FNH N° 1139

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JEUDI 8 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

ECONOMIE

compromettent les performances du secteur agricole. Et puisque le PIB non-agricole n’est pas suffisamment solide malgré les efforts déployés pour diversifier l'économie, notam- ment à travers le développement des métiers mondiaux du Maroc, la crois- sance de l’économie nationale reste globalement molle et irrégulière par rapport aux ambitions de développe- ment du Royaume, et ne permet pas

d’absorber la masse de jeunes qui se retrouvent sur le marché du travail chaque année. C’est pour sortir de cette impasse qu’a été élaboré le nouveau modèle de développement, dévoilé en 2021. Objectif : une refonte profonde du modèle économique et des poli- tiques publiques afin qu’ils cadrent davantage avec les ambitions du Royaume et stimulent la croissance,

pour la porter à un rythme moyen annuel supérieur à 6% et doubler le PIB par habitant à l’horizon 2035. Mais là encore, c’est visiblement échec et mat pour le moment, comme en témoignent les chiffres relatifs à la croissance : 1,3% en 2022, autour de 2,9% en 2023, entre 3,1 et 3,7% en 2024, aux alentours de 3,5% en 2025. Si toutefois la plu- viométrie ne fait pas défaut. ◆

entreprises de recruter plus facile- ment parce qu'elles pourront licen- cier plus facilement. Et donc recruter quelqu'un dans le cadre d'un CDI ne sera plus une prise de risque pour une entreprise comme c'est le cas actuellement». Il préconise aussi de «revoir la fisca- lité pour élargir l’assiette et réduire la pression fiscale sur les PME et TPE afin de leur permettre d'avoir une plus grande résilience par rapport à la crise économique. Car, d’un côté, elles doivent subir les affres de la crise économique actuelle (surcoût, baisse des carnets de commande…). De l’autre, elles doivent composer avec une fiscalité qui devient de plus en plus dure et qui s'acharne toujours sur les mêmes, c’est-à-dire ceux qui sont formels. Globalement, il faut repenser la politique fiscale sur la longue durée et pas dans une logique opportuniste de collecte des recettes fiscales». Croissance molle L’économie marocaine est confron- tée à une problématique de taille : la dualité entre un secteur agricole tra- ditionnellement prédominant, mais sujet aux aléas climatiques, et un secteur industriel et des services en développement, mais encore insuffi- samment robuste pour absorber plei- nement la main-d'œuvre disponible. Cette dualité crée une dépendance excessive à l'égard de l'agriculture, rendant la croissance du PIB vulné- rable aux fluctuations climatiques et aux crises sectorielles. La faiblesse de cette croissance économique limite les opportunités d'emploi et rend difficile la création de nouveaux postes de travail. Elle devrait se situer autour de 2,9% en 2023, et entre 3,1 et 3,7% en 2024, selon les prévisions de l’exécutif et des différentes institutions natio- nales et internationales. Et, au regard de la configuration économique actuelle, il est difficile de franchir durablement ce palier de croissance, cette dernière étant principalement drivée par l’agricul- ture. Or, en raison du changement climatique, le Maroc est confronté à une tendance lourde : un déficit hydrique très inquiétant inhérent à des épisodes de sécheresse de plus en plus récurrents et sévères qui

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