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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 JUILLET 2026

Astrotourisme Smara, un sanctuaire naturel pour l'observation des étoiles

nomade sahraouie. Le positionnement de Smara peut être non seulement scientifique, historique et culturel. Il peut raconter com- ment les premiers habitants de Sahara et les caravaniers nomades utilisaient ce même ciel pour se repérer et concevoir leur cos- mogonie. F. N. H. : Quels exemples internatio- naux de destinations d'astrotourisme réussies pourraient inspirer un projet à Smara ? M. A. : Pour structurer son offre, la province de Smara peut s'inspirer de modèles mon- diaux qui ont réussi à transformer leur ciel noir en levier de développement socioécono- mique. Comme la «réserve du ciel étoilé» en Nouvelle-Zélande, où la région est labellisée par Dark Sky International. Elle applique des réglementations strictes sur l'éclairage public des communes environnantes pour préserver l'obscurité. Une démarche de labellisation (par exemple «Réserve de ciel étoilé de Smara») pour la province imposerait une charte d'éclai- rage LED écoresponsable et intelligente à la municipalité de Smara, tout en attirant une clientèle internationale haut de gamme et soucieuse de l'environnement. Dans le désert d'Atacama (Chili) ou en Nouvelle-Zélande (autour du festival de Matariki - astrotourisme Maori), l'observation des étoiles est couplée à des récits mytholo- giques racontés par les guides locaux issus des communautés autochtones. Enfin, nous pouvons citer l’exemple des «astrolodges» d’Alqueva au Portugal. Cette dernière est la première destination tou- ristique au monde certifiée «Starlight». Les hébergements (hôtels, gîtes ruraux) sont équipés de télescopes, de cartes du ciel, et proposent des dîners thématiques «sous les étoiles». En capitalisant sur sa pureté atmosphérique, son histoire rupestre millénaire et son authen- ticité saharienne préservée, Smara pourrait s'imposer comme spot de l'astrotourisme culturel et scientifique du sud marocain. Pour atteindre cet objectif, il faudrait former les jeunes de la région au guidage astro- nomique, en mêlant science moderne et astronomie traditionnelle hassanie (repérage des constellations pour la météo saharienne, l'orientation des caravanes, etc.). Cela per- mettra de valoriser le patrimoine immatériel sahraoui. Il faudrait aussi encourager la création de bivouacs écologiques haut de gamme (éco- lodges) ou réhabiliter des sites pour y installer des plateformes d'observation astronomique légères et esthétiques (dômes géodésiques transparents). ◆

A l’heure où l’astrotourisme s’impose comme une nouvelle forme de voyage alliant contemplation, science et quête d’authenticité, Smara dispose d’atouts rares pour se positionner parmi les grandes destinations du ciel étoilé. Rencontre avec le Dr Mohamed Aoudjehane, directeur exécutif d’Attarik Foundation, géologue et docteur de l’université Pierre & Marie Curie, qui plaide pour faire de Smara une référence de l’astrotourisme au Maroc.

Propos recueillis par Z A.

Finances News Hebdo : Pouvez-vous définir l’astrotourisme ? Dr Mohamed Aoudjehane : Les meilleurs sites au monde pour admirer le ciel noc- turne se répartissent sur tous les continents, dans tous les hémisphères et s'adressent à presque tous les types de voyageurs. L'astrotourisme est l'une des tendances tou- ristiques les plus en vogue. Dans les faits, il s'agit de voyages organisés autour de l'observation du ciel nocturne. Encore faut-il savoir où le faire, puisque la pollution lumi- neuse dans la plupart des pays occidentaux prive les habitants de cette immersion quoti- dienne dans les profondeurs du ciel nocturne et souvent de l’histoire et de la mythologie. F. N. H. : Quelle est la particularité du ciel de Smara ? Qu'est-ce qui le rend particulièrement propice à l'astrotou- risme ? M. A. : Smara possède des conditions atmos- phériques et géographiques exceptionnelles qui en feraient un sanctuaire naturel pour l'observation des étoiles. À quelques dizaines de kilomètres du centre urbain, les spots d’observation ne manquent pas aujourd’hui. La province dispose d’une absence quasi totale de pollution lumineuse. Elle se trouve en plein cœur du désert saharien, loin des centres urbains et industriels. Smara bénéfi- cie donc d'une obscurité nocturne totale. Le contraste spatial permet d'observer la Voie lactée, des nébuleuses et des constellations avec une netteté rare à l'œil nu.

De plus, cette province est caractérisée par une pureté atmosphérique et une séche- resse de l'air. Ce climat désertique où le taux d’humidité est bas, et une absence presque systématique de couverture nuageuse tout au long de l'année. D’ailleurs, les grands espaces ouverts et les plateaux de la région offrent un horizon déga- gé à presque 360 degrés, permettant une immersion magique dans la voûte céleste. F. N. H. : Comment ce potentiel se dif- férencie-t-il d'autres sites déjà connus pour l'observation du ciel au Maroc ou dans la région ? M. A. : Le Maroc compte déjà plusieurs spots d'observation réputés, mais Smara dispose d'arguments exclusifs pour se positionner différemment, de par sa régularité météo- rologique supérieure, le fait que la province possède un ciel véritablement beaucoup plus noir, sans oublier que la région propose un ensemble encore nappé d’authenticité. Smara conjugue le ciel et le patrimoine. En effet, l’astrotourisme ne peut pas et ne doit pas être une activité unique. Un des avantages à souligner est que Smara est un musée archéologique à ciel ouvert avec ses milliers de gravures rupestres datant de 8.000 ans. La région possède aussi une riche culture

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