FNH N° 1190ok

POLITIQUE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 28 MARS 2025

Algérie – France

France dont il ne veut pas tenir compte et assure que «le contentieux est entre de bonnes mains». Sacré retournement diploma- tique ! Surtout au moment où Paris et Alger étaient engagées dans une course effrénée à la brouille et que leur dialogue s’était réduit à une suite de déclarations cinglantes, d’ulti- matums et de postures mar- tiales pour flatter les opinions publiques respectives. L’Algérie tend la main à la France, après lui avoir montré le poing. Derrière ce virage spectaculaire du président Abdelmadjid Tebboune, se cachent les fragilités d’un régime en quête d’alliés, les réalités économiques d’un pays de plus en plus isolé sur la scène internationale et le spectre omniprésent du Sahara marocain. Par D. William C Tebboune, du bras de fer à la danse du ventre ’

est un geste rare, presque inédit dans les annales de la diplomatie algérienne : un calumet de la paix brandi non pas par un sous-fifre ou obscur diplomate de second rang, mais par le président Abdelmadjid Tebboune lui- même. Oui, lui, le même qui, il y a quelques mois à peine, rap- pelait son ambassadeur de Paris, s’indignait bruyamment des moindres propos tenus en France et voyait des complots à chaque virage diplomatique ainsi que des insultes dans les visites protocolaires au Sahara marocain. Mais voilà, Tebboune parle désormais d’«Emmanuel Macron, mon unique point de repère», de «brouhaha» en

expulsés puis refoulés ? Un drame. Le refus d’extrader l’ancien ministre Abdeslam Bouchouareb ? Un scandale d’Etat. Alger dénonçait ainsi «une cabale haineuse orches- trée par l’extrême droite fran- çaise» , alors que Paris fus- tigeait les «tergiversations injustifiées» d’un régime sourd à toute coopération. Et soudain, patatras ! Le pré- sident Tebboune, dans une interview diffusée samedi à la télévision algérienne, a tout effacé d’un revers de main. Les tensions ? Un simple «moment d’incompréhension» . Le capharnaüm politique fran- çais? Rien qui puisse entacher ses «excellentes relations» avec Emmanuel Macron. Le reste ? De la gestion.

Réalisme ou aveu de faiblesse ?

Que s’est-il donc passé dans les coulisses d’Alger pour que le ton change si brusquement? Car on ne peut sérieusement croire à une soudaine révé- lation du président algérien sur l’inutilité des conflits. Non. L’explication est ailleurs. Elle est plus triviale. Plus terre-à- terre : l’Algérie a besoin de la France. Plus qu’elle ne veut bien l’admettre. D’abord, pour des raisons économiques. La France reste un investisseur majeur en Algérie. «D’après les données de la Banque de France, le stock d’IDE français en Algérie s'élevait en 2023 à 2,8 Mds d’euros, plaçant également la France en troisième place

Le soutien de la France au plan marocain d’autonomie au Sahara ? Une trahison. La visite de Gérard Larcher à Laâyoune ? Un crime de lèse- diplomatie. L’affaire Sansal ? Un casus belli culturel. Les OQTF refusées ? Un camou- flet. Les influenceurs algériens

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