Born to Be a Bird N°2

de ce qu'on appelle les ventes globales corporate d’Air France puis d’Air France KLM : cela consistait à négocier avec les entre- prises importantes les contrats de tarifs spéciaux pour leurs voyages professionnels. Puis je suis parti aux États-Unis faire l'intégration avec Delta Air Lines, pour la joint venture Air France-KLM-Delta. Il avait été déci- dé que chaque compagnie prendrait en charge un continent. Air France-KLM s'occuperait des ventes pour Delta, en Europe, et Delta de celles d’Air France, aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Pour cela, il fallait intégrer toutes les équipes de ventes d'Air France-KLM chez Delta, et s'assurer que chez Delta, les besoins d'Air France-KLM seraient bien pris en compte. J'ai passé

Class & Relax Lifestyle Magazine : Vous avez en charge le réseau des bureaux d’APG, cela fait combien de membres ?

Antoine Huet : Nous avons 125 membres pour près de 160 pays, certains d’entre-eux couvrant plusieurs régions. Je suis en rela- tion avec des personnes de toutes les nationalités : c'est un réseau d'indépendants, donc on ne les fait pas marcher à la baguette. Ce n'est pas une filiale, il n'y a pas de rappel à l'ordre. Je dois vraiment m'assurer que tout le monde joue le jeu. Il y a forcément des tensions par-ci, par-là : entre membres, entre cer- tains membres et le siège. Je pilote tout cela avec un board com- posé de Sandrine de Saint Sauveur, Jean-Louis Baroux, Richard Burgess, et deux représentants de chaque région, élus à tour de

deux ans à Atlanta et deux ans à New York pour mettre en place cette intégration et m’assurer que cela fonctionnait bien : j'étais à la fois rattaché à Delta et à Air France-KLM : une belle expérien- ce. Je me suis bien entendu avec les équipes de Delta, la diploma- tie tenait un rôle important car chacun considérait l’autre comme un OVNI. Ensuite je suis revenu en France et je me suis occupé pendant un an encore des alliances pour Air France-KLM, avant de quitter la compagnie pour rejoindre Corsair, en tant que directeur général adjoint commercial. J’avais quitté un énorme paquebot pour rejoindre un voilier, une petite compagnie aérien- ne, mais pour davantage de sensations, avec un réseau sur l'Afrique, l'Océan Indien, les Caraïbes et l'Amérique du Nord. Très belle expérience, pendant quatre ans : j'ai quitté Corsair lorsque la compagnie a été vendue par TUI à un fonds allemand, avec lequel je ne m’entendais pas. C’est chez Corsair que j'ai découvert APG, qui nous représentait au Mali, au Canada et aux USA. Tout de suite, le courant est bien passé avec Jean-Louis Baroux et Sandrine de Saint Sauveur. Lorsque j'ai quitté Corsair, ils m'ont conseillé de créer ma société. Deux ans plus tard, Jean-Louis m’a appelé, un matin, en me demandant si j’étais libre à déjeuner : il m’a annoncé que le secrétaire général d'APG Network s'en allait, un ancien d'Air France lui aussi. Etais-je intéressé pour reprendre le poste ? Oui. Ainsi commença pour moi l’aventure APG, après cette petite introduction, pour préciser que l’équipe d’APG a une connaissan- ce fondamentale de l'aérien.

rôle, chaque année, et qui nous aident à gouverner avec un code de conduite, un code éthique, des règles internes. Si quelqu'un dérive un peu, on lui envoie une lettre de rappel. Et si ça ne fonc- tionne pas, on peut l'exclure : il ne peut plus faire de business avec APG, c'est terminé. Mais le réseau fonctionne très bien, il est stable, les vrais problèmes sont rares. Nous faisons parallèlement une Business Performance Review, avec deux auditrices, Isabelle et Olivia : elles partent dans les pays et font une grille d'analyse pour vérifier que les basiques sont bien respectés. Si la société a une mauvaise note, ce qui a pu arriver après le Covid, période de relâchement, j’envoie une lettre d'alerte, puis nous faisons un suivi. Tous les deux mois, on appelle, on voit comment les choses évoluent, quel est le plan d'action. Parce que nous répondons, fondamentalement, à des appels d'offre de compagnies aériennes. Lorsqu’une compagnie s’adresse à APG pour être représentée dans 5, 10, ou 15 pays, nous devons pouvoir lui certifier qu'elle aura le même niveau de service dans ces 5, 10, ou 15 pays. C’est pour cela que nous sommes vigilants : une mauvaise repré- sentation et l’on risque de tout perdre. C’est aussi pour cela qu’il y a une vraie solidarité entre les membres d’APG. Cela signifie concrètement que nous devons nous assurer que nos membres vont déliver exactement le même service en différents endroits de la planète.

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