Hors série Numéro 45

D ÉVELOPPEMENT DURABLE

Hydrogène blanc «La géologie du Maroc et ses couches terrestres permettent de croire à un avenir H2 naturel verdoyant»

F. N. H. : Malgré son abondance sur terre, on ne trouve que très rarement l’hydrogène sous sa forme pure (H2). Expliquez-nous pourquoi ? A. G. : Beaucoup d’expérimentations sont réalisées afin d’identifier les conditions de formation de l’hydrogène naturel et plusieurs théories scientifiques existent autour de la question. L’hydrogène est un gaz très volatile et incolore, donc difficilement identifiable à l’œil nu. Dans le cas des explorations pétrolières et gazières, les forages atteignent très vite les milliers de mètres. Alors que l’hydro- gène naturel se trouve principalement dans les premières centaines de mètres en partant de la surface de la terre. Cette question est souvent posée aux cher- cheurs. La réponse qui revient souvent : « On ne le trouvait pas parce qu’on ne le cherchait pas ». F. N. H. : Quelle différence existe-t-il entre l’hydro- gène blanc et celui communément appelé vert ? Qu’en est-il en matière de coût ? A. G. : L’hydrogène blanc est l’hydrogène naturel trouvé dans la nature sans avoir recours à la production. Alors que l’hy- drogène vert est un hydrogène produit avec une énergie renouvelable, donc verte. Les études ont démontré que l’hydro- gène naturel a un coût de revient moins élevé que l’hydrogène vert. Il ne nécessite pas la mise en place d’unités de pro- duction coûteuses, contrairement à de l’hydrogène produit selon des procédés d’électrolyse de l’eau. En outre, l’hydrogène gris produit en craquant du gaz méthane (CH4) reste encore moins coûteux que l’hydrogène vert, mais avec l’inconvénient de dégager du dioxyde de carbone CO2. En résumé, et selon les études récem- ment effectuées, nous sommes dans les

De nombreux pays tentent de trouver des alternatives aux énergies fossiles et misent sur l’hydrogène blanc, dit naturel, qui a un coût de revient moins élevé que l’hydrogène vert. Entretien avec Adil Gaoui, président de l’Association marocaine de l’hydrogène et le développement durable et directeur fondateur de l’Institut marocain de l’hydrogène et de la pile à combustible.

F. N. H. : L’hydrogène blanc est qualifié d’énergie renouvelable de demain, d’autant plus que son investissement n’est pas très lourd. Comment peut-on profiter au mieux de cette source d’éner- gie majeure ? A. G. : La particularité de l’hydrogène blanc est sa capacité à se renouveler et à se régénérer à l’échelle de dizaines d’années et non à la maille de milliers d’années comme le pétrole ou le gaz. Son exploitation est encore expérimen- tale actuellement. On utilise des moyens assez rudimentaires de captage de l’hy- drogène depuis le sol; son stockage se fait dans des réservoirs adaptés et sa trans- formation vers de l’électricité est réalisée soit par la combustion, soit via des piles à combustible. L’identification des gisements d’hydro- gène blanc consiste en la réalisation d’études de géochimie, de géophysique et de forage. L’hydrogène naturel se trouve à des profondeurs proches des surfaces terrestres ne dépassant pas les quelques centaines de mètres. Le Maroc a lancé à travers l’Office natio- nal des hydrocarbures et des mines (ONHYM) des études et des partena- riats dans le secteur de l’hydrogène natu- rel afin de former les équipes locales et identifier progressivement le potentiel du pays pour cette nouvelle ressource. A travers l’AMHYD (Association maro- caine pour l’hydrogène et le développe- ment durable), nous avons accompagné des investisseurs étrangers souhaitant se développer au Maroc, avec la certitude scientifique du potentiel de notre pays en termes d’hydrogène blanc.

Finances News Hebdo : Parlez-nous de l’hydro- gène blanc, cette source d’énergie que certains appellent le «nouveau pétrole» ? Adil Gaoui : L’hydrogène blanc est l’appel- lation qui est donnée par certains médias et chercheurs à l’hydrogène naturel qui se trouve dans les gisements terrestres. C’est pour cela que cet hydrogène est apparenté à du pétrole, car il est extrait des couches terrestres. Mais à la différence du pétrole, l’hydro- gène naturel se trouve à l’état gazeux sous forme de flux en mouvement et non pas sous forme de stock stable.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°45 92

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