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DOSSIER

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Immigrer, une démarche parfois ardue

les deux documents, car sans l’autre, on est bloqué», a-t-elle tenu à préciser. Mme Leloup a !nalement ouvert son commerce, Leloup gourmand, à Casselman, en 2011. «Si je n’avais pas eu mon copain, j’aurais eu beaucoup de di"culté à travailler et à ache- ter un commerce. Ce que je retiens, a-t-elle déclaré, c’est que si l’on n’a pas de métier spécialisé, c’est très ardu d’immigrer. On ne peut pas vraiment avoir de permis de travail et, sans permis de travail, pas de permis de résidence. C’est un vrai cercle vicieux.» Si c’était à refaire, Mme Leloup reconnaît qu’elle se battrait encore comme elle l’a fait mais reconnaît que cela aurait encore pris plus de temps sans un copain. «Si l’on est seul, c’est le chemin du guerrier», a-t-elle réalisé. Malgré tout, elle a réussi son pari et exploite un café-crémerie bien européen qui emploie trois employés à temps plein l’été, et un pendant la saison hivernale. «On doit avoir un but quand on veut immigrer. Mais du côté de l’immigration, c’est parfois le chaos car on me disait oui et de l’autre côté, on me disait non. C’est très dur psy- chologiquement si l’on n’a pas de spécialité mais il ne faut pas se décourager au premier refus», a-t-elle fait remarqué, heureuse au- jourd’hui de vivre au Canada. Brigitte Duguay Langlais, coordonna- trice du Réseau de Soutien à l’Immigration francophone de l’Est de l’Ontario, reconnaît que ce genre de récit est celui de plusieurs immigrants francophones. «L’histoire de Céline est malheureusement la triste réalité, explique-t-elle. C’est la raison pour laquelle

Crysler. C’est le coup de foudre. En 2007, elle revient au Canada pour s’installer avec son ami et fait une demande de permis de travail, qu’on lui accorde. «C’est en voulant changer de travail, après un an et demi chez le même employeur, qu’on m’a bloquée. À l’immigration, on m’a dit que je n’aurais jamais dû avoir de permis pour simple ser- veuse. J’ai tout de même trouvé un autre emploi avec le même permis de travail tout en faisant les démarches pour avoir mon permis de résidence», a relaté Mme Leloup. En 2009, Mme Leloup et son conjoint deviennent parents d’un petit garçon, né en Ontario. Mais, en 2010, elle reçoit une lettre qui ne lui donne qu’un seul mois pour quitter le pays. Découragée, et après des allers-retours entre la France et le Canada, ne sachant plus à quel saint se vouer, elle écrit une lettre de désespoir à une dame qui travaille à l’immigration, à Paris. «J’ai été chanceuse de tomber sur elle car elle m’a dit exactement quoi faire et qui voir», s’est- elle souvenue. Après quatre ans de relation, son copain la parraine. «Ce n’est pas évident de parrainer quelqu’un, a-t-elle expliqué. Au début de notre relation, je comprenais mon copain de ne pas vouloir me parrainer, car on se connaissait peu quand même. Dans ces cas- là, nous devons nous débrouiller seuls et frapper à toutes les portes car on ne connait pas les démarches exactes de l’immigra- tion.» Mais après trois ans de concubinage et un enfant qui les unissait, elle reçoit son permis de travail et de résidence. «Il faut

ANNIE LAFORTUNE annie.lafortune@eap.on.ca

CASSELMAN l Quand on ne connait pas toutes les astuces pour immigrer au Can- ada, ce n’est pas si facile que l’on puisse le penser de changer de pays. Pour souligner la Semaine de l’immigration francophone, cette histoire relate le cheminement d’une femme provenant de Belgique qui s’est démenée pour atteindre son rêve. Les francophones à minorité visible ont une présence importante dans l’est de l’On- tario. On en compte plus de 21 000 dans cette région du Canada. Ils sont nombreux, les nouveaux arrivants, à débarquer en sol canadien avec plein de rêves en tête. Plu- sieurs personnes qui ont vécu l’aventure ont expliqué que le principal dé! est de franchir le mur de l’expérience canadienne. Savoir être créatif, foncer et, surtout, se pré- parer avant de quitter son pays, améliorer son anglais et mettre de l’argent de côté sont les principaux aspects sur lesquels il faut se concentrer. L’histoire de Céline Leloup, arrivée de Bel- gique il y a sept ans, installée à Crysler et propriétaire d’un commerce à Casselman, fait ressortir la réalité bien réelle sur l’immi- gration. En 2006, Mme Leloup débarque à Sainte-Agathe-des-Monts, au Québec, pour passer ses vacances chez des amis propriétaires d’un B&B. Elle y rencontre un Français, installé depuis quelque temps à

Photo Annie Lafortune

Céline Leloup est bien installée dans sa r é gion et compte bien y rester. on souhaite organiser des événements pour aider ces gens-là. Pour certains sec- teurs, oui, tu te retrouves seul. Alors il faut se demander ce qu’on peut mettre en place dans les milieux ruraux. On aimerait égale- ment créer une mission et aller à l’étranger pour se faire mieux connaître et préparer des stratégies pour les services pré-départs. À l’heure actuelle, nous ne sommes pas du tout représentés dans les milieux ruraux malgré qu’il y ait de plus en plus d’immi- grants dans ce secteur.»

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