Magazine Daniel Féau et Belles Demeures de France

Le franc-tireur En 1988, il ouvrait une petite galerie à Saint-Germain-des-Prés. Trente ans plus tard, il gère un superbe espace dans le Marais et un parc de sculptures de 12 hectares au Muy. Retour sur une belle aventure artistique. Par Eric Jansen Jean-Gabriel Mitterrand

Claude Lalanne, une de ses artistes emblématiques.

Jean-Gabriel Mitterrand The maverick In 1988, he opened a little gallery in Saint-Germain-des-Prés. Thirty years later, he manages a superb showroom in the Marais and a 12-hectare sculpture park, the Domaine du Muy. A remarkable artistic adventure. By Eric Jansen In April he celebrates his gallery’s 30 th anniversary with a major exhibition. "A little bit late, it's true, but it's a pretext to celebrate the artists who have meant so much to me and to highlight those who shall mark the next 50 years ..." Jean- Gabriel Mitterrand smiles. Behind his dry sense of humour lies a harsh reality: today, a gallery must constantly develop if it wants to survive. Competition is fierce and operating costs on the increase, due largely to the numerous shows at which it is essential to be present. Significant artists are demanding. "Some galleries achieve massive sales, widening the gap with others which become increasingly vulnerable.

I l fête en avril les 30 ans de sa galerie avec une exposition d’envergure. « Un peu en retard, c’est vrai, mais c’est un prétexte pour célébrer les artistes qui ont compté et indiquer ceux sur lesquels on va s’appuyer pour continuer les 50 prochaines années… » Jean-Gabriel Mitterrand sourit. Son humour pince-sans-rire exprime aussi une vérité : aujourd’hui, une galerie doit sans cesse se développer si elle ne veut pas mourir. La rivalité est féroce et les coûts de fonctionnement sont de plus en plus lourds, entraînés par la ronde des foires dans lesquelles il faut être. Les artistes importants ont également des exigences. « Certaines galeries font d’énormes chiffres d’affaires et accentuent le fossé avec les autres qu’elles rendent vulnérables. Fatalement, celles-ci attirent un peu moins les artistes majeurs. » Cette évolution du marché, Jean-Gabriel Mitterrand peut en parler. Il l’a vécue. Lorsqu’il inaugure en 1988 son premier espace rue Jacques-Callot à Paris,

l’ambiance est tout autre. Après avoir fait ses armes chez Artcurial, qui n’était pas une maison de ventes, mais un espace dédié à l’art et aux multiples, le jeune marchand croit encore à l’éclectisme : il expose François-Xavier et Claude Lalanne qu’il a édités chez Artcurial, leurs amis Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, Marina Karella, Igor Mitoraj… Il baptise alors sa galerie JGM Galerie. François Mitterrand est au pouvoir et son neveu choisit la discrétion. Au fil des années, de nouveaux artistes rejoignent son écurie, toutefois il sent qu’il souffre d’un problème d’image. Pour se donner une identité plus contemporaine, Jean-Gabriel Mitterrand déménage en 2003 dans le Marais. Mais le monde de l’art se radicalise et trois ans plus tard, le nouveau comité de la Fiac retoque sa participation, après une quinzaine d’années de présence. Sans doute son soutien indéfectible aux Lalanne, alors associés aux arts décoratifs, explique en partie les choses.

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