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JEUDI 8 FÉVRIER 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
DEVELOPPEMENT DURABLE
durable. Dans le même sens, elle se mobilise aux côtés du minis- tère des Finances et des autres régulateurs financiers pour l’élaboration d’une stratégie de financement de la lutte contre le changement climatique. Celle-ci devrait permettre d’évaluer le gap des financements verts et d’identifier les mesures et méca- nismes à même de permettre au secteur financier national, ainsi qu’aux institutions financières étrangères, de massifier leurs contributions à la finance verte et climatique. Elle s’accompagnera de l’adoption d’une taxonomie financière verte nécessaire pour canaliser les flux financiers et prévenir le «Green Washing».
La BM estime les besoins d’investisse- ment du Maroc, entre 2022 et 2050, à environ 78 milliards de dollars. pour la lutte contre les impacts du changement climatique.
Nouvelles directives et nouveaux objectifs
Sur le plan de la régulation ban- caire, Bank Al-Maghrib travaille actuellement sur de nouvelles directives réglementaires pour fournir aux banques des orienta- tions sur les données à collecter et les indicateurs et métriques à mettre en place pour mesurer les risques climatiques émanant des grands emprunteurs et éva- luer la part verte et durable de leurs portefeuilles. Elles visent également la transposition des normes internationales de trans- parence en matière de durabilité pour renforcer la discipline de marché au sein du secteur ban- caire. Sur le plan de la gestion de ses réserves de change, Bank Al-Maghrib intègre le principe de durabilité dans sa directive d’investissement, et ce en favo- risant les placements à carac- tère durable et responsable. En 2023, elle a réalisé un placement d’un montant de 200 millions de dollars dans des obligations vertes de la Banque mondiale. Ses investissements dans des obligations vertes, sociales et durables représentent aujourd’hui 7% des réserves de change, l’objectif à terme étant d’atteindre une part de 10%. ◆
Changement climatique
marges budgétaires. Dans le cas du Maroc, la Banque mondiale estime les besoins d’investisse- ment entre 2022 et 2050 à envi- ron 78 milliards de dollars. La Banque centrale se mobilise aux côtés du ministère des Finances et d’autres régulateurs pour élaborer une nouvelle stratégie de financement de la lutte contre le changement climatique. Bank Al-Maghrib intensifie son engagement Par Y. Seddik C
onsciente que le changement cli- matique comporte des menaces considérables pour l’activité économique et financière du Royaume, Bank Al-Maghrib œuvre depuis plusieurs années pour accélérer la prise en compte des enjeux climatiques au sein de l’écosystème finan- cier marocain. Aujourd’hui, «la question de la contribution des Banques cen- trales à l’effort de lutte contre le changement climatique reste, en revanche sujet à débat. Doivent- elles ? Ont-elles la capacité et les moyens ? Les boites à outils dont elles disposent sont-elles adaptées à cet élargissement de leurs missions ? Quelles seraient
les conséquences sur leurs mis- sions traditionnelles ? Sur leur indépendance ?… Le débat et la réflexion se poursuivent au sein des Banques centrales et des instances internationales telles que le NGFS», a estimé Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, à l'occasion d'une rencontre sur le climat organisée avec son homologue espagnol. Le wali a également expliqué que le changement climatique et l’atténuation de ses impacts requièrent la mobilisation de financements colossaux, dans un contexte marqué, au niveau mondial, par des taux d’endet- tement public et privé très éle- vés et un amenuisement des
Vers une nouvelle stratégie de financement La Banque centrale s'est enga- gée depuis plusieurs années dans le cadre des efforts natio- naux et mondiaux de lutte contre le changement climatique et ses conséquences. Pour rappel, en 2016, en marge de la COP22 organisée à Marrakech, la Banque a fédéré les régulateurs et les acteurs du secteur finan- cier national autour d’une feuille de route dédiée à la finance
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