de ce dispositif soient formé·es aux LGBTphobies ; • Que ce dispositif ait suffisamment de moyens pour traiter les problèmes de manière humanisée et en toute confidentialité (afin d’éviter les mails de réponses automatiques suite à un signalement) ; • Que les sanctions qui font suite à un signalement soient communiquées et connues de toutes et de tous, afin de prouver l’efficacité de la démarche (tout en étant anonymisées).

Affirmer constamment le principe de zéro tolérance pour les discriminations et la haine anti-LGBTQIA+ Un établissement se doit d’affirmer, par tous les moyens, le principe de tolérance zéro pour les discriminations. Ce principe doit être rappelé à l’accueil des étudiant·es lors de la rentrée, à l’arrivée d’un·e nouvel·le employé·e, via les différents moyens de communication de l’établissement (site Internet, réseaux sociaux, affichages, etc.), au sein du règlement intérieur mais également sur tout support relatant les valeurs et les engagements de l’établissement. Cependant, dans les faits et sur la durée, le constat est là : les personnes confrontées à des comportements inappropriés, haineux ou violents ne les signalent pas forcément, soit parce qu’ils n’ont pas connaissance d’un dispositif de signalement, soit parce qu’ils ont peur des conséquences, ou encore parce qu’ils doutent de l’utilité et de l’efficacité du dispositif. Solliciter la cellule d’écoute ou le dispositif de signalement en cas de problème Les signalements liés à l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre des personnes sont relativement peu nombreux (cf. enquête REMEDE). Les enquêtes menées par L’Autre Cercle, tout comme le baromètre du CAELIF 12 , ont pu démontrer que les personnes concernées font rarement appel à ces dispositifs de signalement, surtout quand il s’agit de LGBTphobies. L’ESSENTIEL Il paraît essentiel d’agir à plusieurs niveaux : d’abord, faire prendre conscience aux personnes concernées que ce qu’elles vivent, subissent, n’est pas normal et ne doit pas être toléré, tout en réitérant que le comportement des personnes qui discriminent n’est pas acceptable. Ensuite, c’est à chaque institution de veiller à ce que des espaces de recueil des discriminations existent, à la fois dans l’objectif d’ouvrir une procédure si nécessaire, mais

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E - Des moments pour sensibiliser, rassembler, célébrer…

Afin de créer une dynamique positive et de provoquer des prises de conscience, il existe deux versants : la sensibilisation pédagogique, notamment à travers des témoignages qui permettent de prendre conscience des particularités de chacun·e, mais également un aspect collectif et rassembleur, autour de dates clés et

ETUD Étudiant·es et jeunes diplômé·es LGBTQIA+ ETAB Établissements d’enseignement supérieur EMPL Employeurs

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