Finances News Hebdo 1243

32 JEUDI 30 JUILLET 2026

FINANCES NEWS HEBDO

F. N. H. : À l'approche du scrutin, vous portez votre candidature législative à Benslimane. Quel est concrètement le programme que vous proposez aux habitants ? Si vous êtes élu, quelle sera votre première mesure concrète sur le terrain lors des 100 premiers jours ? R. M. : Ma candidature n'est pas un exercice de représentation, c'est un engagement de résultats. Elle s'inscrit dans le contrat poli- tique porté par mon parti - un contrat struc- turé, pas un catalogue de promesses - autour de cinq engagements que je propose de décliner avec la même exigence que celle que j'applique depuis des années dans l'action publique. D'abord, la souveraineté économique. Il faut être clair sur ce que ce mot veut dire : la sou- veraineté ne se mesure pas à ce que nous importons ou produisons en volume, mais à notre capacité à choisir - nos partenaires, nos filières, nos technologies. Cela veut dire une souveraineté déclinée dimension par dimen- sion : alimentaire, hydrique, énergétique, technologique, numérique, industrielle. Ensuite, la protection du pouvoir d'achat. Nous ne proposons pas de contrôler les prix par décret - nous proposons de s'attaquer à la structure : réserver une part de la pro- duction nationale au marché intérieur pour sécuriser l'approvisionnement, et créer des structures régionales de distribution pour réduire le nombre d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Troisième engagement : des services publics équitables sur tout le territoire, pas seulement dans les grandes métropoles. L'infrastructure - santé, éducation, eau - n'est pas une dépense, c'est la colonne vertébrale de la souverai- neté nationale, celle qui garantit que chaque citoyen, où qu'il vive, a un accès réel et durable aux services essentiels. Quatrième : la protection de la famille et des valeurs marocaines, en accompagnant concrè- tement les femmes et les personnes vulné- rables, sans opposer modernité et ancrage identitaire. Enfin, la tolérance zéro pour la corruption et les conflits d'intérêts — une gouvernance qui ouvre la commande publique aux PME et aux jeunes entrepreneurs sur la seule base du mérite. Les 100 premiers jours, à ce niveau macro, ne se mesureront pas à des annonces mais à des engagements vérifiables : un état des lieux chiffré et public de chacun des cinq axes dans la zone que je représente, pour que chaque citoyen puisse constater, chiffres à l'appui, où nous en sommes — et nous tenir comptables des résultats, pas des promesses. ◆

 La production industrielle marocaine a franchi le cap historique des 900 milliards de dirhams.

c'est un alliage équilibré entre l'attractivité des FDI (IDE) et la montée en puissance de notre souveraineté de capitaux. D’ailleurs le baromètre industriel que le ministère effectue chaque année montre que la part du capital marocain dans l’industrie est de 70%. F. N. H. : L'industrie est souvent pré- sentée comme un moteur de création d'emplois. Pourtant, l'automatisation, la robotisation et l'intelligence artificielle transforment profondément les usines. Pensez-vous que l'industrie marocaine pourra encore absorber massivement la demande d'emploi des jeunes dans les dix prochaines années ? R. M. : Oui, plus que jamais, mais ce ne seront pas les mêmes emplois qu'il y a vingt ans ! L'automatisation n'est pas l'ennemie de l'emploi, c'est la condition sine qua non de notre compétitivité. Une usine non automatisée aujourd'hui ferme demain. La robotisation et l'IA déplacent le curseur vers des emplois à plus forte valeur ajoutée et mieux rémunérés. Nous ne cherchons plus uniquement des opérateurs de chaîne, nous formons des techniciens de maintenance robotique, des développeurs d'IA industrielle, des ingénieurs en mécatronique. C'est pour cela que nos écoles et instituts (IMA, ISMALA, Ecoles d'ingénieurs) adaptent leurs cursus. La réindustrialisation verte et technolo- gique du monde crée un besoin massif de relo- calisation proche de l'Europe : le Maroc est le réservoir naturel de talents industriels qualifiés pour ce nouveau siècle. F. N. H. : Le Maroc ambitionne de deve- nir un hub industriel régional. Dans un contexte de concurrence accrue de pays comme l'Égypte ou encore la Turquie, quels sont, selon vous, les trois avantages compétitifs qui permettront au Royaume de conserver son attracti- vité au cours de la prochaine décennie ? R. M. : Le Maroc présente de nombreux

avantages compétitifs qui lui permettent d’être attractif, mais s’il ne faut en retenir que trois, alors je dirais en premier la Stabilité Institutionnelle et la Vision Stratégique. Dans un monde instable, la continuité politique et la clarté de la Vision Royale sur 25 ans offrent aux investisseurs internationaux une visibilité qu'aucun concurrent régional ne peut égaler. Un industriel qui engage des millions ou mil- liards de DH sur vingt ans achète d'abord de la prévisibilité institutionnelle, réglementaire, monétaire. C'est notre premier actif, et c'est le plus difficile à répliquer. Deuxièmement, la profondeur de l'écosys- tème. Nous ne vendons plus une usine, nous vendons une chaîne. Un constructeur automo- bile qui s'installe au Maroc trouve 250 équipe- mentiers, un taux d'intégration de 70%, des ports en eaux profondes, une main-d'œuvre formée et des zones industrielles équipées aux standards internationaux — 15.000 hectares aujourd'hui contre 10.000 en 2021. Troisièmement, l'énergie décarbonée. C'est l'avantage qui va décider de la prochaine décennie. Grâce à notre potentiel solaire et éolien, nous sommes en mesure d'offrir aux industriels l'une des énergies propres les moins chères de la planète, à la porte immé- diate du marché européen. Vous avez dit trois, mais je ne peux pas ne pas finir sans citer un des atouts les plus importants de notre pays, à savoir son capital humain et l'agilité de sa jeunesse : une popula- tion jeune, hautement adaptable, extrêmement qualifiée et formée dans des instituts cogérés par le secteur privé et l'État, capable d'at- teindre des standards d'excellence mondiale en un temps record.

Dans l’automobile, nous sommes passés d'un taux d'intégration de 30% à ses débuts à près de 70% aujourd'hui, ce qui est une performance unique.

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