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JEUDI 8 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
ECONOMIE
bétail broutait sereinement. En pareille période, une tempéra- ture très fraîche était ressentie. Ce qui ne fut pas le cas pour ce mercredi 24 janvier 2024, où le thermomètre affichait 29°C. La plupart des personnes rencon- trées sur place portaient des vêtements légers. Le réchauf- fement climatique est devenu une réalité et un phénomène structurel. Inquiétude des riverains Les habitants de cette région ne cachent pas leurs inquié- tudes. Habitués aux diktats du climat avec qui ils ont cohabité pendant des années, ils n’en peuvent plus maintenant. Redouane Haddaj, un agricul- teur dont l’exploitation est à quelques centaines de mètres du barrage Oued El Maleh, raconte le calvaire qu’il vit au quotidien. Outre l’élevage ovin, bovin et avicole, il dispose de quatre hectares d’arboricul- ture, notamment des oliviers, des figuiers, des grenadiers et d’autres hectares de céréa- liculture. Le manque d’eau a impacté sérieusement toutes ses activités. «Les temps ont beaucoup changé. Auparavant, lors de la période hivernale, je pompais rarement de l’eau à partir des eaux souterraines. Mais avec la succession des années de sécheresse et la baisse de la nappe phréatique alimentée par les eaux du barrage, le puits, notre seule source d’eau, est en voie de tarissement. J’ai été contraint de procéder à un nouveau forage qui m’a coûté 55.000 DH. Je n’avais pas le choix, sinon je devais tout arrê- ter et chercher une autre activi- té. Les cultures bours n’arrivent plus à pousser et à croitre. Pour maîtriser les charges, j’ai réduit mon bétail (de 20 bovins et 100 ovins, à 4 bovins et 20 ovins). Mais je travaille à perte. J’accuse un déficit cumulé de plus de 70.000 DH. Je n’ai plus de visibilité : l’aliment de bétail
e Maroc est secoué par une vague de sécheresse sans pré- cédent qui nous rappelle celle des années 80. En réponse à cette situation, les autorités ont décidé des mesures dras- tiques pour la préservation des ressources hydriques, que ce soit pour des usages agricoles, industriels ou domestiques. Plusieurs périmètres irrigués ont vu les approvisionnements d’eau chuter sensiblement. Les activités consommatrices d’eau Désert économique aux alentours du barrage Par C. Jaidani L Oued El Maleh comme les hammams et les sites de lavage de voitures ont été contraintes de réduire leur nombre de jours d’ouverture. Dans le monde rural, le déficit hydrique a eu des effets impor- tants. Habituée à une alternance année humide - année sèche, la population rurale arrive à peine à tenir le coup, car le Maroc connaît six années successives de sécheresse. Au niveau des lacs artificiels créés par les barrages, l’am- La baisse drastique des réserves en eau et le manque de pluie se sont répercutés négativement sur la région. De nombreuses personnes exerçant dans l’agriculture, le tourisme, le commerce et la pêche lancent un cri de détresse. pleur du phénomène est net- tement visible. Ces lieux sont connus pour être propices pour différentes activités comme l’agriculture, le tourisme, les loi- sirs, la chasse ou la sylviculture. Aux abords du lac Oued El Maleh, à une trentaine de kilo- mètres de Casablanca, c’est un climat de désolation qui sévit. Jadis, à partir du mois de jan- vier, on pouvait découvrir un beau panorama, avec un pay- sage plein de verdure où le
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