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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 9 & VENDREDI 10 AVRIL 2026

Croissance Regards croisés sur les prévisions macroéconomiques

A l’heure des incertitudes géopolitiques et des recompositions économiques, les projections de croissance du Maroc oscillent entre confiance et vigilance. Le HCP, Bank Al-Maghrib et le FMI esquissent des trajectoires proches, mais nuancées par des lectures distinctes des risques et des moteurs de l’économie.

Comparatif des prévisions d’évolution de différents indicateurs

FMI

BAM

HCP

PLF 26

campagne agricole 2025/2026 plus favorable, et prennent en considération les effets du conflit au Moyen-Orient, notamment la hausse des cours des produits énergé- tiques, il n’en demeure pas moins que les scénarios éta- blis peuvent diverger. Selon Adil Cherkaoui, maître de conférences habilité en sciences de gestion à l'univer- sité Hassan II de Casablanca, «les divergences entre les pré- Indicateur Croissance éco. (var. annuelle en %) Inflation IDE (% du PIB)

2026 4,4 1,6 1,2

2027 4,5 1,6 1,4

2026 5,6 0,8 3,5

2027 3,5 1,4 3,5

2026 5 1,3 -

2027 - - -

2026 4,5

2027 4,1

- -

- -

visions du FMI et celles de Bank Al-Maghrib (BAM) reflètent avant tout des différences méthodologiques et des hypo- thèses sous-jacentes» . Par ailleurs, poursuit-il, ces insti- tutions «n’utilisent pas exac- tement les mêmes scénarios pour le commerce mondial, la demande intérieure ou les prix des matières premières. Par exemple, si le FMI anticipe un ralentissement plus marqué de la demande extérieure ou un

contexte plus incertain sur les marchés internationaux, cela peut se traduire par une prévi- sion de croissance inférieure à celle de nos institutions natio- nales. Bank Al-Maghrib, par son statut de Banque cen- trale, a également accès à des données plus récentes et locales sur l’investissement et la consommation, ce qui peut expliquer une projection plus optimiste» . ◆

S

Par J. M.

elon les prévisions de la Loi de Finances pour l’exercice en cours, la croissance du produit intérieur brut serait attendue à 4,6%. En janvier dernier, dans son budget éco- nomique prévisionnel, le haut- commissariat au Plan (HCP) l’a estimée pour sa part à 5%. S’il est vrai que ces scéna- rios ont été formulés avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, des prévisions plus récentes ont été énon- cées par Bank Al-Maghrib et le FMI. La Banque centrale table sur une croissance de 5,6% en 2026, tandis que le FMI, plus prudent, prévoit la hausse de 4,4%. Pour ces deux dernières, dont les prévi- sions ont été publiées au mois de mars, il y a un écart de 1,2 point de pourcentage. S’il est vrai que les institutions s’accordent sur les avancées structurelles du Royaume, la

Diversité des lectures Inflation – IDE

D’autres indicateurs macroécono- miques mettent en lumière des lec- tures différentes selon les institu- tions, notamment en matière d’in- flation et d’échanges extérieurs. Sur le premier volet, le FMI anticipe une inflation de 1,6% en 2026 et en 2027, alors que le HCP l’avait évaluée à 1,8% pour l’année en cours. De son côté, Bank Al-Maghrib adopte une approche plus modérée, avec une inflation moyenne de 0,8% en 2026, avant une remontée à 1,4% en 2027. Les écarts se prolongent également au niveau des flux d’investisse- ments directs étrangers (IDE). Pour 2026 et 2027, Bank Al-Maghrib table sur un niveau stable, autour de 3,5% du PIB. Le FMI, en revanche, avance des projections nettement plus prudentes, situant ces flux à 1,2% puis 1,4% du PIB sur la période. Adil Cherkaoui estime que «les écarts sur l’infla- tion peuvent découler de la manière dont chaque

institution prend en compte les pressions sur les prix alimentaires et énergétiques, ou l’effet des poli- tiques monétaires. Le FMI semble anticiper une inflation légèrement plus élevée, ce qui pourrait refléter une vision plus prudente face à des incertitudes externes comme la fluctuation des prix de l’énergie». Concernant les investissements étrangers, il souligne que «les divergences peuvent être liées à l’exposition aux chocs régionaux. Par exemple, la crise au Moyen- Orient, notamment en Arabie Saoudite, peut affecter la capacité et la volonté des investisseurs de maintenir ou d’accroître leurs flux vers le Maroc. Bank Al-Maghrib pourrait, pour sa part, supposer

En 2026 et 2027, les projections de flux d’IDE de Bank Al-Maghrib tablent sur un niveau constant, équivalent à 3,5% du PIB.

une résilience ou un redéploiement des investisse- ments dans le contexte local, tandis que le FMI adopte une hypothèse plus prudente face à l’instabilité géo- politique».

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