ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 9 & VENDREDI 10 AVRIL 2026
Perspectives économiques Le FMI valide la trajectoire, mais alerte sur les fragilités structurelles
cière. La mobilisation d’une ligne de 4,5 milliards de dollars en 2025 en est une illustration concrète, confirmant la capa- cité du Royaume à accéder à des financements interna- tionaux dans des conditions favorables. A À la lecture des dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), une évidence s’impose : l’économie marocaine confirme sa solidité dans un environnement international marqué par les incertitudes, les recompositions géopolitiques et les tensions énergétiques. Par M. B. Une convergence progressive entre les recommandations
vec une croissance attendue autour de 4,4% en 2026, le Royaume s’inscrit dans une dynamique favorable, tout en restant légèrement en retrait par rapport aux projections plus optimistes formulées par Bank Al-Maghrib et le haut- commissariat au Plan (HCP). Ce décalage n’est pas ano- din. Il traduit une lecture plus prudente du FMI, fidèle à son approche, qui consiste à inté- grer dans ses projections l’en- semble des risques exogènes susceptibles d’affecter la tra- jectoire économique. Cette croissance repose néan- moins sur des moteurs dont la nature interroge sur leur carac- tère durable. L’agriculture, appelée à rebondir grâce à une amélioration de la plu- viométrie, rappelle la dépen- dance structurelle de l’éco- nomie marocaine aux aléas climatiques. Le tourisme, qui enregistre des performances historiques, bénéficie à la fois d’un repositionnement stratégique du Maroc sur la
carte mondiale et d’un effet de rattrapage post-pandé- mique. Quant au secteur du BTP, il est aujourd’hui dopé par une vague d’investisse- ments publics sans précédent, notamment dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde 2030, projet struc- turant qui mobilise des res- sources considérables. Autant de leviers puissants, mais dont la dimension conjoncturelle impose une lecture nuancée de la qualité de la croissance. Dans le même temps, le FMI confirme la solidité des fonda- mentaux macroéconomiques du Maroc. L’inflation, atten- due autour de 2%, témoigne d’une capacité à contenir les tensions inflationnistes dans un contexte pourtant marqué par la volatilité des prix de l’énergie. Cette stabilité est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un envi- ronnement régional et interna- tional où les pressions infla- tionnistes demeurent élevées. Plus encore, le maintien de l’éligibilité du Maroc à la Ligne de crédit modulable consti- tue un signal fort. Ce méca- nisme, réservé aux économies présentant des fondamentaux solides, agit comme un véri- table label de crédibilité finan-
des écoles pionnières s’ins- crit dans cette dynamique. Ce modèle, qui repose sur une refonte des méthodes péda- gogiques, une meilleure for- mation des enseignants et un accompagnement renforcé des élèves, ambitionne de transformer en profondeur le système éducatif marocain. Sa généralisation progressive à l’échelle nationale pourrait constituer un levier détermi- nant pour améliorer la qua- lité du capital humain et, par conséquent, la compétitivité globale de l’économie. Dans le même esprit, le FMI appelle à une plus grande dynamisation du secteur privé, considéré comme le moteur principal de la création d’em- plois et de richesse. Là encore, les orientations du gouverne- ment marocain vont dans ce sens. La nouvelle Charte de l’investissement, qui vise à encourager les initiatives pri- vées à travers des incitations fiscales et des mécanismes de soutien ciblés, traduit cette
du FMI et l’action publique Au-delà des constats macro- économiques, l’intérêt majeur du rapport du FMI réside dans les orientations stratégiques qu’il préconise. Et c’est préci- sément à ce niveau que l’ana- lyse devient particulièrement intéressante. Car loin d’être en décalage avec les politiques publiques nationales, ces recommandations semblent, dans plusieurs domaines, converger avec les réformes engagées par le Maroc. Le FMI insiste, en premier lieu, sur la nécessité d’inves- tir massivement dans le capi- tal humain, considéré comme la pierre angulaire de toute transformation économique durable. Cette orientation trouve un écho direct dans les réformes du système éduca- tif engagées par le Royaume. Le lancement du programme
Derrière des indicateurs au vert, le diagnos- tic du FMI sur l’économie marocaine révèle une réalité plus nuancée : celle d’un modèle solide, mais encore en transition.
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