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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 9 & VENDREDI 10 AVRIL 2026

Guerre au Moyen-Orient

Désordre économique national

l’inflation demeure modérée et le déficit budgétaire contenu. Avec cette amélioration progressive des équilibres macroéconomiques, le Maroc semblait enfin sortir d’une période compliquée marquée par 6 années de sécheresse. Mais avec la guerre au Moyen-Orient, il est de nou- veau contrarié par la résurgence d’un choc externe d’une intensité difficile- ment prévisible. La flambée des prix énergétiques risque de rompre en effet une dynamique économique qui repo- sait précisément sur la stabilisation des coûts. Le Maroc pensait avoir enfin retrouvé un peu de répit, avec des pluies abondantes, des barrages qui se remplissent, une campagne agricole prometteuse, des perspectives de croissance solides et une inflation maîtrisée. Et puis, patatra !, la guerre au Moyen-Orient est venue enrailler cette trajectoire. Par D. William A

diate à toute variation des cours des hydrocarbures. La hausse de 75% des prix mondiaux du gasoil en mars, l’aug- mentation de 38% du gaz butane et la progression des coûts de production électrique constituent donc autant de signaux d’un renchérissement géné- ralisé de l’énergie, dont les effets se diffusent à l’ensemble du tissu écono- mique. Cette diffusion s’opère à travers plu- sieurs canaux. Le premier est celui des coûts de production. L’industrie, le transport, l’agriculture et même les services voient leurs charges augmen- ter, ce qui pèse sur leurs marges et, à terme, sur leurs capacités d’investisse- ment. Le second canal est celui des prix à la consommation. Les carburants et les produits alimentaires, fortement dépendants des coûts logistiques et énergétiques, enregistrent des hausses qui affectent directement le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce contexte, l’inflation importée,

vant le 28 février, l’économie natio- nale était dans une dynamique plutôt favorable, portée par un retour des précipitations et une amélioration tan- gible des ressources hydriques, avec des réserves atteignant, au 6 avril, 12,8 milliards de m³ pour un taux de remplissage des barrages de 74,1%. Cette embellie hydrique se traduit par des perspectives agricoles encoura- geantes, avec une récolte céréalière estimée à 82 millions de quintaux et un rebond attendu de la valeur ajoutée agricole de 14,4% en 2026. Dans le sillage de cette dynamique, la crois- sance économique devait s’accélérer pour atteindre 5% - 5,5%, soutenue par la vigueur de la demande intérieure et les secteurs non agricoles, tandis que

Le Royaume, qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques sur les marchés internationaux, se retrouve, de fait, exposé de manière quasi immé-

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