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JEUDI 8 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
ECONOMIE
de changer de métier, mais j’ai préféré garder mon statut d’agriculteur. Je me demande souvent jusqu’à quand ? Une ou deux autres années de séche- resse encore et je n’aurai plus le choix, autrement je n’aurai pas de quoi nourrir ma famille» , se désole-t-il. Si l’agriculture est la plus frap- pée par les aléas du climat, d’autres activités aux alentours du barrage sont aussi malme- nées.
Les activités aquatiques en net ralentissement
Le lac d’Oued El Maleh sert également à plusieurs activités aquatiques, comme la planche à voile, le ski nautique, le kayak ou la pêche. Plusieurs opéra- teurs ont lancé des projets dans ces créneaux vu les marges bénéficiaires qu’ils génèrent. Mais avec la baisse des réserves en eau du barrage et l’absence d’un climat printanier, ces acti- vités tournent au ralenti. «Le lac d’Oued El Maleh est une zone touristique par excel- lence. Il connaît une forte affluence, surtout au cours du printemps et les week-ends. Les visiteurs viennent de plusieurs villes comme Casablanca, Mohammédia, Settat, El Jadida ou Rabat. Notre activité connaissait un grand succès, des clients faisaient la queue
Face à la baisse des ressources en eau et la hausse des prix des intrants, de nombreux exploitants ont réduit leur bétail.
climatiques de ces dernières années, il a abandonné sa terre pour se consacrer à un petit commerce à destination des touristes, comprenant la vente de thé à la menthe, de tagines et de certains produits agricoles comme le petit lait, les œufs, le beurre... «Je ne suis plus en forme pour exercer l’agriculture, d’autant plus qu’elle n’est plus rentable. Le manque de pluie et la cha- leur ont réduit sensiblement le volume d’eau du barrage. Cela s’est répercuté négativement sur toutes les activités de la région. Je propose actuelle- ment des services à destination des visiteurs du lac, cela m’as- sure au moins de quoi vivre. La baisse des touristes a réduit sensiblement mon revenu et je n’arrive pas à subvenir à tous mes besoins. Ma femme a plu- sieurs maladies chroniques et a besoin d’un traitement très coû- teux. Sans l’aide de mes enfants dont la plupart travaillent à Casablanca, je ne pourrais pas tenir le coup», note-t-il. ◆
pendant des heures. Ce qui n’est pas le cas actuellement, où seulement quelques gar- gotes fonctionnent, à cause de la baisse du pouvoir d’achat, le manque de verdure et le pay- sage désolant. Nous avons dû réduire l’effectif pour maîtri- ser les charges» , indique Said Aguenaou, responsable des activités nautiques au complexe touristique O’Lac.
C’est l’amour pour l’agriculture et l’attachement pour la terre de mes ancêtres qui m’incitent à résister.
«Nous sommes confiants pour l’avenir. Le retour de la pluie et de la verdure devrait permettre un réapparition en masse des visiteurs. Le lac Oued El Maleh reste le site naturel le plus proche de Casablanca. C’est un lieu de loisirs qui est à la portée de toutes les bourses. La région de Casablanca-Settat a annoncé un programme de 30 millions de DH pour sa réhabi- litation, notamment l’entretien et l’élargissement de la route, le reboisement et des services d’assainissement», explique-t-il. Le vent d’espoir que véhicule Aguenaou n’est pas partagé par les personnes exerçant des petits métiers aux alentours du lac. Mostafa Kamal est un septua- génaire qui a exercé durant toute sa vie le métier de fel- lah. Mais face aux changements
Auparavant, les visiteurs attendaient pendant des heures leur tour pour pouvoir accéder aux jeux nautiques sur le lac Oued El Maleh. Actuellement, faute de clients, les barques sont à l’arrêt.
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