FNH N° 1139

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JEUDI 8 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

ECONOMIE

puits. Dans cette région, la profon- deur atteignait jadis en moyenne de 50 à 60 mètres; actuellement il faut forer au-delà de 100 mètres, ce qui entraîne des frais de pom- page très chers. «L’Etat doit revoir à la baisse les prix des panneaux solaires ou les subventionner. C’est la source

de nombreux fellahs ont changé d’activité pour s’adonner à d’autres métiers plus rentables. Ce qui n’est pas le cas de Redouane Haddaj. «C’est l’amour de l’agriculture et l’attachement à la terre de mes ancêtres qui m’incitent à résis- ter. Par le passé, j’ai eu l’occa- sion d’immigrer à l’étranger ou

n’a cessé de flamber, le carburant aussi. Les prix des intrants ont quasiment triplé par rapport à la normale. En revanche, les recettes ont stagné. L’aliment subventionné distribué par l’Etat ne suffit même pas pour l’alimentation d’une jour- née. On constate cette année que l’offre de la paille est en diminu- tion. Car ce produit amortissait la hausse des prix des aliments. Ce qui n’est pas le cas cette année. La botte de paille était auparavant négociée en cette période à 15 - 20 DH. Actuellement, elle dépasse les 50 DH» , raconte Haddaj. Outre le cheptel, l’état végétatif des cultures est lui aussi fortement impacté. La hauteur du blé ne dépasse pas les 8 cm, alors qu’en pareille période, elle s’établissait en moyenne à 20 - 25 cm. Si l’évo- lution des céréales se poursuit à ce rythme, les fellahs auront beau- coup de difficultés pour réaliser les moissons. L’arboriculture n’est ravitaillée qu’à partir des eaux des Le barrage de Oued El Malleh a été lancé en 1930. Il a été inauguré par Feu le Roi Mohammed V. Il avait pour mission la lutte contre les inondations, la production de l’eau potable et l’électricité ainsi que l’irri- gation. Il disposait d’une capacité de retenue d’eau de 25 millions de m 3 . Mais au fil des ans et avec le phéno- mène de l’envasement, sa capacité a été réduite à 5 millions de m 3 seule- ment. Les fortes pluies de fin 2001 avaient inondé Mohammedia, mon- trant que la durée de vie du barrage arrivait à sa fin. Les autorités ont décidé alors de construire un nou- veau barrage à quelques mètres en aval du premier. Le nouvel ouvrage aura une capacité de 50 millions de m 3 . Pendant, les premières années de son inauguration, il affichait un taux moyen de remplissage de 60%. Mais actuellement, ce taux est des- cendu à 24% seulement. Un taux de remplissage en régression

d’énergie la plus utilisée par les petits fellahs, car elle permet une économie des charges et a un effet favorable sur l’environnement» , poursuit Haddaj. La situation que vit cet exploitant est similaire à celle des autres de la région qui souffrent en silence. Face à la baisse de leurs revenus,

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