Born to Be a Bird N°2

gnie aérienne ou une entreprise ne peut recevoir d'aide d'État plus d'une fois tous les dix ans. Air Malta ayant reçu une aide en 2016, la Commission européenne a estimé qu'Air Malta ne pourrait bénéficier d'une nouvelle injection de capitaux par le gouvernement qu'après 2026. Nous n'avons pas trouvé de solu- tion pour capitaliser la compagnie dans le cadre de la régle- mentation européenne sur les aides d'État. C'est à ce moment- là que la Commission européenne nous a suggérée de songer à la création d'une autre compagnie aérienne et de faire ce qu'ITA avait fait avec Alitalia. Nous avons étudié ce modèle et nous avons immédiatement commencé à travailler sur ce plan B, qui consistait à créer une nouvelle compagnie aérienne. Et cela a fonctionné. Nous avons présenté un plan d'affaires très détaillé sur cinq ans. Nous avons présenté un dos- sier solide sur la discontinuité économique, afin que la nouvelle compagnie aérienne soit une entreprise totalement distincte et séparée de la précédente, et le 4 août 2023, la Commission européenne a donné son feu vert à Malte pour la création d'une nouvelle compagnie aérienne nationale. Voilà pour l'histoire. Tout s'est passé très vite. Class & Relax Lifestyle Magazine : Le World Connect, qui accueille ses congressistes à Malte cette année, s’articule autour de cette réflexion : le transport aérien est-il dicté par le politique ou par l'économique ? Quelle est votre opinion ?

DAVID CURMI

David Curmi : Ce n'est pas une question facile. Mon opinion personnelle est que les opé- rations doivent être guidées par l'économie

et le commerce. Je veux dire que c'est un secteur très difficile, comme

nous le savons tous. C'est aussi une activité très complexe, mais les marges sont très minces. Et à moins que les compa- gnies aériennes ne soient gérées comme des entreprises commerciales, il serait très, très difficile pour une compagnie aérienne de survivre en cas d'intru- sion politique importante. Je ne suggère pas du tout qu'une compagnie aérienne natio- nale travaille de manière totalement indépendante et en dehors du politique, en particulier dans le cas des transpor- teurs nationaux. Je ne pense pas que cela puisse fonctionner dans un pays comme Malte, où il y a un véritable enjeu politique pour le pays à s'engager dans cette compagnie aérienne. Dans le cas de KM Malta Airlines, nous avons également dû,

Class & Relax Lifestyle Magazine : David Curmi, vous êtes le président exécutif de KM Malta Airlines. Il y a deux ans, lors du World Connect by APG, Air Malta était dans la tourmente financière, et vous pensiez avoir trouvé une solution pour la recapitaliser, mais en fin de compte cela n'a pas fonctionné. Je vous ai interviewé en tant que PDG d'Air Malta, une compagnie aérienne qui n'existe plus. Que s'est-il passé ? Air Malta, compagnie aérienne détenue à 100 % par l'Etat, est-elle un Phoenix revenu sous le nom de KM Malta Airlines ? David Curmi : Le problème d'Air Malta était qu'elle nécessitait une importante injection de capital, mais nous n'avons pas trouvé de solution pour que l'actionnaire puisse le faire conformément à la réglementation européenne sur les aides d'État : une compa-

~B O R N T O B E A B I R D - 2024 ~

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