52 JEUDI 30 JUILLET 2026
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recherche, le développement, les brevets, l'intelligence artificielle, la robotique et les industries de haute technologie afin de pro- gresser vers une industrie davantage fon- dée sur la connaissance. Le troisième défi concerne les compétences. Les transforma- tions technologiques nécessitent des profils de plus en plus qualifiés. Le renforcement des formations scientifiques, techniques et numériques constitue un levier majeur de compétitivité. La souveraineté énergétique représente également un enjeu stratégique. Les investissements dans les énergies renou- velables, le stockage, les réseaux intelligents et l'hydrogène vert permettront de sécuriser durablement les coûts énergétiques de l'in- dustrie. Et bien évidemment, les PME devront bénéficier d'un accompagnement renforcé afin de mieux s'intégrer aux grandes chaînes industrielles, d'améliorer leur productivité, leur digitalisation et leur capacité d'exportation. F. N. H. : Comment le Maroc peut-il tirer parti de la Zlecaf et de la Coupe du monde 2030 pour accélérer son développement industriel ? Kh. K. : Ces deux opportunités peuvent constituer un formidable accélérateur de croissance. La Zone de libre-échange conti- nentale africaine ouvre progressivement l'accès au plus vaste marché intégré du continent. Grâce à sa proximité géogra- phique avec l'Europe, à ses infrastructures logistiques et à son expertise industrielle, le Maroc peut devenir une plateforme de pro- duction destinée à servir simultanément les marchés africains, européens et atlantiques. Les entreprises marocaines disposent déjà d'une forte présence en Afrique dans plu- sieurs secteurs stratégiques. La Zlecaf per- mettra d'approfondir cette dynamique en facilitant les échanges commerciaux, les investissements industriels et les partena- riats régionaux. La Coupe du monde 2030 représente, quant à elle, bien davantage qu'un événement sportif. Elle constitue une formidable opportunité d'accélérer les inves- tissements dans les infrastructures, les trans- ports, l'hôtellerie, les équipements urbains, les technologies numériques, la sécurité, la construction durable et les industries cultu- relles. Cet événement mondial peut égale- ment renforcer la notoriété internationale du label «Made in Morocco» en démontrant la capacité du Royaume à organiser des projets complexes répondant aux meilleurs stan- dards internationaux. L'enjeu sera de trans- former cet événement ponctuel en héritage économique durable générateur d'investisse- ments, d'emplois qualifiés et d'innovation. ◆
Tanger Med représente aujourd'hui un véritable
hub reliant l'Europe, l'Afrique, l'Amérique et le Moyen-Orient.
ducteurs de matières premières, le Maroc a construit une base industrielle diversifiée capable de créer davantage de valeur ajou- tée. Cette évolution constitue un facteur essentiel de résilience économique. Le Royaume joue également un rôle crois- sant dans la coopération sud-sud. De nom- breuses entreprises marocaines accom- pagnent aujourd'hui le développement indus- triel de plusieurs pays africains dans les domaines bancaire, énergétique, logistique, des télécommunications, du BTP ou encore des engrais. Pour autant, la notion de puissance indus- trielle ne doit pas conduire à l'autosatisfac- tion. La concurrence internationale s'inten- sifie rapidement, notamment avec les nou- velles politiques industrielles menées par les États-Unis, l'Union européenne, la Chine ou encore plusieurs économies asiatiques. Le Maroc devra donc poursuivre ses efforts afin de conserver son avantage compétitif. F. N. H. : L'industrie marocaine est-elle suffisamment intégrée localement ou reste-t-elle encore trop dépendante des importations et des chaînes de valeur internationales ? Kh. K. : Le Maroc a réalisé des progrès très significatifs en matière d'intégration industrielle, mais des marges d'amélioration subsistent. Les filières automobile et aéro- nautique ont considérablement développé leurs réseaux de fournisseurs nationaux, per- mettant une montée progressive du contenu local. Cette évolution contribue à renforcer la
création de valeur au sein du Royaume et à améliorer la résilience des chaînes d'approvi- sionnement. Néanmoins, certaines industries restent tributaires d'importations de compo- sants électroniques, de machines, de tech- nologies avancées ou de matières premières spécifiques. Cette dépendance est d'ailleurs partagée par la majorité des économies industrialisées dans un contexte de mondia- lisation des chaînes de valeur. L'objectif ne doit donc pas être l'autarcie industrielle, qui serait économiquement inefficace, mais une souveraineté intelligente. Celle-ci consiste à sécuriser les approvisionnements straté- giques, développer les capacités nationales dans les secteurs critiques, renforcer la pro- duction locale lorsque cela est économique- ment pertinent et diversifier les partenaires commerciaux. À terme, le véritable enjeu sera de faire évoluer le Maroc d'une plate- forme industrielle performante vers une éco- nomie davantage créatrice de technologies, de propriété intellectuelle et d'innovation. C'est cette montée en gamme qui permettra au Royaume de consolider durablement son rang parmi les grandes économies indus- trielles du continent africain et de renforcer son rayonnement international. F. N. H. : Quels sont les principaux défis que le Royaume doit encore relever pour renforcer sa souveraineté indus- trielle et gagner en compétitivité ? Kh. K. : Le premier défi consiste à augmenter le taux d'intégration locale de nombreuses filières industrielles. Si les progrès sont signifi- catifs, certaines industries demeurent encore fortement dépendantes des importations de composants, de matières intermédiaires ou de certaines technologies. Le deuxième concerne l'innovation. Le Maroc devra accroître ses investissements dans la
L’objectif ne doit pas être l’autarcie industrielle, mais une souveraineté intelligente fondée sur la sécurisation des approvisionnements stratégiques, le développement des capacités nationales et l’innovation.
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