BORN BIRD A TOBE by Class & Relax Lifestyle Magazine
BUSINESS - PHILOSOPHY - HISTORY - INNOVATIONS - SUSTAINABILITY
WORLD CONNECT 2024 BY APG Is Air Transport driven by Politics or Economics ?
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“We manage 10 lounges and VIP lounges for ADP at Paris CDG and Paris Orly, trusted by the world's leading airlines and we have a training centre, The French Hospitality Academy. We welcome almost 2,000 passengers a day, 7 days a week, all year round, 19 hours a day, and we provide as many place settings, for more than 40 airlines and passengers travelling all over the world, as well as some of the leading names in the luxury industry, such as Dior. We have a unique vision of hospitality and ability to create memorable, tailor-made customer experiences.”
Maxence ROCHE Founder and President of the French Hospitality Group General Director of Paris Lounge Network
www.thefrenchhospitality.com
l’Edit orial
de Jean-Emmanuel Hay
Ce n'est pas un hasard si ce second numéro de BORN TO BE A BIRD succède à un volume dédié à un parc ornithologique. On entend souvent parler de biomimétisme : c'est l'oiseau qui a fait si longtemps rêver l'homme de voler, et l’a inspiré. Dans la mythologie grecque, Icare, l'un des premiers à les avoir imité, s’est brûlé les ailes, et bien d'autres après lui, jusqu'à ce jour où le transport aérien est devenu le moyen le plus sûr de se déplacer d'un bout à l'autre du monde. Alors, pourquoi est-il pointé du doigt dans certains pays d’Europe ? Parce qu'il est polluant. C'est oublier l'évolution chère à toutes les espèces animales, et à l’industrie. L'évolution nécessaire. Les avions polluent de moins en moins, ils sont moins bruyants, des aéro- nefs électriques et à hydrogène propre arrivent, et un jour pro- chain toutes ces discussions seront dépassés. Elles auront eu
Revenons au parc ornithologique. Il est un peu comme un aéro- port. Il y a là toutes sortes d'oiseaux qui se posent et s’en vont au gré des migrations. Leurs mouvements, pour naturels qu’ils soient, ne sont pas des actes anodins. Le parc de Pont-de-Gau, en Camargue (France) est connu pour ses flamants roses. Eh bien, lorsqu'un de ces oiseaux, parce qu'il y a trop de vent, rate son atterrissage, qu’il a mal calculé sa trajectoire, mal envisa- gé son angle d'approche un jour de mistral, il peut se casser une patte lors du poser, puis mourir de gangrène. L'oiseau et l'avion ne font qu'un dans l'imaginaire collectif. Il est le fruit de l’oiseau migrateur au long cours, revisité par l’hom- me, et il façonne nos rêves : nouveaux horizons, business loin- tains, rencontres, retrouvailles.
le mérite d’accélérer la révolution du transport aérien en cours. Faut-il démontrer, prouver que l'aérien est très exceptionnelle- ment banalisé, et qu'il ne devrait jamais l'être ? Comme le dit si bien Sandrine de Saint-Sauveur, le transport aérien ne sera jamais une commodité.
Born to be a Bird consacre ce volume au World Connect d’APG et à l’univers de la famille APG, histoire de famille, au sens propre comme au sens figuré, avec Jean-Louis Baroux, initia- teur du groupe, brillant homme d’affaire, mélomane, maestro et maître de cette grande maison dont les portes s’ouvrent sur
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le monde ; où il s’assure que ses hôtes ne manquent jamais de rien et qu’ils travaillent dans le meilleur esprit possible ; précis, exigeant avec les autres autant qu’avec lui-même. Nous aimons lire ses chroniques. Peu de gens savent partager leurs connais- sances avec un aussi bel esprit. Jean-Louis Baroux est un homme de communication, fait rarissime dans le milieu de l'aérien. Je me suis rendu compte en réalisant ce numéro, à quel point le monde de l'aviation civile ne sait pas communiquer. Lorsqu'on veut peser de tout son poids dans l'opinion publique, dans la presse, il faut s’en donner les moyens. J’ai peut-être touché du doigt l’une des raisons pour lesquelles l’avion oppose si peu de résistance au dogme de la pollution qui lui colle à la carlingue : l’absence d’une communication efficace et coordonnée ! N'être pas capable de communiquer convenablement, de fournir rapidement les informations voulues, c'est un handicap et c'est source des pires soucis : on se souviendra du silence d’Aegean Airlines, qui avait perdu la trace de l’animal de compagnie d’un de ses passagers, un chat, et de la levée de boucliers qui s’en est suivie, face à l’incapacité de la compagnie à donner une réponse rapide et cohérente. La précision, la technicité propore au monde de l'aérien doit s'appliquer à tous les niveaux, y compris celui de la communication. Enfin, être bien perçu en montrant que l’on s’intéresse à l’envi- ronnement, en participant à la protection de la faune, avicole de préférence, à la protection de sa biodiversité serait un atout sup- plémentaire pour tout le monde et contribuerait à valoriser l’image des compagnies aériennes. Nous aurons l’occasion de vous en reparler. Parce que l'oiseau est le “modèle” de l'avion. Et qu’un futur sans oiseau, ce serait vivre dans un monde de sourds, un monde où, des études l’on démontré, l’homme serait moins heureux : les chants d’oiseaux nous accompagnent et nous déli- vent un message de prospérité, de confiance dans l’avenir.
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t's no coincidence that this second issue of BORN TO BE A BIRD follows a volume dedicated to a bird park. We often hear people talk about biomimicry: it's the bird that has long inspired man to dream of flying. In Greek mythology, Icarus, one of the first to imitate them, burnt his wings, as did many others after him, until the day when air transport became the safest way to travel from one end of the world to the other. So why is it being singled out for criticism in some European countries? Because it pollutes. That's forgetting the evolution that is so dear to all animal species, and to industry. Necessary evolution. Aircraft are polluting less and less, they are less noisy, electric and clean hydrogen aircraft are arriving, and one day
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soon all these discussions will be outdated. They will have had the merit of accelerating the revolution in air transport that is underway. Do we need to prove that air travel is exceptionally commonplace, and that it never should be? As Sandrine de Saint- Sauveur so aptly put it, air travel will never be a commodity. Let's get back to the bird park. It's a bit like an air- port. There are all sorts of birds here, landing and leaving as they migrate. Their movements, however natural, are not inconsequential. The Pont-de-Gau park in the Camargue (France) is famous for its pink flamingos. Well, when one of these birds misses its landing because the wind is too strong, or because it has miscalculated its trajectory or wrongly conside- red its angle of approach on a mistral day, it can break a leg during the landing, and then die of gan- grene. The bird and the plane are one and the same in the collective imagination. It is the fruit of the long-dis-
share their knowledge with such a fine spirit. Jean- Louis Baroux is a man of communication, a rarity in the airline industry. In producing this issue, I realised just how little the world of civil aviation knows how to communicate. If you want to carry your weight in public opinion and in the press, you have to give yourself the means to do so. I have perhaps touched on one of the reasons why aircraft put up so little resistance to the dogma of pollution that clings to their hulls: the lack of effective, coordinated communication! Not being able to communicate properly, to provide the information required quickly, is a handicap and a source of the worst worries: we remember the silence of Aegean Airlines, which had lost track of one of its passengers' pets, a cat, and the outcry that followed, faced with the company's inability to give a rapid and coherent response. The precision and technical nature of the airline industry must be applied at all levels, including communication.
painting and photo by www.airplane.aero
tance migratory bird, revisited by man, and it shapes our dreams: new horizons, distant busi- nesses, encounters, reunions. Born to be a Bird devotes this volume to APG's World Connect and the world of the APG family, a family affair, literally and figuratively, with Jean-Louis Baroux, the group's founder, a brilliant business- man, music lover, maestro and master of this great house whose doors open onto the world; where he ensures that his guests never lack for anything and that they work in the best possible spirit; precise, demanding with others as much as with himself. We love reading his columns. Few people know how to
Finally, being well perceived by showing that we are interested in the environment, by helping to protect wildlife - preferably birds - and its biodiversity, would be an additional asset for everyone and would help to enhance the image of airlines. We'll have a chance to talk to you about this again. Because the bird is the aircraft's ‘model’. And because a future without birds would mean living in a world of the deaf, a world where, as studies have shown, people would be less happy: birdsong accompanies us and deli- vers a message of prosperity and confidence in the future.
jeh.anolis@gmail.com
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SOMMAIRE CONTENT
Jean-Louis Baroux 07
APG Airlines 17
Airlines Golf Trophy 11
Sandrine de Saint Sauveur 20
Richard Burgess 31
Bertrand Piccard 49
Antoine Huet 41
Jean-Paul Dubreuil 54
The World of APG 63
David Curmi 58
BORN TO BE A BIRD N°2 BY C LASS &R ELAX L IFESTYLE M AGAZINE
Jean-Emmanuel Hay Founder & President jeh.anolis@gmail.com +33 6 72 59 30 13 Lay out Odyssair Ltd
T ous droits réservés. Les photographies et textes de ce magazine ne peuvent être reproduits sous aucune forme sans l’autorisation d’Odyssair Ltd. All rights reserved. the photographs and texts of this magazine, or parts thereof, may not be reproduced in any form without permis- sion of Odyssair Ltd.
Photographs www.jean-emmanuel-hay.com And: Airbus SAS - APG - IStock - Solar Impulse Writers : Noémie Hay, Ulysse Hay, Jean- Emmanuel Hay, Claude Marpaud, Philippe Poullain.
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Class & Relax Lifestyle Magazine : Jean-Louis Baroux, le World Connect by APG s’articule autour de cette question complexe, est-ce le politique ou l’économique qui détermine le développement aérien ? J.L.B. CONSEILS Interview by Jean-Emmanuel Hay Photographies Jean-Emmanuel Hay Istock - Airbus SAS -CemAir
JEAN-LOUIS BAROUX
THE FOUNDER
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Jean-Louis Baroux : Pour moi la réponse est très tranchée, c'est le politique qui dirige le développement aérien. Ceci étant dit, si l’on prend l'histoire de l'aviation civile, elle est toujours étatique, à l’origine, mais en vitrine c’est de moins en moins le cas. Lorsque les compagnies aériennes du Golfe affirment qu'elles sont indépendantes, ce n'est pas vrai : elles sont supportées par leurs états. Même ordre d'idée pour les compagnies américaines, qui sont subventionnées. Toutes les compagnies sont-elles sub- ventionnées ? Et pourquoi pas ? La question serait plutôt de se demander pourquoi cela est dissimulé. Peut-être parce que le transport aérien est devenu la cible de l'écologie. Les États, qui surfent plus ou moins sur cette vague, mettent l’écologie en avant et dissimulent ce qui peut l’être. On ne parle bien sûr que de l’Occident, en ce qui concerne ce point, l’Europe et un peu les Etats-Unis. Sont donc concernés environ 850 millions d’habitants, sur les 8 milliards que compte la planète, 7 milliards de personnes n’ayant pas d’autre soucis que de voler et de developer leur économie ! Il n’empêche que les compagnies aériennes doivent rester rentables : la France a investit 7 milliards dans le binôme Air France-KLM, l’Allemagne a déboursé 4 milliards durant le Covid : ce sont des décisions poli- tiques.
Class & Relax Lifestyle Magazine : Vous avez la chance d’avoir une vision globale, chez APG, en tant que multinationale. Le développement économique, qui doit beaucoup à l’aérien, risque-t-il une perte de vitesse, en Europe ? Pendant ce temps, une compagnie que vous représentez, Ethiopian Airlines, se développe considérablement en Afrique et dans le monde. Jean-Louis Baroux : Sur le continent africain, il n'y a pas d'autre exemple de développement d’une compagnie aérienne compa- rable à celui d’Ethiopian Airlines. Est-ce que d'un côté, on a un très fort développement du monde et de l'autre, un ralentisse- ment ? Il est clair que l'Europe est dans une situation particulière. Le continent est petit, les distances sont faibles et l'infrastructure au sol, importante. L'Europe a développé un réseau de trains rapides qui fait largement concurrence au transport aérien. Artificiellement, d’ailleurs. Lorsqu’on veut bien y regarder de plus près, avant de prendre un avion, il faut passer par des filtres extrêmement pénibles, qui découragent les passagers. Ce n'est pas le cas lorsqu’on prend le train ; mais qu'on ne me dise pas que le train n’a jamais été la cible d'attentats : je rappelle quand même qu'à Atosha (Madrid), il y a eu près de 200 morts et 1900 blessés, en 2004. Aucun contrôle n’a été instauré pour le train,
Class & Relax Lifestyle Magazine : Sommes-nous trop gâtés, en Europe, pour accepter ce dogme d’un transport aérien polluant sans nous poser davantage de questions ? Jean-Louis Baroux : Oui, probablement. D'ailleurs, il n'y a qu'à voir nos pays. Les gens ont couvert tous leurs besoins essentiels : ils sont malheureux, ils n'ont plus de désirs. L’aérien est un moyen pour les Etats d’affirmer leur présence, leur puissance. Les réseaux des affaires étrangères établissent cette présence dans le monde, et le support c’est une compagnie aérienne.
depuis. Les passagers des avions sont-ils plus dangereux que ceux du train ? Je me pose souvent cette question. Ce sont pro- bablement les mêmes. Ils sont donc dangereux quand ils volent, mais pas lorsqu’ils se déplacent en train. Class & Relax Lifestyle Magazine : Prendre l'avion, c'est devenu une course d'obstacles. Même dans les meilleures conditions, rien n’est garanti… Jean-Louis Baroux : Souvent, c’est un calvaire : il faut d’abord arriver à l’aéroport ; puis franchir une course d’obstacles pour accéder à son avion. Une fois qu'on est dans l’avion, ça va très
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mal parce qu'on ne trouve pas de place pour ses bagages, à cause de passagers qui sont au fond de l’appareil et qui ont déposé les leurs à votre empla- cement : c'est devenu courant. SITA travaille beau- coup sur ce dossier, afin que des contôles faciaux nous permettent de rejoindre rapidement notre avion,, mais il y a de fortes résistances. D’autre part, le contrôle des passagers dans les aéroports repré- sente un important business, de l’ordre de 800 mil- lions d’euros par an rien qu’en France, et cela fait vivre beaucoup de monde. Comme on a besoin d’as- sistance dans un aéroport, et non de se retrouver en face de machines, il ne reste plus qu’à faire évoluer le travail des agents au sol vers la creation d’une meilleure fluidité, afin que le transit à l’aéroport cesse d’être une course d’obstacles. On n'a pas trouvé de solution pour rendre le système à nouveau fluide. lass & Relax Lifestyle Magazine: Jean-Louis Baroux, the World Connect by APG revolves around this com- plex question: is it politics or economics that deter- mines air travel development?
because air transport has become the target of the environmentalists. Governments, which are more or less riding this wave, are putting ecology first and hiding what they can. Of course, we're only talking about the West here, Europe and to some extent the United States. That's around 850 million of the planet's 8 billion inhabi- tants, 7 billion of whom have no other concern than using planes and developing their economy! The fact remains that airlines have to remain profitable: France has invested 7 billion in the Air France-KLM pairing, and Germany disbursed 4 billion during Covid: these are political decisions. Class & Relax Lifestyle Magazine : Are we too spoilt in Europe to accept the dogma of polluting air trans- port without asking ourselves more questions? Air transport is a way for states to assert their presence and their power. The forei- gn affairs network establish this presence in the world and the support is an airline.
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Jean-Louis Baroux: For me, the answer is very clear- cut: it's politics that drives air transport develop- ment. Having said that, if we look at the history of civil aviation, it has always been state-run at the out- set, but this is less and less the case in the showca- se. When the Gulf airlines claim that they are inde- pendent, this is not true: they are supported by their states. The same goes for American airlines, which are sub- sidised. Are all airlines subsidised? And why not? The question is, why is this being hidden? Perhaps
Jean-Louis Baroux: Yes, probably. You only have to look at our own countries. People have covered all their basic needs: they're unhappy, they no longer have any desires. Class & Relax Lifestyle Magazine: As a multinatio- nal, you are fortunate to have a global vision at APG. Is economic development, which owes a great deal to air travel, in danger of losing momentum in Europe? Meanwhile, Ethiopian Airlines is expanding considerably in Africa and around the world.
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train passengers? I often ask myself that question. They are pro- bably the same. So they're dangerous when they fly, but not when they travel by train.
Class & Relax Lifestyle Magazine: Flying has become an obstacle course. Even in the best conditions, nothing is guaranteed...
Jean-Louis Baroux: It's often an ordeal: first you have to get to the airport; then you have to negotiate an obstacle course to get to your plane. Once you're on the plane, it's very difficult because you can't find a place for your luggage, because passengers that are at the back of the aircraft have left theirs where you are. SITA is working hard on this issue, so that facial checks allow us to get to our plane quickly, but there is a lot of resistance. What's more,
Jean-Louis Baroux: In Africa, there is no other example of airline development comparable to that of Ethiopian Airlines. Is it that, on the one hand, the world is developing very strongly and, on the other, is slowing down? Clearly, Europe is in a special situa- tion. The continent is small, distances are short and ground infra- structure is extensive. Europe has developed a network of high-
speed trains that largely competes with air transport. Artificially, in fact. If you take a closer look, before taking a plane, you have to go through extremely laborious filters that discourage passen- gers. This is not the case when you take the train; but don't tell me that trains have never been the target of attacks: I would remind you that in Atosha (Madrid), in 2004, nearly 200 people were killed and 1,900 injured. No controls have been introduced for trains since then. Are plane passengers more dangerous than
passenger screening at airports is a major business, worth around €800 million a year in France alone, and it provides a livelihood for a lot of people. Since people need assistance at an airport, not machines, all that's left to do is to shift the work of ground staff towards creating a smoother flow and providing support for passengers, so that transit through the airport ceases to be an obstacle course. No solution has been found to make the system fluid again.
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AIRLINES GOLF TROPHY BY APG
L'Airlines Golf Trophy est l’un de ces événements fédérateurs que Jean-Louis Baroux apprécie et où APG excelle dans l’art de recevoir. La huitième édition s’est déroulée le 11 septembre 2024 au golf de Val-Grand. Ce fut une belle journée de golf "friendly-business”, placée sous le signe de la détente et de la convivialité, où se sont retrouvés les différents acteurs du transport aérien. CONVIVIALITY By Jean-Emmanuel Hay, Claude Marpaud & Philippe Poullain
Jean-Louis Baroux : A L’origine, Aéroports de Paris organisait un tournois de golf pour les professionnels de l’aérien. Lorsque cet événement a cessé d’exister, nous avons créé l’Airlines Golf Trophy. Cette année, Mourad Majoul a décidé d’être copartenaire avec sa société Avico, broker d’avions de référence en France. Il y a deux ans, nous avons confié l’organisation à Edouard Tuffier, dont la société, Swing, est spécialisée dans l’organisation d’événements de ce genre, et la mayonnaise a bien pris ! Nous étions plus de 60 joueurs et plus de 100 personnes en soirée, parce que notre trounoi ne s’arrête pas à la remise des prix : les accompagnants étaient aussi les bienvenus et ceux qui le souhai- taient ont participé à une initiation au golf. Edouard Tuffier : J’ai crée Swing en 1992, nous organisons chaque année plus de 200 événements golfiques. Jean-Louis Baroux m’a confié il y a deux ans l’organisation de son tournois de golf, qui s’appelait l’APG Golf Trophy, afin de le professionna- liser. L’événement est ouvert aux acteurs majeurs du tourisme et de l'aérien et il est financé par un pool de partenaires ayant un lien avec ce secteur d'activité. Sur un événement de ce genre je m'entoure d’une équipe dédiée et la partie enseignement est confiée à un pro qui vient de l'exté- rieur et qui a fait ses preuves, qui arrive à tenir en haleine les débutants aussi longtemps que les golfeurs. Cette huitème édi-
tion a été un franc succès et je pense que l’événement va prendre de l’ampleur, d’autant que Jean-Louis Baroux souhaite lui don- ner une envergure plus internationale.
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he Airlines Golf Trophy is one of those federative events that Jean-Louis Baroux appreciates and where APG excels in the art of entertaining. The eighth edition took place on 11 September 2024 at the Val-Grand golf course. It was a great day of friendly-business golf, where the various players in the air transport industry came together in a relaxed and convivial atmosphere. Jean-Louis Baroux: Aéroports de Paris originally organised a golf tournament for airline professio- nals. When this event ceased to exist, we decided to create the Airlines Golf Trophy. This year, Mourad Majoul has decided to be a co-partner with his com- pany Avico, the leading aircraft broker in France. Two years ago, we entrusted the organisation to Edouard Tuffier, whose company, Swing, specialises in organising events of this kind, and the mayonnai- se took off! There were more than 60 players and over 100 people in the evening, because our trou-
nois doesn't stop at the prize-giving: those accompa- nying us were also welcome, and those who wanted to took part in an introduction to golf. Edouard Tuffier: I set up Swing in 1992, and we organise around 200 golf-related events every year. Two years ago, Jean-Louis Baroux entrusted me with the organisation of his golf tournament, which was called the APG Golf Trophy, in order to professiona- lise it. The event is open to major players in the tou- rism and airline industries and is financed by a pool of partners with links to this sector of activity. For an event of this kind, I surround myself with a dedicated team and the teaching part is entrusted to an outsi- de pro with a proven track record, who manages to keep beginners and golfers alike on their toes for as long as possible. This eighth edition was a great suc- cess and I think the event will grow, especially as Jean-Louis Baroux wants to give it a more internatio- nal dimension.
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APG GROUP
C lass & Relax Lifestyle Magazine : Sophie Ballandras, vous êtes directrice d’APG Airlines, l’une des plus petites compagnies aériennes du monde. Sophie Ballandras : Exactement, avec un seul avion de 8 sièges, un BE 350 bi-turbopropulseur opérant sur une seule ligne, Toulouse-Lorient. La création de cette compagnie a été initiée par
SOPHIE BALLANDRAS
APG AIRLINES Interview by Jean-Emmanuel Hay - Photographies APG
le groupe APG pour ses besoins d'activité, d'interline ticketing. Pour exercer cette activité, il faut disposer d'un code IATA. Et pour avoir un code IATA, il faut être une compagnie aérienne régulière. APG a donc émis le souhait d’être autonome sur ce point et de posséder une compagnie aérienne interne au groupe, pour ses besoins au sens large du terme. Son objectif ne sera jamais d’être une compagnie aérienne avec une activité majeure, mais vis-à-vis des autorités de tutelle, de conserver son statut de com- pagnie aérienne régulière : lorsqu’on investit dans un avion, il faut quand même le faire voler, aminima . La feuille de route, c’est d’être une compagnie aérienne réguliè- re, faisant du transport de passagers, de manière à pouvoir obte- nir un code IATA, de se distribuer dans les GDS et d’utiliser ce code pour l'interline ticketing. Pour établir facilement des contrats de partenariat d'interline ticketing avec les compagnies du monde entier facilement, il faut obtenir l’Operational Safety Audit (IOSA) : c'est une certification délivrée par IATA et renouvelée tous les deux ans.
Beechcraft et il y a un centre de maintenance à Toulouse. Etant basée à Toulouse, APG Airlines a ensuite mené une étude de marché qui a abouti au choix de Lorient pour cette ligne unique.
Class & Relax Lifestyle Magazine : quelle est votre clientèle, sur cette ligne Toulouse-Lorient ?
Sophie Ballandras : On a une clientèle de repeaters, nous ciblons des hommes et des femmes d’affaires, des TPE qui ont à la fois des activités sur Toulouse et Lorient : nous avons des habitués sur cette ligne où nous exploitons, du lundi au vendredi, un vol par jour ; pas toute l’année : ce Beechcraft doit être maintenu toutes les 200 heures. Nous avons l’obligation de cette mainte- nance, au minimum deux fois par an. D’autre part, nous suspen- dons l’activité de mi-juillet à fin août, notre clientèle étant vrai- ment business Class & Relax Lifestyle Magazine : . Votre aéronef a récemment changé de livrée, il a été repeint. Comment s'est fait le choix de ce nouveau look ?
Les auditeurs viennent du monde entier : à chaque fois, ils sont surpris par APG AIrlines, parce qu'ils ont l'habitude d'auditer de grosses compagnies aérienens : nous sommes la plus petite compagnie aérienne régulière du monde à être auditée pour être IOSA. Imaginez que nous avons exactement les mêmes contraintes qu'une compagnie comme Air France, sans exagérer: vis-à-vis de la DGAC, vis-à-vis de IATA, pour IOSA. Et donc nous sommes audités comme eux. On a le même référentiel de cri- tères à respecter. Maintenant, en ce qui concerne le choix de la ligne, on a étudié lesquelles étaient disponibles, et on a surtout tenu compte des contraintes par rapport à la maintenance de cet avion : c’est un
Sophie Balandras : Les équipes d'APG ont travaillé de manière collégiale, dans le monde entier : le projet de changement de look leur a été présenté et un concours a été organisé en interne pour présenter des projets. L’idée a suscité un bel engouement, c'était ludique. C’est le projet d’APG Jordanie qui a été retenu.
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lass & Relax Lifestyle Magazine : Sophie Ballandras, you are the director of APG Airlines, one of the world's smallest airline.
Sophie Ballandras: Exactly, with a single 8-seater aircraft, a twin turboprop BE 350 operating on a single route, Toulouse-Lorient. The creation of this airline was initiated by the APG group for its interline ticketing needs. To operate this business, you need an
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IATA code. And to have an IATA code, you have to be a scheduled airline. APG has therefore expressed the wish to be autonomous on this point and to have its own in-house airline, for its own needs in the broa- dest sense of the term. Its objective will never be to be an airline with a major activity, but vis-à-vis the supervisory authorities, to maintain its status as a scheduled airline: when you invest in an aircraft, you still have to fly it, at the very least. Our roadmap is to be a scheduled airline, carrying passengers, so that we can obtain an IATA code, dis- tribute ourselves in the GDSs and use this code for interline ticketing. In order to easily establish interline ticke- ting partnership contracts with airlines around the world, it is necessary to obtain the Operational Safety Audit (IOSA): this is a certification issued by IATA and renewed every two years . The auditors come from all over the world: every time, they are surprised by APG Airlines, because they are used to auditing big airlines: we are the smallest scheduled airline in the world to be audited for IOSA. Imagine that we have exactly the same constraints as a company like Air France, without exaggerating: vis-à-vis the DGAC, vis-à-vis IATA, for IOSA. So we are audited like them. We have the same set of criteria to meet. Now, as far as the choice of route is concerned, we studied which routes were available, and above all we took into account the constraints relating to the maintenance of this aircraft: it's a Beechcraft and there's a maintenance centre in Toulouse. Being based in Toulouse, APG Airlines then carried out a market study which led to the choice of Lorient for this unique route.
Sophie Balandras: The APG teams worked as a team, all over the world: the project to change the look was presented to them and a competition was organised internally to present projects. There was a lot of enthusiasm for the idea, it was fun. The APG Jordan project was selected.
Class & Relax Lifestyle Magazine: What is your clien- tele on this Toulouse-Lorient route?
Sophie Ballandras: We have a repeat customer base, we target businessmen and businesswomen who have activities both in Toulouse and Lorient: we have regulars on this route where we operate, from Monday to Friday, one flight a day; not all year round: this Beechcraft has to be maintained every 200 hours. We are obliged to carry out this mainte- nance at least twice a year. On the other hand, we suspend operations from mid-July to the end of August, as our clientele is really business. Class & Relax Lifestyle Magazine : Your aircraft recently changed its livery and was repainted. How did you decide on the new look?
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APG WORLD CONNECT- MALTA
A HUMAN
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SANDRINE DE SAINT SAUVEUR
NETWORK
Class & Relax Lifestyle Magazine : Sandrine de Saint-Sauveur, vous êtes Présidente d’APG, une multi- nationale spécialisée dans la repré- sentation commerciale de compa- gnies aériennes… Sandrine de Saint Sauveur : Il faut savoir qu’il existe des centaines de compagnies aériennes. La plupart du temps, un passager en connaî- tra deux, trois, une dizaine tout au plus. Notre métier consiste à faire connaître nos clients, un porte- feuille d’environ deux cents compa-
Interview by Jean-Emmanuel Hay Photographies Jean-Emmanuel Hay - APG - Istock - Emirates - Air France Airbus SAS - Atlantic Airways
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gnies aériennes. Nous les commercialisons, nous les distribuons. Nous nous s'adressons généralement au B2B, au réseau des agences de voyages, des tours opérateurs. Mais nous savons aussi faire de la commercialisation en direct : nous avons ainsi ouvert un comptoir Ethiopian Airlines, Avenue des Champs Elysées, en raison de l’importante clientèle de cette compagnie à Paris et en France. Tout est labellisé Ethiopian Airlines. Nous sommes là pour faire vendre une compagnie aérienne et la faire connaître sur un marché donné. Notre siège est en France : ce n’est pas seulement une question de fierté, je crois que cela fait sens. L’aérien, c’est la France ! APG est probablement l’une des plus petites multinationales françaises ; nos dernières ouvertures de bureaux se sont faites en Albanie, en Mongolie et au Rwanda. Class & Relax Lifestyle Magazine : Vous offrez aux compagnies aériennes des services à la carte, quelle que soit leur importance, en fonction de leurs besoins, à l’échelle mondiale ou localement, c’est cela ?
Sandrine de Saint Sauveur : Tout à fait. Notre business consiste à remplir des avions, sièges et soutes : nous avons intégré le cargo depuis 2017. Plus de la moitié de nos bureaux dans le monde font aujourd’hui du cargo. Nous sommes ouverts à tout type de compagnie aérienne : cela va de celle qui commence son activité et fait appel à nos services pour être vendue dans le monde, à de très grosses compagnies aériennes qui ont besoin de nous sur certains marchés : on travaille par exemple avec Emirates en Argentine, online, Air France en Géorgie, online. Dans ces cas précis, nous intervenons pour combler des vides dans des pays où ils ne font pas d’investissements, étant concen- trés sur leur « home market » ou leurs marchés les plus por- teurs. Cette flexibilité, de plus en plus demandée depuis la pan- démie, nous l’offrons à nos clients. Class & Relax Lifestyle Magazine : En fait, ce que vous proposez aux compagnies aériennes, c’est aussi de sous-traiter une partie de leurs activités… Sandrine de Saint Sauveur : Absolument, les compagnies sou- haitent de plus en plus se libérer de contraintes qui sont hors de leur cœur de métier ou de leur axe de développement. Elles vont sous-traiter et mettre davantage l’accent sur le renforcement de leur marque. Class & Relax Lifestyle Magazine : Depuis la création d’APG, le monde de l’aérien a considérablement évolué, vous êtes amenés à vous remettre en question en permanence… Sandrine de Saint Sauveur : Notre métier demande de s’adapter sans cesse au changement : entre l’époque où l’on “gribouillait” des billets d’avion, dans les années ’80, et ce que l'on fait aujour- d’hui avec notre plateforme de distribution, il n’y a plus rien de commun ! APG, comme toute société, a connu des hauts et des bas. Ce qui nous a permis de rebondir à chaque fois, c'est de ne jamais avoir peur du changement et de comprendre comment l'industrie évolue. Je passe beaucoup de temps en déplacements, écoutant les professionnels, étudiant leurs attentes, analysant les situations, puis me demandant ce que l'on peut faire. Quel est notre savoir-faire par rapport à leur demande ? J’en tire toujours quelque enseignement constructif et nous évoluons. La difficulté, avec la globalisation et ce monde qui change, c'est d'avoir une vision claire des choses. Le centre d'appels que nous avions il y a 15 ou 20 ans a ainsi été converti en un véritable helpdesk, très pointu, avec des per- sonnes qui sont très qualifiées. Quand on a fait IBCS, l'accès au BSP en 1999, c'est parce qu'on a vu qu'à l'époque, l’accès au BSP était très compliqué et comprenait beaucoup de coûts fixes. D’autre part, la distribution, à l’époque, c’était la BSP ou rien, pour ainsi dire. APG a fait un accord avec IATA, qui n’y croyait pas vraiment… et nous avons été jusqu'à 20 % de la BSP participation mondiale ! C'était énorme ! Et puis, il y a eu l'électronique ticketing : la technologie allait changer, nous avons anticipé. Quand sont arrivés des formats pour faciliter la distribution directe, nous nous sommes mis sur la plateforme et APG a été l’un des premiers à faire un pilote avec IATA. Enfin, notre évolution vers le cargo était assez naturelle, parce
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que l’on sait parler aux compagnies aériennes. Il a nous fallut du temps, avoir dans le réseau d’APG les bons interlocuteurs, au bon moment, bref avoir un réseau à maturité, suffisamment fort, pour intégrer ce business. Nous traitons par exemple, pour le cargo, avec des compagnies comme United Airlines, en Jordanie, au Nigeria, ou au Ghana. C'est ce qui fait la force d’APG : donner accès à des marchés par- fois très difficiles à toucher, même pour d’impo- santes compagnies aériennes. Elles ont du mal à y entrer, et nous sommes là.
Class & Relax Lifestyle Magazine : Comment avez- vous fait face à la pandémie ?
Sandrine de Saint Sauveur : Lorsqu’il y a eu le Covid, ma seule véritable crainte fut de perdre nos bureaux de représentation. Nous avions mis plus de 25 ans à construire ce réseau. Tout le monde perdait de l'argent, ce n'était pas le sujet. J’avais déjà sur- monté une crise de grande ampleur. Mais perdre le réseau, cela aurait été… Il n'y a rien de plus difficile que d'avoir un bon réseau. Et au-delà du réseau, il allait falloir le conforter après la pandémie, le rajeu- nir, trouver des successions. Il n’y qu’à voir la diffi- culté que rencontrent les compagnies aériennes à faire fonctionner leurs alliances, qui se font, se défont, pour comprendre. Class & Relax Lifestyle Magazine : La technologie est omniprésente aujourd’hui, mais les relations humaines restent fondamentales, chez APG.
ce absolue ? Je dois savoir dans qui et en quoi j’ai confiance.
L’homme peut être remplacé pour compter, depuis longtemps. Qu'on apprenne encore les maths à l’école, c'est une hérésie totale, pour moi. De même, c’en est une autre dans l'enseignement, et qu'on ne consacre pas davantage de temps à étudier l'histoi- re, la géographie, la philosophie, les cultures, et les relations humaines. On n’explique plus aux jeunes Je pense qu’il faut de l’IT, suivre de près ce qui se fait en technologie, et maintenir l’humain, qui est irremplaçable, au cœur de notre réseau.
Sandrine de Saint Sauveur : Le problème avec la technologie, est le suivant : puis-je avoir une confian-
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combien c'est fondamental. En fait, tout change en permanence, sauf les fondamentaux. Et qu'est-ce qui fait l'humanité ?
pourra jamais être ramené au terme de commodité. J'en sais quelque chose depuis que nous avons propre compagnie aérien- ne, APG Airlines. Nous venons de renouveler le certificat IOSA (IATA Operational Safety Audit) : c'est compliqué. Le transport aérien n’a rien d’une “commodité”. Le jour où un pays se ferme, on s’en rend compte aussi. A une époque, tout le monde allait à Caracas, au Vénézuela, c'était ten- dance. Je crois que même le Concorde allait à Caracas. Lorsque les compagnies aériennes cessent de voler vers un pays, c'est dramatique ! Je ne comprends même pas que les Européens ne veuillent pas voir cela ! D'ailleurs, il y a toujours eu des transhumances, des flots de migration. Les gens migrent et bougent, et heureusement qu'ils peuvent le faire. Avec la pandémie, tous auraient dû mieux se rendre compte de ce que signifie ne pas avoir le droit de bouger. On dirait qu’aujourd’hui les gens sont trop gâtés, qu’ils ne com- prennent plus l'importance de ce qui s'est passé grâce à l’aérien. On prend l’avion, le train ? Qu'est-ce qu'on choisit ? C'est perma- nent et naturel. On considère que c'est un dû, alors qu'en fait, c'est une formidable liberté. Quand on ne peut plus se connecter les uns aux autres, que les frontières se ferment, c’est un vrai drame ! La volonté politique est donc essentielle, dans ce business.
Class & Relax Lifestyle Magazine : Nous vivons une période com- pliquée, sur le plan géopolitique. Comment une multinationale comme APG gère-t-elle son business, lié, qui plus est, au secteur sensible et incontournable qu’est l’aérien, dans un monde instable ? Sandrine de Saint Sauveur : La véritable inconnue, c'est la géo- politique. Elle nous fait jongler, en fonction de ce qui se passe dans le monde. Lorsque l'Iran s'ouvre et que ses compagnies aériennes arrivent en France, nous prenons ce marché énorme, puis du jour au lendemain, tout se ferme, nous sommes obligés d'abandonner, de fermer notre bureau en Iran : on n'a pas le choix. Quand il y a un problème en Argentine, à cause d’une déva- luation, et que nous avons des millions bloqués, on se demande comment faire sortir l’argent du pays. C'est quelque chose de très complexe et de récurrent. Class & Relax Lifestyle Magazine : Vous me tendez la perche pour évoquer la thématique du World Connect by APG de cette année… Le moteur du transport aérien, est-ce le politique ou l’économique ?
Sandrine de Saint Sauveur : Je pense que c'est plus que jamais une combinaison des deux. A l’origine, il y a une question de pou-
voir, qu'on le veuille ou non, parce que cela permet de désencla- ver. C’est d’autant plus évident pour les îliens : on peut évoquer les îles Féroé, avec Atlantic Airways, ou la Corse avec Air Corsica, ou encore Malte avec KM Malta Airlines, ou l’Ile Maurice avec Air Mauritius. Les exemples sont nombreux où la compagnie aérien- ne est la clé du désenclavement d’un pays. On dit alors que l’aérien est devenu une commodité, c’est d’après moi une erreur fondmentale de vocabulaire.
Je me hérisse contre tout dogme. Accepter un dogme, c'est perdre son libre arbitre. On dit ça, donc c'est ainsi ! Non ! Allons chercher la véritable information. Je pense qu’il faut toujours conserver précieusement son libre arbitre. Comment ? En lisant, en s’instruisant, en connaissant l'histoire, la géographie, ce que les gens ont vécu. Récemment, j’étais avec un ami Chypriote : je lui ai fait raconter son histoire, parce que cela m'intéresse. Il va y avoir une meilleure compréhension de l’autre, à l’issue de cette discussion. Lorsqu’on ne se tourne pas vers les autres, on s’oppose. Dans mon métier, il est important d'essayer de comprendre autrui, de désamorcer les frustrations, de dire les choses. Il n'y a rien de pire
D'abord, parce que tout est extrêmement complexe, dans l’aé- rien : faire partir un avion à l'heure en toute sécurité, cela ne
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qu'un e-mail. D'ailleurs, moi, je ne lis aucun e-mail de plus de 10 lignes, tout le monde le sait. S’il doit faire plus de dix lignes, c’est que l’on évoque quelque chose de complexe. Si c'est complexe, j'ai besoin d'entendre et de comprendre, sinon cela pourrait me frustrer et fausser ma perception. La relation directe est essen- tielle, chez nous. C'est la raison pour laquelle nous avons tous plaisir à nous retrouver, et tout particulièrement au World Connect by APG, notre conférence annuelle. Class & Relax Lifestyle Magazine : Vous prenez très souvent l’avion. Avez-vous le sentiment de contribuer au réchauffement climatique, plus que d’autres ?
c'est dévaluer toute la technologie qu'il faut pour faire voler un appareil, c’est se tirer une balle dans le pied. Laissons le client choisir ses moyens de transport en ayant les bonnes informa- tions : il est captif, lors d’un vol, les compagnies devraient en pro- fiter pour lui expliquer les vrais investissements qui sont faits au niveau du SAF et de la décarbonation. Proposons-lui d’aller voir aux Pays-Bas, ce que consomment les énormes serveurs qui hébergent nos e-mails, SMS. Terribles consommateurs d’énergie, pollueurs invisibles… face aux dogmes, toujours, qui se concen- trent sur le visible : les avions, par exemple. Pouvoir se déplacer, c’est formidable. Le jour où l’on arrête de bouger, on devient rapidement obèse. Je passe l’essentiel mon temps à tout faire de ne pas le devenir. lass & Relax Lifestyle Magazine: Sandrine de Saint-Sauveur, you are Chairman of APG, a multinational company specialising in airline sales representation... Sandrine de Saint Sauveur: Yes, you have to realise that there are hundreds of airlines. Most of the time, a passenger will know two, three, ten or so at the most. Our job is to introduce our cus- tomers to a portfolio of around two hundred airlines. We market and distribute them. We generally target the B2B market, the network of travel agencies and tour operators. But we also know how to market directly: for example, we have opened an Ethiopian Airlines counter on Avenue des Champs Elysées, because of the airline's large customer base in Paris and France. Everything is labelled Ethiopian Airlines. We are there to sell an airline and make it known in a given market. Our head office is in France : it’s not just a question of pride, I think it makes sense. Airline industry is France ! APG is probably one of the smallest French multinationals; our latest office openings have been in Albania, Mongolia and Rwanda. Class & Relax Lifestyle Magazine: You offer airlines à la carte services, whatever their size, according to their needs, on a glo- bal or local scale, is that it?
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Sandrine de Saint Sauveur : Il est de la responsabilité des com- pagnies aériennes d’informer leurs passagers, d’expliquer tous les efforts qui ont été faits. Elles ne sont pas capables de parler d’une seule voix face à ce dogme de la pollution aérienne. Expliquons toute la décarbonation, les performances extraordinaires des nouveaux appareils ! Parlons de l’avenir de l’aérien, de plus en plus propre ! Au risque de me répéter, cela n’a rien d’une commodité que de prendre l’avion ; de même que faire payer un vol Madrid-Paris 49 €,
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Sandrine de Saint Sauveur: Absolutely. Our busi- ness consists of filling aircraft, seats and holds: we have included cargo since 2017. More than half of our offices worldwide are now involved in cargo. We are open to all types of airlines: from those just star- ting up and calling on our services to be sold around the world, to very large airlines that need us in cer- tain markets: for example, we work with Emirates in Argentina, online, and Air France in Georgia, online. In these specific cases, we step in to fill gaps in coun- tries where they are not investing, being concentra- ted on their home markets or their most buoyant markets. We offer our customers this flexibility, which has been increasingly in demand since the pandemic. Class & Relax Lifestyle Magazine: In fact, what you're offering airlines is to outsource some of their activities... Sandrine de Saint Sauveur: Absolutely, airlines are increasingly looking to free themselves from constraints that are outside their core business or their development focus. They are going to outsour- ce and focus more on strengthening their brand. Class & Relax Lifestyle Magazine : Since APG was founded, the world of air travel has changed consi- derably, and you are constantly being called into question... Sandrine de Saint Sauveur: Our business requires us to constantly adapt to change: there's nothing like the days when we were ‘scribbling’ airline tic- kets in the 80s and what we do today with our dis-
tribution platform! APG, like any company, has had its ups and downs. What has enabled us to bounce back each time is to never be afraid of change and to understand how the industry evolves. I spend a lot of time on the move, listening to professionals, stu- dying their expectations, analysing situations and then asking myself what we can do. What do we
know about what they want? I always learn some- thing constructive from this and we evolve. The diffi- culty, with globalisation and this changing world, is to have a clear vision of things. The call centre we had 15 or 20 years ago has now been converted into a real helpdesk, with highly spe- cialised, highly qualified staff. When we created IBCS, access to the BSP in 1999, it was because we realised that at the time, access to the BSP was very complicated and involved a lot of fixed costs. What's more, at the time, distribution was BSP or nothing, so to speak. APG came to an agreement with IATA,
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